Syndicat intercommunal du Bassin Minier : 60 ans mais un avenir compromis

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Face à la réforme des collectivités territoriales qui prévoit de réduire le nombre des syndicats intercommunaux, la mobilisation s?organise. Le Sibam profite de ses 60 années d?existence pour faire valoir ses droits.


Créé en 1951 sous l'appellation du Syndicat des Eaux de Cadolive et autres communes pour devenir ensuite Sibam, le syndicat assure aujourd'hui la production et la distribution de l'eau potable pour 8 communes Gréasque, Mimet, St Savournin, Cadolive, Peypin, La Destrousse, La Bouilladisse et Belcodène.
À l'occasion des manifestations organisées pour le 60ème anniversaire du syndicat, le président du Sibam, Bruno Amalbert, n'a pas caché ses inquiétudes quant à un possible éclatement de sa structure.

"Nous ne sommes pas une coquille vide comme d'autres organisations. Notre utilité est reconnue et notre gestion est saine", explique le directeur Xavier Mottet. L'autofinancement serait assuré, les derniers grands investissements ayant eu lieu dans les années 90, le syndicat ne contracte plus d'emprunts depuis une dizaine d'années.

La principale crainte du syndicat est inspirée par l'attitude des intercommunalités voisines et particulièrement d'Aubagne.

En effet, l'agglomération aubagnaise a déjà récupéré la compétence de l'assainissement des eaux usées si bien que sur les 8 communes membres du Sibam, 6 se sont déjà ralliées pour cette gestion à l'agglomération d'Aubagne et de l'Etoile. Gréasque a rejoint pour sa part celle du Pays d'Aix.

Le Sibam se présente d'ailleurs comme un syndicat à la carte depuis 2007, ce qui a par ailleurs limité ses ressources.

La raison d'exister du syndicat du bassin minier serait encore plus remise en question si l'agglomération d'Aubagne récupérait de surcroît la compétence de la gestion eau.

Aujourd'hui, l'intercommunalité d'Aubagne délègue cette partie aux entreprises de la Société des eaux de Marseille et à Veolia. "En cas de prise de compétence, l'intercommunalité se trouverait sans structure capable de mener à bien cette gestion", explique Bruno Amalbert, qui estime que le Sibam pourrait tout à fait remplir son rôle.

Dans ce cas, des aménagements seront nécessaires. Pour l'instant, le Conseil du syndicat est composé de deux délégués communaux par ville, soit 16 personnes. Avec l'entrée d'Aubagne et des autres communes au sein du syndicat, la représentation devrait être proportionnelle à la taille des villes (population). De ce fait, le Sibam, qui est actuellement un Epci (Établissement public de coopération intercommunale), devrait prendre la forme d'un syndicat mixte conformément à la loi.

Quoi qu'il en soit, le Sibam devrait être fixé en 2012, l'agglomération d'Aubagne étant en train d'étudier la faisabilité de transférer au Syndicat un certain nombre de compétences.

Geoffroy Toche

Repères :
8 communes
26 salariés
12 000 abonnés
2 500 000 m3 d'eau produite par an
Recettes : 5 M€ dont 3,5 millions pour l'eau, 1,5 pour l'assainissement et travaux.


Photo : Xavier Mottet (à gauche) et Bruno Amalbert respectivement président et directeur du syndicat intercommunal du bassin minier (SIBAM)

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