Tourisme : La guerre entre Marseille et Nice reprend de plus belle

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Menacé par le nouveau schéma régional de développement touristique, le CRT Côte d'Azur pourrait bien disparaître au profit d'un Comité régional du tourisme marseillais avec lequel il fusionnerait. Une idée qui n'est pas du goût des professionnels en local.

Le CRT Côte d'Azur fait de la résistance. La cause de l'ire, c'est la possible fusion entre le CRT Côte d'Azur et le CRT Paca. Ce qui signifierait, en clair, la disparition du Comité régional basé à Nice et présidé par Alain Gumiel.

La discorde ne date certes pas d'hier. Déjà il y a un mois Éric Ciotti, le président du Conseil Général 06 et Christian Estrosi, le député-maire de Nice et président de la Métropole, étaient montés au créneau pour dire tout haut leur inquiétude, alimentée par la possible absence de subventions en provenance du Conseil régional, ou du moins par un sacré rabotage de celle-ci.

Entre temps, la rumeur selon laquelle le nouveau schéma régional du développement touristique planifierait une fusion entre les deux CRT a fini de mettre le feu aux poudres.

Au final, ce sont donc tous les professionnels du tourisme des Alpes-Maritimes - dirigeants de structures s'appuyant sur le tourisme, hôteliers, restaurateurs... - qui se sont liés pour parler d'une seule voix. Et réclamer, non seulement que la subvention allouée par la Région demeure équivalente à celle allouée l'an dernier - soit 900 K€ - mais aussi de ne pas mener à son terme le rapprochement avec le CRT basé dans la capitale phocéenne.

Depuis, Pierre Meffre, le président de la Commission tourisme au Conseil Régional a annoncé l'attribution d'une subvention... divisée par deux.

Ce sont donc 450 K€ qui seront versés au CRT niçois. Un rabotage que la Région explique par le poids pris par la Métropole azuréenne et qui lui ouvre le droit à l'obtention d'autres subventions pour aider le tourisme local. Fausse raison selon le duo Estrosi-Ciotti. "Le CRT est une structure associative et dotée d'une compétence propre en matière de promotion touristique".

Autrement dit, il ne faudrait pas mélanger les torchons et les serviettes. Car derrière la raison économique, pourrait bien pointer la raison politique avec à la clé, l'éternel clivage arboré en argument : la Région est à gauche quand le Département est à droite.

Faut-il y voir un règlement de comptes dissimulé ? Toujours est-il que depuis la résistance s'est organisée. Les professionnels du tourisme avec le soutien de l'Union pour l'Entreprise 06 ont lancé une pétition sur le Net. Le www.touchepasaucrtcotedazur.com recueille depuis sa création le 7 juin dernier, 611 signatures.

Parmi les signataires, on retrouve bien évidemment les différents présidents et directeurs d'Office de tourisme du département, les hôteliers (dont certaines structures monégasques), les résidences de tourisme, les entreprises de transports par hélicoptères, les musées, les bijoutiers, les agences de communication...

En parallèle, une demande d'audience a été faite auprès du Conseil régional afin de convaincre que la Côte d'Azur, "première destination touristique en France après Paris Île-de-France, qui compte plus de 30 hôtels 5 * représentés par des groupes hôteliers internationaux, des tables étoilées d'exception et accueille des événements internationaux, nécessite de garder la plus grande visibilité", plaide l'Upe 06. Le tourisme en Côte d'Azur représente 40% de l'activité touristique de Paca, 130 000 emplois directs, 5 mds€ de chiffre d'affaires et accueille chaque année 11 millions de touristes.

L.B

Photo : Michel Tschann, président du Syndicat des hôteliers Nice et environ et UMIH 06, Anne Lechazinski, présidente CCE 06, Yvon Grosso, président de l'UPE 06, Honoré Ghetti, président de la CGPME 06, vice-président UPE 06, Bernard Chaix, président de l'Office du commerce de Nice et Philippe Desjardins, président de l'Association des commerçants de Nice.

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