SNCM : L ? État va-t-il donner carte blanche aux actionnaires privés ?

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Le Conseil de surveillance de la compagnie maritime marseillaise, qui se tient cet après-midi au Parc Chanot à Marseille, a deux points à son ordre du jour. S?il doit analyser les propositions de financement des nouveaux navires, c?est surtout l'avenir de Marc Dufour qui occulte tous les débats. L?actuel président du Directoire doit être fixé sur le renouvellement de son mandat.

La symbolique est forte tant la non reconduction des membres du directoire de la SNCM condamnerait de fait le plan de continuité à long terme ardemment défendu depuis des mois et des mois par Marc Dufour, l'actuel président du directoire dont les jours sont comptés. Ce soir, celui-ci devrait être fixé sur son sort mais au-delà, c'est la relance de la compagnie maritime qui deviendrait hypothétique. Car, très clairement depuis avril et la tentative de destitution de Gérard Couturier, actuel président du Conseil de surveillance et allié de Marc Dufour dans la défense du plan d'avenir, l'actionnaire principal Transdev (66 %) ne fait plus mystère de son hostilité à toute forme de continuité de l'entreprise, dans un état financier extrêmement et chroniquement tendu.

Affrontement à 14

Faute d'obtenir au cours du Conseil de surveillance du 14 avril dernier la convocation en urgence d'une assemblée générale qui aurait permis de destituer Gérard Couturier et de placer un homme de son sérail, la filiale de Veolia et de la Caisse des Dépôts était jusqu'à saisir le tribunal de commerce de Marseille. La justice consulaire avait finalement débouté l'actionnaire. Dans ce nouvel affrontement à 14 (le Conseil de surveillance compte sept représentants de Transdev, quatre pour les salariés, trois pour l'État), l'arbitrage revient à nouveau aux représentants de l'État. Et pour les salariés, une seule attitude est envisageable : "celle de la prolongation du mandat du directoire en place, qui correspondrait au respect de ses engagements." Nul ne peut miser un euro sur la position du ministère des Transports, tant depuis janvier, ils oscillent entre détermination (à soutenir l'entreprise en difficulté) et fatalisme (en se rangeant derrière les actionnaires privés). D'autant que l'échéance municipale n'est plus un bouclier protecteur pour les emplois menacés (autour de 2 000).

Appel du large
Marc Dufour et Gérard Couturier ont choisi d'interpeller directement les députés dans un courrier le 5 mail "parce que la survie de la compagnie maritime SNCM se joue dans les jours qui viennent" et surtout pour rappeler tout ce qui a été entrepris ces derniers mois pour donner un nouveau cap à cette entreprise qui a connu par le passé des dérapages mais qui "n'est plus l'entreprise que vous avez connu". Les deux représentants de l'éxecutif cherchaient aussi à tordre le cou à certaines thèses largement répandues dans la presse ces derniers temps selon lesquelles les contentieux européens exigeant le remboursement à l'État français par l'entreprise d'un montant cumulé de 440 M€ avaient des solutions. En écho à la publication la même semaine du rapport du député UMP Didier Quentin, lequel a pris la peine d'étudier toutes les possibilités de sortie par le haut des démêlées avec Bruxelles. "Si aucune solution satisfaisante n'est recherchée, il est à craindre que ce dossier ne soit au centre des polémiques, lors de la prochaine campagne des élections européennes, pour le plus grand bénéfice des anti-européens ...", avertissait l'élu.


Financement des nouveaux navires
Le conseil doit également examiner les propositions de financement de la future flotte au GNL qui a fait l'objet d'une validation au cours d'un des précédents conseils de surveillance. Première surprise, là où étaient attendus les travaux de la banque publique et de la Caisse des dépôts, c'est apparemment un cabinet d'avocats (Linklaters) qui a planché sur le sujet. Les conclusions de cette étude ont été présentées aux administrateurs le 29 avril lors d'une réunion à Paris au ministère des Transports. C'est ce document, établissant sept scénarii de financement, qui vont animer les discussions de cet après midi, qui n'avaient de toute évidence pas besoin d'être réchauffées pour être vives. Pas certain que l'hypothèse de la Sem, solution qui a la préférence corse et celle des auteurs, soit de nature à briser la glace.

Dans ce cas, la SNCM serait réduite à sa plus simple expression.

A.D

Marc Dufour, président du directoire de la SNCM

©Almodovar

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