Étang de Berre : Un avenir qui reste à dessiner

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Une étude de l'Insee, qui vient de paraître, dresse un portrait contrasté du territoire de l?étang de Berre, qui depuis l'implantation d'une industrie lourde à la fin des années 60, a bénéficié d'un développement économique rapide. Une étude intéressante pour sa mise en perspective avec le Havre et Dunkerque aux histoires industrielles comparables.


Trois zones d'emploi (Fos-sur-Mer, de l'Étang-de-Berre et de Salon-de-Provence), 32 communes et 402 000 habitants (en 2006), 162 500 emplois pour 161 400 actifs résidants occupés. Voilà pour les contours administratifs d'un territoire, qui, atout de taille dans une région en grand déficit d'infrastructures, est desservi par un important réseau routier et autoroutier, accueille un aéroport international (Marignane) et un complexe industrialo-portuaire (Fos-sur-Mer) qui vient de fêter ses 50 ans.
Une attractivité liée à sa situation géostratégique, à ses infrastructures, à sa main d'œuvre qualifiée, des caractéristiques environnementales particulière (cinquantaine de sites Seveso) et une forte spécialisation industrielle (gage de performance dans un marché porteur mais facteur de vulnérabilité en cas de retournement économique), qui sont autant de forces que faiblesses. Voilà pour le portrait d'un territoire "dont l'avenir est à réinventer", relève l'Insee.


Un tissu industriel qui se renouvelle plus rapidement
Si la zone, essentiellement structurée autour des activités pétrolières, doit revoir son modèle, contrainte par la conjoncture et une crise structurelle de la filière pétrolière, l'industrie maintient son rôle moteur, indique encore l'institut des statistiques. "À partir de la fin des années soixante, l'implantation de grandes unités industrielles sur ce territoire a constitué un moteur puissant de développement économique et attiré de nombreuses populations : le nombre d'habitants a été multiplié par 2,4 entre le recensement de 1962 et celui de 1990". Depuis, l'apport migratoire lié notamment au développement industriel s'est tari. Mais en 30 ans, l'emploi a évolué bien plus que la moyenne régionale, de l'ordre de 53 %, contre 38 % en Paca et 26 % dans les Bouches-du-Rhône. "Par comparaison, il n'a progressé que de 7 % dans la zone d'emploi de Dunkerque et de 5 % dans celle du Havre", deux territoires aux histoires industrielles comparables au pourtour de l'étang de Berre. Ici, le tissu industriel se renouvellerait par ailleurs plus rapidement que là-bas avec un taux de création des établissements industriels relativement élevé : de l'ordre de 10 % entre 2006 et 2008, contre 6,5 % au Havre et 6 % à Dunkerque.


Dynamique d'Eurocopter
L'évolution des trois territoires, au niveau de ses zones d'emploi, suivent des tendances similaires. Le taux de chômage s'établit à 10,5 % à la mi-2009. La part des chômeurs de longue durée est aussi semblable à celle du Havre et de Dunkerque, s'élevant à 32 %, plus élevée que dans la région (28 %). Le taux de retour à l'emploi dans ce territoire est en outre plus faible qu'en région : seules 12,6 % des personnes inscrites au chômage ont trouvé un emploi dans l'année, contre 14,4 % en Paca.

Après avoir progressé jusque dans les années 90, l'emploi industriel chute de 40 300 en 1982 puis à 30 000 en 1999. Mais il maîtrise l'érosion depuis et représente encore 18 % de l'emploi total du territoire, contre 10 % dans la région et 11 % dans le département. 80 % se concentrent sur quatre secteurs : la construction aéronautique impulsée par la dynamique d'Eurocopter, la métallurgie (incarnée sur ces terres par ArcelorMittal ), la pétrochimie (secteur porté par Shell, Naphtachimie) et, à un degré moindre, les équipements mécaniques. Reflet miroir des plans sociaux, la métallurgie et la pétrochimie ont perdu respectivement 7 % et 18 % de leurs emplois entre 1999 et 2006. Une partie des pertes d'emplois de l'industrie est imputable à une tertiarisation de l'économie, indiquent encore les auteurs de l'étude.


Pas d'adéquation entre l'offre et la demande à l'intérieur même de la zone

"Avec 162 500 emplois offerts sur ce territoire pour 161 400 actifs résidants occupés, on pourrait imaginer que le pourtour de l'étang de Berre connaît un équilibre parfait du marché du travail. Cependant, chaque jour, 37 000 actifs résidants quittent ce territoire pour aller travailler et croisent 38 000 personnes qui viennent de l'extérieur pour y travailler. Les échanges se font presque exclusivement avec le reste des Bouches-du-Rhône, plus particulièrement avec quatre communes : Marseille, Aix-en-Provence, Arles et les Pennes-Mirabeau. En outre, il faut ajouter les mouvements internes à la zone". En effet, seuls 40 % des actifs travaillent dans leur commune de résidence. Ils représentent 57 800 trajets supplémentaires, qui portent à 132 800 les déplacements domicile-travail quotidiens sur ce territoire. La quasi-totalité de ces trajets s'effectuent en voiture (86 %). Pas d'exception régionale à cet égard.

A.D


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