Comment l'Université Côte d'Azur a remporté l'Idex

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En remportant le programme d'investissement Idex, l'Université Côte d'Azur va percevoir un capital de placement de près de 580 M€
En remportant le programme d'investissement Idex, l'Université Côte d'Azur va percevoir un capital de placement de près de 580 M€ (Crédits : DR)
Baptisé UCA Jedi, le projet azuréen se voit alloué un capital de placement de 580 M€. Une somme conséquente qui doit servir l'innovation via l'enseignement supérieur et la recherche. Mais le vrai succès de l'initiative vient de la chasse en meute. Parce que les entreprises y ont participé aussi.

C'était l'une des principales préoccupations de Frédérique Vidal. Lorsque la présidente de l'Université Nice Côte d'Azur participe à l'Université d'été du Medef à Jouy-en-Jossas en août dernier, elle vient redire aux entreprises azuréennes présentes dans la délégation que c'est avec elles que le projet baptisé UCA Jedi (en pleine période du retour sur les écrans de Star Wars on salue l'à-propos) peut réussir. Son objectif est alors de convaincre 150 entreprises de dire qu'elles prévoient des investissements sur le territoire qui s'inscrivent exactement dans les axes définis par l'Université Côte d'Azur dite UCA, qui regroupe outre l'Université Nice Côte d'Azur, le CNRS, l'Observatoire de la Côte d'Azur, les écoles de management Skema Business School et Edhec Business School, l'INRIA, le CHU de Nice...

Alignement

Ses axes ont été évidemment stratégiquement choisis : numérique, espace, environnement, risque, territoire intelligent... Bref, des thématiques propres aux défis du département. Restait donc aux entreprises à s'engager via un courrier expliquant bien que leurs propres investissements s'alignaient sur ceux prévus par l'UCA Jedi. Au final, elles sont 200 - du grand groupe à la PME, d'Accenture, Thales ou Acri - à avoir pris leur plus belle plume pour coucher tout cela par écrit. Ainsi plus d'un milliard d'euros sur 4 ans serait envisagé. De même, un engagement de co-financement pour 43 M€ sur les projets inscrits dans l'Idex a été établi. C'est ce qui s'appelle au choix, chasser en meute ou un travail d'équipe. C'est aussi un engagement gagnant-gagnant comme le veut l'expression consacrée. Ce qui est certain c'est que c'est bon pour l'image, l'attractivité et tutti quanti.

Et maintenant ?

Avec désormais un capital de placement de 580 M€ qui va générer 14,5 M€ par an, soit 58 M€ en 4 ans, l'Université Côte d'Azur a de quoi mettre ses chantiers sur les rails. Car le plus important commence. L'Université change de dimension et fait désormais partie des dix universités que la France va porter sur la scène internationale. Les regards sont braqués sur celle que l'on moquait il n'y a pas encore si longtemps pour son décor de palmiers, comme si la présence du soleil était inversement proportionnel à la valeur de l'enseignement. Dans le concret, des fonds spécifiques pour la recherche et l'innovation, capables de faire venir les chercheurs de renom et les doctorant à fort potentiel, vont être activés. C'est aussi - suite logique de la démarche collaborative engagée ces derniers mois - le rapprochement structuré ente collectivités, recherche et industriels qui est promise. 36 % des financements Idex serviront les activités de recherche, 25 % seront dévolus à la R&D et au transfert de technologie en partenariat avec les entreprises, 25 autres % allant à la formation tandis que 9 % seront consacrés à l'attractivité internationale et la vie étudiante.

Nouveau modèle

L'Université Côte d'Azur a donc de l'ambition et elle le dit clairement, elle veut "créer un nouveau modèle d'université de renommée mondiale, reconnue pour son offre de formation innovante et au cœur de la dynamique de son écosystème". Celle qui était passée ces dernières années à côté de certains financements accordés aux Universités, remporte ici le plus prestigieux. Mais le plus intéressant est ce qu'il va permettre au territoire d'inventer et ce qu'il va surtout apporter au monde entreprenarial. Le réel défi est là. Outre l'attractivité, c'est bien davantage la formation et la conservation des compétences qui doit être visé. Un atout tout aussi essentiel face à la concurrence internationale.

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