SNCM : contamination de la grève

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Son alerte sociale auprès du secrétaire d'État aux Transports Frédéric Cuvillier restée sans réaction, le syndicat CFE-CGC rejoint le syndicat des marins de la SNCM dans son mouvement de grève reconductible à compter du 24 juin.

le syndicat CFE-CGC rejoint le syndicat des marins de la SNCM dans son mouvement de grève reconductible à compter du 24 juin.

En amont du conseil de surveillance du 28 mai à Marseille, qui a validé, grâce à l'alignement de l'État sur la proposition de l'actionnaire majoritaire Transdev, le choix d'Olivier Diehl pour diriger l'entreprise à compter du 2 juin*, le syndicat des marins de la SNCM avait annoncé une grève "dure" pour le 24 juin, date de l'assemblée générale des actionnaires. À cette occasion, Jérôme Nanty, secrétaire général de Transdev, prendra ses fonctions de président du conseil de surveillance de la SNCM en lieu et place de Gérard Couturier, allié objectif de l'ex-président du directoire Marc Dufour Marc Dufour, tous deux soutenant un plan dit de continuité.

Évolution de l'actionnariat

Cette fois, c'est le syndicat CFE-CGC - représenté au Conseil de surveillance par Maurice Perrin (pour les actionnaires salariés) et par Pierre Maupoint de Vandeuil (pour les cadres et les officiers) -, qui a déposé le 13 juin un préavis de grève reconductible à compter du 24 juin, dès 6h du matin, "et ce dès l'arrivée des navires en fonction de leurs horaires respectifs dans tous les ports de la continuité territoriale ainsi qu'à Toulon, Nice et Marseille pour toutes autres destinations", précise le préavis de grève. En dépit des déclarations de Jean-Marc Janaillac, le directeur général de Transdev, qui a toujours nié tout scénario de redressement judiciaire ou liquidation, les syndicats craignent que l'assemblée générale scelle définitivement le sort de l'entreprise en actant un démantèlement (le futur périmètre d'activités de la SNCM n'étant toujours pas clairement affirmé) alors que "la vraie priorité doit être le choix des solutions permettant de traiter simultanément l'évolution de l'actionnariat, la réduction voire l'annulation du risque de contentieux européen, le financement de la nouvelle flotte et non une remise en cause du plan à long terme", indiquent Hubert Tissot, Bertrand Lauth et Maurice Perrin, dans le préavis.


Activité non poursuivie
Les syndicats tirent ce scénario d'un ensemble de preuves à commencer par l'indication à l'endroit de la SNCM (qui faisait l'objet d'une procédure de conciliation, dont l'échéance était avril) "d'activité non poursuivie" et "procédure collective appropriée avec plan de cession associée à une transaction", dans les comptes consolidés 2013 de Transdev et de Veolia, désormais déposés. Ce n'est pas nouveau : Transdev veut sortir de la SNCM avant le 31 décembre et Veolia Environnement (actionnaire de la SNCM via transdev, filiale commune de Veolia et de la Caisse des dépôts, qui détient 66 % de la société marseillaise) a plaidé à plusieurs reprises, par la voix de son patron Antoine Frérot, pour une mise de la société sous procédure de sauvegarde, tout en réfutant l'hypothèse d'un dépôt de bilan.

Demande d'une table ronde
L'intersyndicale avait demandé l'arbitrage d'Arnaud Montebourg, en déplacement à Marseille le 2 juin dernier. Le ministre de l'Économie, qui avait accepté la rencontre, avait ensuite déclaré auprès de la presse avoir pris connaissance de certains éléments dans ce dossier - "des engagements ont été pris, ça ne m'a pas échappé" - et assuré les représentants des salariés qu'il allait "transmettre les messages à qui de droit" et aborder la question lors du Conseil des Ministres du 4 juin. Depuis ? ...

Les officiers réitèrent leur demande d'organisation d'une table ronde consacrée à l'évolution de l'actionnariat, un des points clés de la résolution du dossier. Visiblement pas encore complètement desabusés par les nombreux revirements et manquements de la parole donnée alors qu'ils disposent de deux lettres d'engagements du président de la République, deux du Premier ministre et trois du ministre des Transports, tous non tenus, ils demandent aux actionnaires privés et publics de ne pas mettre la société sous procédure de sauvegarde. Parmi les cinq revendications : la réunion avant fin juin d'un conseil de surveillance de la SNCM pour examiner "la défense des droits de la compagnie dans le cadre des décisions à venir du tribunal administratif de Bastia sur les conséquences de l'annulation de la délégation de service public Marseille-Corse."

A.D


*L'abstention de l'État lors du conseil de surveillance du 12 mai n'avait pas permis de reconduire Marc Dufour à la tête du directoire.

©Terzian photo d'archives

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