SNCM : 515 suppressions de postes d ? ici à 2019 mais un renouvellement de la flotte

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Le Conseil de surveillance de la SNCM, qui s?est tenu la semaine dernière, était plus que stratégique pour la compagnie maritime marseillaise, opérateur historique de la desserte entre la Corse et le continent. Les deux principaux actionnaires de la compagnie maritime marseillaise - Veolia et l?État ? devaient s?entendre sur l'avenir de l'entreprise, en proie à des difficultés d'ordre structurel.

Les principaux actionnaires - Veolia Environnement et la Caisse des dépôts détenteurs de 66 % via leur coentreprise Transdev, l'État (25 %) et les salariés (9 %) - se sont donc entendus sur un plan qui prévoit la suppression de 415 postes en 2014 sur les 1 400 équivalents temps plein et 100 entre 2017 et 2019. "Il n'y aura aucun départ contraint et la réduction des effectifs se fera via un plan de départs volontaires (sédentaires), le non remplacement de certains départs à la retraite et surtout un moindre recours aux emplois saisonniers pour les navigants. La compagnie "échappe" donc aux 800 licenciements, hypothèse évoquée par les syndicats dans le cas où l'autre option - la vente de deux navires - aurait été choisie

"Le Conseil de Surveillance de la SNCM a acté la stratégie à long terme de la compagnie. Le plan de vie proposé par le directoire a reçu l'aval des actionnaires qui ont souhaité que le calendrier initial soit accéléré dans sa mise en œuvre afin d'obtenir plus rapidement les gains de productivité nécessaire à la pérennité de l'entreprise. Sur le registre industriel, l'investissement dans 4 navires neufs (2 immédiatement + 2 à confirmer en 2016, ndlr) a été validé (sur la base d'un financement non consolidant) pour une flotte qui comptera 8 navires pour un périmètre d'exploitation équivalent au déploiement actuel", indique le communiqué diffusé mercredi soir à l'issue de la réunion décisive pour l'avenir de l'armateur.


Renouvellement de 4 navires
L'exécutif, qui était entré confiant et serein, était satisfait et probablement soulagé de voir avaliseé l'option qu'il défendait : l'investissement dans une nouvelle flotte. Une position notamment soutenue par Marc Dufour, le président du directoire de la SNCM qui avait néanmoins du revoir sa copie en avril dernier. En octobre 2011, pressé par les actionnaires de retrouver la voie de la rentabilité après des années de déficit d'exploitation chronique (14 M€ en 2012), l'ancien P-d.g d'Air Littoral, arrivé aux commandes de la société en 2010, avait présenté un plan de relance visant à doter la SNCM de 8 nouveaux navires de type Ropax (mixtes : fret et passagers) capables de faire la traversée de jour (et pas uniquement de nuit) afin d'assurer deux rotations en 36 heures et ainsi d'améliorer la productivité de 40 %. "Nous pourrons alors accompagner la relance des marchés maghrébins. Il s'agira aussi de bâtir une nouvelle politique commerciale. Et nous étudierons toutes Jeux de Fille Jeux de Moto Jeux de Guerre les lignes qui peuvent renforcer nos positions en répondant aux besoins de nos clients", avait-il fait valoir.
Un projet chiffré entre 800 et 850 M€. Pour une société qui affiche des comptes plombés ainsi qu'une érosion continue de ses parts de marché et qui ne doit plus avoir dès cet été la Caisse des Dépôts dans son capital, mobiliser une telle somme paraissait invraisemblable.
En avril dernier, la nouvelle mouture du plan d'entreprise envisageait finalement le renouvellement de 4 navires au lieu des 8. Une demande à laquelle a donc accédé hier le Conseil de surveillance ce jeudi 20 juin.

 


Restent de nombreuses questions
Et de nombreuses incertitudes. Le financement des nouvelles acquisitions ? Le futur schéma d'exploitation ? (le fret comme activité prioritaire pour une exploitation rationnelle de la flotte ?) Le sort du port de Toulon, dont la compagnie en avait fait une des pièces maîtresses de la reconquête ? (la distance avec la Corse est plus courte, ce qui diminue la consommation de carburant des bateaux, et les coûts portuaires sont moindres) ? Le renouvellement ou pas de la DSP pour la desserte des ports corses (qui représente 66% de son C.A) sachant que l'Office des Transports Corses a nettement réduit l'enveloppe, passant de 130 à 104 M€ par an au maximum, avec la suppression de liaisons au départ de Nice et de Toulon.

L'exécutif corse vient d'ailleurs de refuser les offres des deux candidats (SNCM/ CMN et Corsica Ferries), les jugeant financièrement irrecevables. À cela s'ajoutent des tracas judiciaires. La compagnie est notamment dans l'œil de la justice européenne pour des aides publiques qui auraient été perçues dans des conditions contraires à la concurrence européenne si bien qu'elle est sommée de rembourser 220 M€. La compagnie et l'État ont fait appel de cette décision. Ce qui leur donne un sursis de 4 mois.


Un trafic en hausse de 35 % pour la SNCM

Pour autant, en mai, la SNCM a enregistré une hausse de son trafic de 35 % par rapport à avril et de 1,2 % par rapport à mai 2012. Avec 73 850 passagers, elle est encore très loin de son principal concurrent Corsica Ferries (161 045 passagers) mais qui est en retrait de 10 %. En 2012, la SNCM est repassée au dessus de la barre du million (1 097 344). Depuis 2004, année du décrochage, elle naviguait entre 800 et 900 000 passagers. Et si les appels d'offres, portant sur les périodes 2002-2006 et 2007-2013, ont été remportés conjointement par la SNCM et la CMN, c'est bien leur concurrent, Corsica Ferries, compagnie privée, dont le siège est à Bastia mais armant sous pavillon italien, qui capte aujourd'hui autour de 60 % de parts de marché contre un peu plus de 30 % pour la SNCM et 8 % pour CMN.

 En amont de la réunion stratégique, un préavis de grève avait été déposé pour le 27 juin. A priori maintenu.


A.D

Article mis en ligne vendredi 21 juin à 10h18



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