Vaucluse : McCormick veut délocaliser des emplois en Pologne

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Trente salariés du siège de McCormick France seraient menacés de perdre leur emploi. En Vaucluse, l?annonce du géant américain de l?épicerie présent sur 4 sites avec ses marques Ducros et Vahiné, a fait l?effet d?une bombe. Il emploie localement 680 personnes.

Trente salariés du siège de McCormick France seraient menacés de perdre leur emploi. En Vaucluse, l'annonce du géant américain de l'épicerie présent sur 4 sites avec ses marques Ducros et Vahiné, a fait l'effet d'une bombe. Il emploie localement 680 personnes.

Regrouper les activités financières du groupe (services de paie, de facturation, de trésorerie) sur un seul site en Europe, Lodz en Pologne, aurait un impact direct en Vaucluse avec la suppression de 30 emplois. Les syndicats de l'entreprise ne comprennent pas cette décision d'autant plus que Ducros a fêté de manière fastueuse ses 50 ans en juillet dernier et que McCormick va célébrer ses 125 ans en janvier prochain dans le parc des expositions d'Avignon. "Les salariés se sentent trahis", souligne Marie-Line Mallet, déléguée syndicale FO. "Nous remettons en cause la validité de cette restructuration, elle n'est pas justifiée", insiste Benoît Jollivet, délégué syndical CFE-CGC. Une incompréhension alimentée par la bonne santé du groupe spécialisé dans l'épicerie. Le chiffre d'affaires en 2012 était de 4 milliards de dollars. Il a doublé en 10 ans. Et le résultat net consolidé est passé de 300 millions de dollars à 408 millions de dollars en 4 ans, soit + 36 %. Le groupe McCormick emploie 9 500 personnes dans le monde dont 3 800 en Europe. Le Vaucluse compte 680 personnes réparties sur 4 sites (fabrication à Carpentras, conditionnement et logistique à Monteux et le siège France à Avignon). Ils servent aux marques Ducros (poivres, herbes et épices) et Vahiné (aides aux desserts).

Investissements locaux importants

Depuis 2000, date de l'acquisition des usines et des marques Ducros et Vahiné par l'Américain, le groupe a investi plus de 50 M€ dans les sites vauclusiens. En 2001, McCormick avait modernisé les lignes de l'usine d'épices de Monteux puis transféré les productions britanniques en Provence avant d'établir en 2004 le siège français du groupe à Avignon. En 2006, l'acquisition de la totalité de Vahiné avait permis de redéployer ses activités localement en concentrant Monteux dans le conditionnement pour Ducros et en réservant Carpentras pour la fabrication et le conditionnement des activités Vahiné (transférées de Monteux). Carpentras avait ainsi bénéficié d'une toute nouvelle usine de fabrication et conditionnement, inaugurée 2008, pour doubler les capacités de production et permettre le lancement d'innovations produits et packaging.

Risque de nouvelles délocalisations

"Nous demandons donc à la direction une expertise du comité d'entreprise pour étudier la justification économique de ce plan de sauvegarde de l'emploi", explique Patrick Delègue, délégué syndical CFDT. Deux réunions sont d'ores et déjà programmées entre direction et syndicats les 14 et 20 novembre prochain. "En fonction, nous organiserons des mobilisations avec l'intersyndical", dévoile pour sa part Éric Raimann, délégué syndical CGT.
Les inquiétudes sont par ailleurs confortées par le fait que le groupe McCormick est engagé dans un vaste chantier de réduction des coûts. Ce programme CCI (Comprehensive Continuous Improvement) contribue selon la direction à renforcer le résultat opérationnel et le résultat par action. D'ailleurs, le groupe investit dans les pays où le coût du travail est particulièrement bas et où la fiscalité permet des montages financiers intéressants. En Pologne, à Stefanowo, McCormick a construit une plate-forme de production dernier cri qui pourra faire de l'ombre à terme aux sites de production vauclusiens. En Inde, le groupe crée une division informatique. Et dans les Îles Caïmans, McCormick a installé un centre d'achats. Le groupe américain devrait en tous cas bénéficier des subventions françaises, puisque d'après des estimations, il devrait obtenir du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi : 600 000 euros en 2013 et 900 000 euros en 2014.

A. RICCI

Photo : Le siège de Mc Cormick France à Avignon

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