Spécial Législatives 2012 : Premier tour

 |   |  1624  mots
Plus qu?une semaine et le sort des candidats en lice sera soldé. 210 candidats régionaux avaient manifesté pour ce premier tour leur intérêt pour siéger au sein de l?institution la plus représentative de la République française. L?on ne prendra pas de grands risques en énonçant que le temple des élus du peuple accueillera bien des nouvelles têtes en provenance de la Provence. En 2007, le bleu avait tellement triomphé le long des rivages de la méditerranée qu?un rééquilibrage des forces post-présidentielle est quasi inéluctable.


Alpes-de-Haute-Provence

Comme attendu, la gauche emporte les suffrages (34,42% pour le PS et 26,79% pour l'UMP). Et l'on assistera dans les deux circonscriptions à un clivage classique entre la gauche et la droite. Avec la garantie de nouvelles têtes puisque le PS sortant de la première, Jean-Louis Bianco, et l'UMP sortant, Daniel Spagnou (maire de Sisteron) de la seconde, laissent la place à la candidature à Jean-Claude Castel. Lequel ne semble pas avoir fait le plein face au très médiatique maire de Forcalquier, Christophe Castaner (PS), dont on attendait les résultats. Visiblement favori.


Alpes-Maritimes


Indéniablement l'UMP a de quoi se réjouir dans les Alpes-Maritimes. Car dans les 6ème et 7ème circonscriptions, les candidats Lionnel Luca et Jean Léonetti sont d'ores et déjà qualifiés avec respectivement 51,04% et 51,10% des voix.

Les surprises, elles, viennent en premier lieu de la 2ème circonscription où le vert André Aschieri, maire de Mouans-Sartoux et le montagnard Charles-Ange Ginesy, maire de Péone Valberg, vont en découdre dimanche prochain, dans un duel étonnant par ses premiers résultats. En effet, alors que tout le monde attendait André Aschieri, soutenu par le PS, en tête, c'est son adversaire UMP qui recueille la majorité des suffrages avec 35,78% contre 28,72%. Un duel serré et qui sera attentivement observé dans une semaine.

Autre surprise, la percée du Front National dans la 8ème circonscription qui met, face à face, le Maire de Cannes, Bernard Brochand et Adrien Grosjean, inconnu jusqu'ici au bataillon électoral.

Ailleurs, les résultats sont plutôt en adéquation avec les prévisions. Ainsi dans la 1ère circonscription, le président du Conseil général Éric Ciotti est en tête et distance avec ses 43,84% son adversaire socialiste, le vice-président de la Région, Patrick Allemand crédité de 28,68 %.

Christian Estrosi lui, inflige une nouvelle déculottée à son concurrent socialiste, Paul Cuturello, avec 44,23% des voix contre 25,18%. À noter que le Front National rate de peu la présence au second tour.

Rudy Salles dans la 3ème circonscription sort en tête avec 38 % et affrontera la candidate socialiste, Christine Dorejo.

Dans la 4ème, le maire de Menton Jean-Claude Guibal devra en découdre avec la frontiste Lydia Schénardi.

Enfin dans la 9ème, la maire du Cannet-Rocheville, Michèle Tabarot, part favorite pour le scrutin de dimanche prochain, face à la socialiste Marie-Louise Gourdon.



Bouches-du-Rhône

Les élections se suivent et ne se ressemblent pas. En 2007, le département avait envoyé au Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, 6 députés de gauche et 35 de droite. Hors Marseille, le FN s'impose à 7 reprises, dont un face-à-face à Aubagne/ la Ciotat et 6 triangulaires. À Marseille, il s'impose dans 4 circonscriptions sur 7 dont une triangulaire.

Parmi celles qui étaient à surveiller car susceptibles de basculer : la 1ère et la 5ème.

Dans la 1ère, en effet, la surprise est là : le fief de la députée UMP Valérie Boyer est sur le point de basculer dans les mains du vice-président du Conseil général et patron de Treize Habitat, Christophe Masse (32,04% des voix contre 26,14% pour la première). Le FN ne parvient pas à s'imposer dans le jeu.

La 5ème a suscité beaucoup d'intérêt médiatique pour le duel qu'elle offre entre un ministre, à peine nommée (Marie-Arlette Carlotti, PS) et un ancien secrétaire d'État aux Affaires étrangères (Renaud Muselier, UMP). Avec ses 34,43%, elle est sur le "point de faire un cadeau à la gauche en le battant", comme elle le répétait inlassablement.


À suivre dans les bastions de droite


Dans la 6ème, régie depuis 1993 par le candidat-maire declaré, Guy Teissier, l'affaire se réglera à trois entre un front uni PS - EELV, l'UMP et le FN. Si le sortant UMP part avec une longueur d'avance (37,06%), il ne fait pas le plein comme attendu et le candidat de la gauche unie obtient 27,10% contre 22,68% pour le FN.

Dans la 12ème , le député UMP sortant Éric Diard l'a difficile également, avec moins de 400 voix le distançant du candidat de gauche Vincent Burroni, lequel talonne de peu le FN Paul Cupolati (26,68%). Autant dire que l'affaire va se régler à couteaux serrés.

À suivre dans les fiefs de gauche


La gauche est bien partie pour rafler les 8ème, 10ème et 14ème. Et parmi celles qui étaient à enjeux : la 3ème crée la surprise : Le FN, qui y avait réalisé de bons scores lors des présidentielles, confirme son tir et Stéphane Ravier jouera le match (très serré : 29,87% contre 29,80%) dimanche prochain avec la députée socialiste sortante Sylvie Andrieux, qui en dépit de ses affaires, s'est maintenue au second tour.


