SNCM : Une grève pour neutraliser les attitudes hostiles

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Face à l?attitude dite ?hostile? des principaux actionnaires et afin de ?neutraliser toute ouverture de procédure collective?, les syndicats de la SNCM ont lancé un préavis de grève reconductible à partir du 26 mars. Soit entre les deux tours des échéances municipales.

 Échaudés par les derniers conseils de surveillance, du 26 février, du 7 mars et du 18 mars, au cours duquel le conseil de surveillance a finalement autorisé la direction de la SNCM à signer la lettre d'intention pour la commande de deux navires, assortie d'une option pour deux autres, aux chantiers STX de Saint-Nazaire pour une commande à formaliser avant le 30 juin, mais sous réserve d'un plan de financement, à établir lors d'un prochain conseil de surveillance fixé à la mi-avril, les syndicats réagissent "refusant d'attendre les élections municipales pour une évolution éventuelle des positions de chacun."

Veolia veut sortir mais "ne veut pas" de nouveaux actionnaires
Le 18 mars, les actionnaires salariés (3 personnes), qui avaient in extremis demandé à ce que soit abordée la problématique de l'actionnariat, pièce maîtresse dans ce dossier très complexe, avaient été déboutés de leur demande. Pour rappel, Veolia Environnement, actionnaire majoritaire aux côtés de la Caisse des Dépôts via Transdev, souhaite se retirer du capital de l'armement et se refuse en toute logique à tout forme d'investissement. "Les actionnaires font savoir qu'ils veulent partir mais refusent d'aborder la question de l'entrée d'actionnaires autres. Nous demandons une neutralisation des parties hostiles et le respect des engagements pris le 22 janvier par Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, confirmés ensuite par le président de la République lui-même", explique Maurice Perrin explique Maurice Perrin, représentant la CFE-CGC.


Réaction de Jean-Pierre Jouyet
Le directeur général de la Caisse des dépôts, à qui un courrier a été adressé le 12 mars par l'ensemble des syndicats de la compagnie, sollicitant une clarification de sa position compte tenu de son implication qualifiée de "schizophrénique"*, leur a finalement répondu le 20 mars. Jean-Pierre Jouyet rappelle dans ce courrier tout ce qui été entrepris par la Caisse pour assurer la survie de la société à commencer par un renforcement de la trésorerie à hauteur de 30 M€. Tout en se gardant de commenter les propos publics "prêtés aux uns et aux autres", et outre des propos de bienséance, il reconnaît toutefois qu'"il n'appartient pas à un actionnaire de prendre la décision de placer une société en redressement judiciaire ou d'initier une procédure collective" mais que cette décision relève du seul fait du dirigeant d'exécutif. Ce que le président du directoire de la SNCM, Marc Dufour, avait immédiatement notifié à l'issue d'un entretien du P-d.g de Veolia sur BFM et de l'interprétation qui en avait été faite. Le directeur général de la Caisse prend acte de la décision de négocier avec les chantiers STX mais rappelle qu'elle est conditionnée à des modalités de financement tout en rappelant l'échéance de mi avril pour le rendu du travail des deux structures qui le concernent.

Adeline Descamps


*La Caisse des dépôts est coactionnaire dans Transdev aux cotés de Veolia, est appelée à en prendre le contrôle un fois Veolia sorti, est première actionnaire de Veolia Environnement, et il préside en outre bpifrance, censée plancher avec la Caisse des dépôts sur des solutions de financement de la nouvelle flotte.

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