Pôle PASS, parfum de fusion ou pas ?

 |   |  721  mots
Alors que le projet de fusion avec le pôle de compétitivité Cosmetic Valley semble au point mort et alors que Christian Estrosi est monté au créneau sur le sujet, faut-il s'inquiéter pour l'avenir du pôle PASS ?

C'était un secret de Polichinelle, le rapprochement entre le pôle Parfums, Arômes, Senteurs, Saveurs (PASS) basé à Grasse (06) et le pôle Cosmetic Valley implanté à Chartres (28) devait être finalisé d'ici la fin de l'année. Sauf que ce mardi, c'est l'ancien ministre de l'Aménagement du territoire et candidat au scrutin régional en Paca, Christian Estrosi, qui s'inquiète, via un communiqué de l'échec des négociations entre les deux pôles et enjoint Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, à tenir parole, c'est-à-dire à maintenir le pôle PASS en terre grassoise.


Résultats probants

Du côté du pôle PASS, on est plutôt serein face à la situation. "Tout est là pour perdurer" rassure Philippe Claud, le délégué général. Et si l'on considère le bilan dressé lors de l'assemblée générale de juillet dernier, avec 18 nouveaux adhérents portant leur nombre total à 155 et un autofinancement ayant augmenté de 150 %, PASS ne déméritait pas. Il faut reconnaître que les entreprises adhérentes font preuve de dynamisme, avec des taux de croissance compris entre 3 et 8 % et une capacité à exporter à 70 %. Et puis les projets ne manquent pas du lancement opérationnel de la plateforme d'exo-extraction de Valréas cette fin d'année, à l'action spéciale pesticides qui réunit des acteurs essentiels du secteur comme L'Occitane, Diffusions Aromatiques, Astier Desmarets, Ouimdis, Techniflor, Sotraflor, Albert Vieille, Jean Niel, Mane ou Robertet.

Mesurer la valeur

Certes, l'ombre au tableau tient dans la faiblesse des projets FUI. Un état de fait que Philippe Claud ne nie pas mais qu'il convient, dit-il, de relativiser car de nombreux pôles sont dans la même position, précisant qu'il est tout aussi important de considérer "les synergies qui sont développées sur le territoire". Les raisons de l'achoppement des négociations avec Cosmetic Valley ? Des difficultés à articuler les spécificités de politiques régionales avec la politique nationale des pôles de compétitivité accentuées par "la question de calendrier", les choses devant être bouclées pour le 1er janvier prochain. Las, ce délai ne pourra être tenu, mais "nous restons ouverts à la discussion" explique Philippe Claud, car "l'objectif de ce rapprochement c'est de développer l'innovation". Si un temps, il a été question d'un rapprochement avec Terralia, le pôle de compétitivité des filières fruits et légumes, céréales basé dans le Vaucluse la question de la durée de réalisation était tout aussi rédhibitoire. La fusion avec Cosmetic Valley relève d'une logique de filière avec des spécificités fortes, car "nous n'avons pas le même écosystème ni les mêmes leviers. Il faut la mettre en musique tranquillement et sereinement". Du côté de Christian Estrosi on promet qu'en cas de non-réponse sous dix jours, une question sera posée au gouvernement.

Vision de filière

Le son de cloche du côté de Cosmetic Valley et de son président, Marc-Antoine Jamet est différent. Celui-ci évoque des propositions faites au pôle PASS et à son président Han-Paul Bodiffé, "constructives", comprenant un maintien de la technostructure, une autonomie assurée, la première vice-présidence pour Han-Paul Bodifée, le maintien de l'équipe en place, avec ses prérogatives et ses salaires... Des propositions élaborées, qui plus est, par un cabinet indépendant. "Nous avons multiplié les concessions" s'agace Marc-Antoine Jamet qui refuse l'explication "d'échec des négociations. Si tel avait été le cas je serais au courant or j'ai appris cela en lisant le courrier de Christian Estrosi". Et de poursuivre, "nous devons avoir une vision de filière et pas une vision de clocher. Les adhérents attendent une puissance industrielle et une représentation à l'étranger". La filière cosmétique française c'est 25 Mds€ de chiffre d'affaires et le deuxième contributeur à l'excédent commercial français, soit 160 Airbus et 480 TGV. Négociations rompues alors ou pas ? Marc-Antoine Jamet se dit toujours ouvert à la discussion, Pilippe Claud aussi. Mais le premier, qui ne décolère pas, dit craindre aussi qu'à force de tergiversations, le pôle PASS soit vidé de sa substance, c'est-à-dire de ses adhérents...

Laurence BOTTERO
Crédit photo : Pôle PASS/ERINI

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :