Une coopération transfrontalière renforcée

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La Côte d?Azur et la Ligurie jettent les bases d?une union. Un protocole de partenariat, signé vendredi à Gênes, délimite les contours d?un projet de développement économique commun.

Après avoir regardé trop longtemps du côté de Marseille, Christian Estrosi se tourne vers l'Italie et mise sur l'axe méditerranéen : Nice-Gênes. En s'alliant à la capitale ligure, le député-maire azuréen entend renforcer l'attractivité du territoire métropolitain. Quatre chantiers majeurs témoignent des ambitions des nouveaux partenaires. Le volet transport figure sans surprise au rang des priorités. Excédé par la lenteur et le surcoût annoncé du projet LGV Paca (15 Mds € au lieu de 7), Christian Estrosi milite depuis le début de l'année pour un raccordement Nice-Vintimille (cf. hebdo du 24 janvier).

Raccordement qui serait réalisé en même temps que la ligne à grande vitesse italienne et qui placerait la cité azuréenne à 1h30 de Gênes, contre 3h15 actuellement. Fin janvier, les vœux du député-maire ont été entendus. Le prolongement de la LGV Paca jusqu'à l'Italie a été entériné par le gouvernement. Reste désormais à faire aboutir le plus vite possible les études de réalisation de ces futurs aménagements. Le groupe de travail, lancé suite à la signature du protocole de partenariat, planche sur la question. Le début des travaux est prévu en 2014, la livraison en 2018. Côté financement, "nous serons bien loin des 15 Mds€ nécessaires pour la LGV", assure la Mairie de Nice. "450 M€" devraient suffire à moderniser les 36 kilomètres de voies ferrées reliant Nice à Vintimille.

L'État prendrait la moitié de cette somme à sa charge. La Région, le conseil général et la principauté de Monaco se répartiraient le reste. Au-delà de cette liaison ferroviaire, les deux métropoles vont travailler en synergie sur la promotion des autoroutes maritimes en Méditerranée. Objectif : désengorger l'A8 et sécuriser ainsi cette portion qui est la seule liaison routière directe entre Nice et Gênes.

Autre axe de développement suggéré par le protocole franco-italien : l'innovation numérique. Une coopération renforcée dans ce domaine reviendrait pour les signataires à "créer la croissance et les emplois de demain dans les deux métropoles". Nice et Gênes espèrent enfin mener des actions de lobbying ensemble pour orienter en leur faveur le futur programme des fonds européens 2014-2020. Dans cette optique, Nice Côte d'Azur mettra à profit la présidence du réseau EUROMED, assurée par la cité azuréenne, et Gênes capitalisera sur son poste de décisionnaire au sein du comité du réseau EUROCITIES*.


Piérine Herbin


* Réseau fondé en 1986 et qui regroupe plus de 130 grandes métropoles de 30 pays européens.

Photo : Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, et le maire de Gênes, Marta Vicenze, ont signé vendredi un protocole de partenariat visant à renforcer l'attractivité du territoire métropolitain Nice Côte d'Azur - Gênes.

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