Bernard Kleynhoff : "Nous ne voulons pas d'ADP"

Par Laurence Bottero  |   |  472  mots
La CCI Nice Côte d'Azur, actionnaire à hauteur de 25% du capital de la société gestionnaire de l'Aéroport Nice Côte d'Azur, ne veut pas d'ADP comme nouvel actionnaire. (Crédits : DR)
Alors que le cahier des charges concernant la privatisation de l'Aéroport est attendu "aujourd'hui ou demain", promet le président de la CCI Nice Côte d'Azur, ce dernier redit bien haut que toutes les candidatures au rachat de la part de l'Etat dans le capital de la société aéroportuaire niçoise ne sont pas les bienvenues.

Et si le président de la chambre consulaire (la CCI dispose de 25 % des parts de la société gestionnaire) ne veut pas d'Aéroport de Paris c'est "parce que son intérêt n'est pas de développer Nice". Or, c'est bien là où le bât blesse. L'Aéroport Nice Côte d'Azur, avec ses 12 millions de passagers et ses retombées de l'ordre de 7 milliards d'euros, est un acteur central dans l'attractivité du territoire et l'animosité envers ADP ne date pas d'hier.

Le non qui rassemble

Les acteurs économiques - chambre de commerce et d'industrie et UPE 06 (qui regroupe le Medef et la CGPME) notamment - avaient déjà maintes fois fait savoir leur mécontentement face au non opposé selon eux systématiquement par la Direction générale de l'aviation civile quant à le demande d'ouverture de liaisons directes vers des destinations essentielles pour le territoire azuréen, non seulement pour le tourisme de loisirs mais surtout pour le tourisme d'affaires. Des demandes pourtant formulées par les compagnies aériennes elles-mêmes, restées lettre morte. Le soupçon latent étant que la DGAC favorisait ADP.

Question de temps

Si le sujet de la privatisation de la plateforme niçoise a longtemps été un sujet qui fâche, le tout se déroule aujourd'hui "dans un climat apaisé" dit Bernard Kleyhnoff.

Il y a bien cette divergence, comme le précisait La Tribune entre l'Agence des participations de l'État et le secrétariat d'Etat aux transports, qui ne sont pas tout à fait d'accord quant aux critères du cahier des charges, mais c'est Matignon qui tranche et le tout devrait poursuivre le calendrier établi ce qui signifie que le choix du nouvel actionnaire serait fait avant août. Car le timing est essentiel. Pour l'heure le sujet est justement hors contexte politique. Mais si le calendrier établi venait à subir quelques retards, le sujet retrouverait un contexte politique.

"Si nous débordons et que le choix se fait à la rentrée de septembre, le climat sera moins apaisé", souligne Bernard Kleynhoff.

Candidatures

"Nous imaginons que les consortiums qui sont candidats sont prêts mais nous ne pouvons compresser les délais établis par la loi". Parmi les candidats potentiels, hormis ADP donc, "12 à 15 réponses crédibles" ont été reçues parmi lesquelles Vinci associé à Predicta et à la CDC, Atlantia (l'aéroport de Rome) allié à la famille Benetton, l'aéroport de Singapour, l'espagnol Ferrovial, le fonds GIP (London City)... Et Monaco ? L'idée ne paraît pas saugrenue pour Bernard Kleynhoff qui souligne que Monaco pourrait peut-être être partie prenante dans l'un des consortiums candidats mais via un fonds. "Nous n'avons pas de préférence, ce qui compte c'est le projet industriel par rapport à l'existant et quel investissement les différents consortiums sont prêts à faire".