Standard & Poor ? s relève la note de Cannes

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L?agence internationale de notation et d?évaluation financière vient de relever la note à long terme de la Ville de Cannes à "AA", contre "AA-" auparavant.

Les relevés de l'agence anglo-saxonne, souvent attendus dans une angoisse patente, ont ravi mardi les élus cannois. Créditée d'un double A négatif depuis 2007, la Ville s'est vue attribuer, en réaction à sa "gestion financière très positive", un double A.

"Nous soumettons tous les ans notre budget à Standard & Poor's, confie Max Artuso, adjoint au maire délégué aux finances. Cela nous permet d'obtenir de meilleurs taux dans les banques et de diversifier nos sources de financement en émettant des obligations".

Si les notations des agences sont souvent discutées, elles restent l'unique référence dans le monde de la finance. Lorsqu'une note est bonne, les créanciers, confiants, sont plus prompts à baisser les taux d'intérêt. "Avec ce double A, notre capacité à honorer nos dettes, qui s'élèvent aujourd'hui à 290 M€ pour un objectif en fin de mandat de 280 M€, est certifiée. Nous pouvons espérer des taux proches de 2,5%", estime l'adjoint aux finances.

Dans son compte-rendu, Standard & Poor's considère toutefois la note cannoise "contrainte par un niveau d'endettement élevé - lié au financement d'un important programme d'investissement jusqu'en 2008 - et par une flexibilité budgétaire restreinte, notamment en termes de recettes, suite à l'engagement municipal de ne pas recourir au levier fiscal".

L'agence de notation souligne également que le double A de Cannes pourrait "être sous pression en cas de reprise du projet d'extension souterraine du Palais des Festivals" suspendu en 2010 et évalué entre 60 et 80 M€.

"Ceci n'est pas à l'ordre du jour", répond la Mairie. Laquelle compte bien profiter durablement de son double A, troisième meilleure note de Standard & Poor's, derrière le AAA et le AA+.

L'an dernier, "les dépenses réelles d'investissement et d'acquisitions foncières de la ville ont atteint 51 M€ (contre 80 M€ en moyenne annuelle entre 2005 et 2008), et les recettes d'investissement ont été très élevées (47 M€), grâce notamment à d'importantes cessions d'actifs. Ainsi, Cannes a enregistré un nouvel excédent après investissement de 9,4% des recettes totales en 2010, contre 3,5% en 2009".

"Si le député-maire de Cannes s'est empressé de se réjouir du relèvement de la note financière de la ville, il a simplement oublié d'expliquer que la raison principale en était, en moins de 3 ans, la vente en rafale du patrimoine des Cannois pour combler les trous de la dette. D'autre part, l'autosatisfaction affichée ne doit pas faire oublier aux Cannois que la dette de leur ville est passée, en dix ans sous cette municipalité, de 147 à plus de 302 M€", réagit vivement dans un communiqué Philippe Tabarot, conseiller général (UMP) de Cannes et au conseil municipal, qui ne cache pas ses intentions de conquête du fauteuil de maire occupé par Bernard Brochand.

Selon le frère cadet de Michèle Tabarot, député UMP de la 9ème circonscription des Alpes-Maritimes, Cannes est aujourd'hui la 2ème ville de France de plus de 20 000 habitants la plus endettée, avec 4 216 euros de dette par habitant, soit 2 fois plus que les villes de même taille, et 4 fois plus que la moyenne des communes des Alpes-Maritimes.

PH (avec A.D)

Photo : De gauche à droite : Max Artuso, adjoint au maire délégué aux finances, Bernard Brochand, député-maire de Cannes et Alain Jouanjus, directeur général des services (© Mairie de Cannes).

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