Qui pour la SNCM ?

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Daniel Berrebi, Christian Garin, Patrick Rocca ou Attica ? Qui des quatre offres jugées "crédibles" par les administrateurs judiciaires peut l'emporter le 18 mars prochain à la barre du Tribunal de commerce ?

C'est l'une des étapes les plus - si ce n'est la plus - importantes pour la compagnie maritime. D'ici un mois, le sort de la SNCM se jouera à la barre du Tribunal de commerce de Marseille. À aujourd'hui, sept offres ont été annoncées dont quatre sont jugées suffisamment sérieuses par les administrateurs judiciaires, Mes Frédéric Abitbol et Emmanuel Douhaire.

Des candidats attendus

Parmi ses offres "crédibles", se trouvent celles de Daniel Berrebi. Propriétaire de Baja Ferries, compagnie installée au Mexique, cet armateur, fils et petit-fils d'armateur comme il le rappelait lui-même sur France Info en novembre dernier, ne cache pas depuis le printemps dernier son intention vis-à-vis de la compagnie maritime et insiste sur sa bonne connaissance du marché du ferry en Méditerranée. Il promet de conserver 800 emplois sur les 1 500 CDI que compte la SNCM actuellement. Le plan de l'armateur basé à Miami est de redynamiser l'activité en pariant plus fortement sur le Maghreb et en abandonnant la desserte de la Corse depuis Nice et Toulon, non rentables. Financièrement, Daniel Berrebi promet 100 M€ investis en 3 ans.

Pas plus surprenante parce qu'elle aussi était attendue, et toute aussi crédible, la proposition faite par Christian Garin envisage de conserver 900 salariés. En tant qu'ancien président du port autonome de Marseille (de 2004 à 2008) et ancien président d'Armateurs de France, ce proche de l'ex-patron de la SNCM, Marc Dufour, pense à diviser la compagnie en deux entités, l'une consacrée au Maghreb, l'autre à la Corse. Côté financement, il dispose d'un pool d'investisseurs norvégiens et dit vouloir renouveler la flotte.

Intentions

Parmi les autres offres à considérer, figurent celles de Patrick Rocca, président du groupe qui porte son nom. Ce Corse a fait une proposition en son nom propre, l'entrepreneur basé à Ajaccio envisageant de conserver 700 emplois et de mettre également un terme à la desserte de la Corse via Nice et Toulon.
Discret, le groupe Attica, d'origine grecque, a lui fait part de son intérêt via une lettre d'intention. Intérêt qui se traduit par la volonté de conserver quelques 800 emplois.

Sauver la saison

Crainte autant qu'attendue, la décision du Tribunal de commerce de Marseille devrait intervenir le 18 mars prochain. Crainte car la perte d'emplois qui découlera de l'offre choisie va être une pilule difficile à digérer. Attendue car il en va de la "bonne" tenue de la saison touristique. Prise entre passion et raison, la SNCM est plus que jamais en train de négocier un virage éminemment stratégique.

Laurence BOTTERO
Crédit photo : SNCM

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