Roger Reuter, redresseur (de tort) régional

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Roger Reuter a été nommé par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, en tant que délégué pour la région Paca. Il sera chargé de suivre les entreprises de moins de 400 salariés en vue de prévenir les difficultés. Inutile de préciser que la région ne manque pas de dossiers en attention de solutions.

C'était une promesse de la présidence de François Hollande : un nouveau ministère en charge du Redressement productif dont on retiendra au titre de ses premières actions : la création de délégués régionaux, un par région, placés sous l'autorité des préfets. "Il est nécessaire de renforcer la réactivité de l'État, en le dotant d'une force de réflexion stratégique et opérationnelle, implantée dans les territoires, et capable d'intervenir le plus en amont possible en identifiant les entreprises en difficulté pour les accompagner dans la construction de projets industriels viables", indiquait le premier communiqué du ministère.

Roger Reuter, comme ses 21 collègues, aura officiellement une double mission, d'une part, animer une cellule régionale de prévention qui se réunira au moins deux fois par mois (et éventuellement de déclencher une alerte précoce) et qui rassemblera les représentants de l'État, des collectivités et les principaux acteurs locaux. Et par ailleurs, d'accompagner les entreprises qui rencontrent des difficultés.

Dans leurs prérogatives, il est indiqué qu'ils auront la possibilité d'avoir recours à des dispositifs d'aides publiques ou à des étalements fiscaux. Ils sont en outre en mesure de participer aux négociations avec les banques, les actionnaires, les créanciers, les fournisseurs, les clients...

Quant à leur éventuel effet doublon avec le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), installé par le précédent gouvernement, la question est balayée en indiquant qu'ils "travailleront en étroite collaboration".

Roger Reuter participera aussi aujourd'hui et demain à la Grande conférence sociale, orchestrée par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif et Michel Sapin, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

En guise de C.V, le nouveau délégué indique qu'au cours de ses deux derniers postes en tant que sous-préfet de Lens (Nord-Pas-de-Calais) et sous-préfet d'Istres (Bouches-du-Rhône), il a eu à "gérer la fermeture de Metal europ (850 salariés) où une opération de revitalisation a été menée et crée plus de 1000 emplois". Il a également conduit les dossiers de Sansonite et Energyplast à Henin-Beaumont (Pas-de-Calais) et le dossier de désindustrialisation à Istres. Inutile de préciser que la région ne manque pas de dossiers en attente de résolution de problèmes (Fralib, Netcacao ...).

Selon la Banque de France, fin avril 2012, le nombre de défaillances cumulées sur un an s'établissait à 59 854 en France. Elle se sont renforcées dans le transport (+ 5%) et dans l'hôtellerie-restauration, mais à un rythme légèrement en retrait par rapport à celui du mois précédent (+ 3,1%). À l'inverse, la baisse se confirme dans le soutien aux entreprises (- 3,6%), les activités immobilières (- 2,9%) et la construction (- 2,7%).

En région, selon Altares pour le premier trimestre 2012, les tribunaux ont prononcé 16 200 procédures de sauvegarde, de redressement ou liquidation judiciaire. Soit 65 200 emplois concernés et une hausse de près de 6% par rapport à l'exercice précédent. 14 700 étaient des micro-entreprises, 1 150 des sociétés de plus de 10 salariés et 123 de plus de 50 personnes.

A.D


Photo : Roger Reuter (à gauche), quand il était sous-préfet d'Istres, aux côtés de Hugues Parant, le préfet de région.

©villes d'Istres


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