Quel avenir pour l'entreprenariat en France ?

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C?était le thème de la première conférence plénière* qui a inauguré les Entreprenariales, le salon organisé par l'Upe 06. Parmi les intervenants, l'ancien secrétaire d'État Hervé Novelli, le vice-président du Medef Thibault Lanxade et le fondateur de l'Opinion Nicolas Beytout. Des visions plutôt complémentaires.

C'était le thème de la première conférence plénière* qui a inauguré les Entreprenariales, le salon organisé par l'Upe 06. Parmi les intervenants, l'ancien secrétaire d'État Hervé Novelli, le vice-président du Medef Thibault Lanxade et le fondateur de l'Opinion Nicolas Beytout. Des visions plutôt complémentaires.

Le thème générique - "Réinventer l'entreprise" - de la 12e édition des Entreprenariales, le salon des services aux dirigeants des entreprises organisé le 5 décembre par l'UPE 06 au Palais Acropolis, donnait déjà le ton. La première conférence plénière a réinterrogé l'entrepreneuriat s'appuyant en guise d'introduction sur une étude menée par l'Iscae de Nice auprès d'un panel de 150 étudiants niçois qui s'avère fort révélatrice : 68,7 % d'entre eux définissent l'entreprenariat par le fait de créer une entreprise alors qu'ils citent comme le principal critère qualitatif de la vie professionnelle... la sécurité de l'emploi. Curieux antagonisme. Néanmoins, 48,7 % affirment avoir l'intention de créer leur entreprise mais pas avant les cinq premières années suivant la fin de leurs études. Enfin, 78,7 % des interrogés estiment que l'information sur l'entreprenariat manque en France.

Management désormais horizontal
Au cours du débat animé par le vice-président de l'Upe 06 Bruno Valentin, Hervé Novelli, l'ancien secrétaire d'État chargé du commerce, de l'artisanat et des PME dans le gouvernement Fillon de 2008 à 2010, s'est employé pour sa part à défendre le statut d'auto-entrepreneur, dont il est le promoteur, arguant qu'il n'était que le point d'orgue d'un nouveau management plus horizontal que vertical qui régira l'entreprise du futur. "Dans l'avenir les entreprises seront davantage des assemblages d'entreprises individuelles que des entreprises hiérarchisées telles que nous les connaissons aujourd'hui."


Question d'image et de prise de risques
L'image de l'entrepreneur est-elle négativement perçue par l'opinion publique ? "Le patron de PME bénéficie d'une image correcte, le grand patron, non", nuance Nicolas Beytout. Et l'ancien directeur des rédactions des Échos et du Figaro, fondateur il y a six mois du quotidien L'Opinion, de plaider pour la différenciation. "L'Opinion affiche son orientation pro-libérale. On me l'avait déconseillé. Mais pourquoi faire ce que les autres font déjà ?". Pour Thibault Lanxade, vice-président du Medef et en charge du pôle "Entreprenariat et croissance" au sein de l'organisation nationale, la reconnaissance des risques qu'est prêt à prendre le chef d'entreprise fait défaut : "il accepte de perdre de l'argent (il ne se paye pas toujours les premiers temps), de perdre la santé (l'entrepreneur est stressé ) et sa réputation (s'il échoue).... Tout cela est-il valorisé dans la société ? On n'aborde jamais l'entreprenariat sous cet angle. Le risque n'est pas mis à la bonne échelle, c'est exactement ce qu'a démontré le phénomène des Pigeons l'an dernier. C'est beaucoup moins risqué d'investir dans une oeuvre d'art que dans une entreprise". Et Thibault Lanxade de souligner le rôle des médias qui montrent l'entrepreneur sous un regard "un peu clivant : en forme, en baisse, en hausse, en panne. Regardez les quelques entrepreneurs emblématiques, ils ont aussi parfois planté deux ou trois sociétés avant de connaître le succès. Le rebond n'est pas culturel en France. Où sont les grands capitaines d'industrie dans les manuels de sciences économiques et sociales ? On y aborde l'économie de marché essentiellement sous l'angle de ses dysfonctionnements : le chômage, la pénibilité au travail, les rapports sociaux... Parlons le plus tôt possible de l'entreprise de façon positive".

L.BOTTERO

* dont Méridien Mag était partenaire

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