La 7ème, détenue par Henri Jibrayel, député PS sortant et adoubé par le parti, ne devrait pas connaître de changement. Toutefois, c'est un candidat du FN que le député sortant affrontera pour le second tour. La pléthore de candidats (20) n'a pas pour autant déstabilisé le sortant et il faut aussi noter la bonne performance de Karim Zéribi pour Europe Écologie - Les Verts (21,53%).

Les résultats étaient également très attendus dans la 14ème car elle oppose deux personnalités locales : Maryse Joissains, députée-maire UMP d'Aix-en-Provence et Jean-David Ciot, maire PS du Puy-Sainte-Réparade, et patron de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. La première reçoit un sacré avertissement en obtenant 28,57% des voix alors qu'elle caracolait en 2007 avec 44% des suffrages. La déperdition des voix profite surtout au FN.

Hautes-Alpes

1ère circonscription (Gap)
Le suppléant de la députée sortante UMP, Henriette Martinez, Jean Cointe, un chef d'entreprise sans mandat politique (27,09%), est distancé de 974 voix par la candidate socialiste Karine Berger. Alors qu'en 2007, c'était la députée sortante UMP qui la distançait de 1 276 voix par la députée UMP. Le PS a donc confirmé l'essai par rapport à la présidentielle : François Hollande était en tête avec 51,51% des suffrages.

2ème circonscription (Briançon)
Joël Giraud (PRG) la truste depuis 2002 et confirme sa performance avec 43% des voix face à Chantal Eyneoud (33,59%). Lors de la présidentielle, cette circonscription, pourtant considérée comme à droite, a préféré Hollande (50,25%) à Sarkozy (49,75%) de quelques centaines de voix.

Var

Avec huit candidats en tête dans les huit circonscriptions du Var, l'UMP réussi le tour de force à faire... moins bien qu'en 2007. Aux dernières élections législatives, six députés avaient été élus dès le 1er tour sur sept possibles. La 8ème circonscription étant née à la suite du redécoupage territorial.

Un recul qui n'a pas vraiment de quoi inquiéter la droite varoise tant les résultats leurs sont globalement favorables. À l'image de Geneviève Levy (UMP) dans la 1ère, qui vire en tête avec 42,01% des suffrages tandis que Robert Alfonsi (PS) arrive deuxième avec 27,74%.

Le FN confirme sa progression dans le Var en s'offrant un duel dans les 4ème, 5ème et 6ème circonscriptions.

Les candidats UMP Jean-Michel Couve (32,21%), Georges Ginesta (40,87%) et Josette Pons (35,65%) devraient néanmoins bénéficier du report de voix républicain cher aux socialistes. Bruno Gollnisch, poids lourd FN s'il en est n'arrive qu'en 3ème position dans la 3ème, tout comme Frédéric Boccaletti, secrétaire départemental, dans la 7ème.

Enfin, le PS garde des chances de victoires. Dans la 2ème, Mireille Peirano, secrétaire fédérale (30,13%) talonne l'UMP Philippe Vitel (35,28%) dans une triangulaire avec Jean-Yves Waquet (FN/ 24,27%). Et plus encore dans la 8ème où tout reste jouable : Bernard Clap arrive deuxième avec 27,94% des voix, derrière Olivier Audibert-Troin (UMP) qui obtient 30,76%.

Dans la triangulaire avec la frontiste Geneviève Blanc (23,27%), le candidat de gauche pourrait bénéficier du report des voix pour conquérir le siège de député.


Vaucluse

Les journalistes locaux la décrivaient comme une attraction ou un fait anecdotique. Marion Maréchal - Le Pen arrive dans la 3ème circonscription (comprenant Carpentras) en tête avec 34,63% et déboulonne quelque peu le socle du député sortant Jean-Michel Ferrand (UMP), au Palais Bourbon depuis 1986, qui comptait capitaliser sur les 60,25% de suffrages recueillis par Sarkozy au 2ème tour de la présidentielle.

Dans le département, qui avait d'ailleurs accordé à Marine Le Pen un de ses plus beaux scores de l'Hexagone, l'UMP (25,65%) talonne de peu le FN (25,13%). Les jeux ne sont pas faits pour autant :
- La 1ère, du fait du changement de main entre la députée-maire sortante UMP, Marie-Josée Roig et son adjointe à la petite enfance, Valérie Wagner. La socialiste Michèle Fournier-Armand, déjà candidate en 2007, part avec un avantage et s'impose devant le frontiste Thibaud de la Tocnaye tandis que l'UMP Valérie Wagner ne se place qu'en 3ème position.

- La 2ème en raison d'une interrogation : les observateurs locaux se demandaient si le député sortant Jean-Claude Bouchet (UMP) allait résister à la candidature du maire du Thor, l'écologiste Jacques Olivier, soutenu par le PS. Et bien, c'est le FN qui s'invite dans un face-à-face serré entre l'UMP (27,36%) et le parti frontiste représenté par Émile Cavasino (28,24%).

- La 4ème du fait de la personnalité du maire d'Orange, Jacques Bompard, qui se présente sous les couleurs de son parti, la Ligue du Sud, après avoir été élu député sous les couleurs du FN en 1986. Logiquement, il rafle les voix du FN et disputera le siège à l'AN avec le socialiste Pierre Meffre.


- La 5ème parce qu'elle est née de la reconfiguration de la carte électorale. On assistera à une triangulaire entre FN, PS et UMP. Le candidat PS Jean-François Lovisolo continue de croire à la capitalisation de la présidentielle.



Dossier réalisé par Laurence Boterro, Fabien Groué et Adeline Descamps



Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :