SP3H en route vers l ? industrialisation

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La start-up aixoise, qui a levé plus de 6 M? depuis sa création en 2005, devrait embarquer ses capteurs à bord d?un véhicule fabriqué en série dès 2014. Sa technologie : mesurer en temps réel la composition d?un carburant.


De p u i s  b i e n t ô t  1 0 ans, et quelque 6M€ levés plus tard, la start-up aixoise se démène pour que soit embarqué dans les moteurs thermiques le capteur qu'elle a mis au point. Née en 2005, la jeune entreprise aixoise (11 personnes) a développé, en s'appuyant sur la spectroscopie proche infrarouge, un outil permettant de mesurer en temps réel la qualité des carburants en vue d'optimiser l'injection. À la clé, une réduction des émissions polluantes (NOx, CO2, particules) de 15% en parallèle d'une baisse de la consommation de 5%.

Si la technologie est utilisée depuis 20 ans dans les industries pétrolières (le capteur est d'ailleurs issu d'un transfert de technologie), le facteur différenciant apporté par SP3H réside dans la conception d'un petit appareil de 10 cm de long et de 2 cm de diamètre pour un coût de moins de 50 €. Loin des standards de la pétrochimie : 1,80 m de haut et un investissement a minima de 500 K€.


"C'est énorme, précise Alain Lunati, le président et fondateur, quand on sait que BMW, par exemple, se bat pour faire baisser les émissions de CO2 de 0,2% de ses modèles car la taxation au gramme émis va être bientôt très pénalisante". La mise en application de Euro 6, la future norme européenne d'émissions de polluants des véhicules roulants, doit entrer en vigueur en 2014 pour les constructeurs automobiles.

Pour l'industrialisation, l'entreprise a retenu un modèle "sans usine", basé sur une concession de licences avec des équipementiers qui se chargeront "de redesigner notre capteur en fonction des moteurs où ils seront installés", précise l'ingénieur. Un premier contrat a été signé avec le groupe marseillais d'instrumentation et d'automatisme CMR.

La société développe actuellement les prototypes industriels, qui sont en phase d'évaluation. "Les premiers appareils devraient apparaître sur des véhicules en série dès 2014". Mais la spécialiste entrevoit aussi d'autres développements pour sa technologie, protégée par 12 brevets dans 40 pays. "Des tests sont en cours dans l'aéronautique et le machinisme agricole, mais l'industrie pétrolière pourrait aussi être intéressée".

Pour l'heure, il entend se concentrer sur la motorisation thermique : "si nous parvenons à équiper 15 à 20% des 110 millions de véhicules fabriqués chaque année dans le monde, notre chiffre d'affaires pourrait atteindre 30 M€ à horizon 2020. Et ce ne serait qu'une petite partie d'un marché que nous estimons entre 500 millions et un milliard d'euros".


M.L.L

Photo : Alain Lunati, le président et fondateur de SP3H

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