Pourquoi la scop n'est pas un phénomène de mode

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(Crédits : Bpifrance)
La coopérative, effet de mode ? Apparemment pas au vu des chiffres déployés par la délégation régionale. Un modèle qui séduit notamment parce qu'il correspond à une évolution de la vision de l'entreprise.

Il y a eu SeaFrance qui s'est transformée en MyFerryLink ou plus près géographiquement parlant, la marseillaise Fralib, devenue depuis Scop-TI. Des exemples qui ont eu l'intérêt des medias et qui ont contribué, d'une certaine façon, à la diffusion d'un modèle d'entreprenariat mal connu.

La Scop ou société coopérative et participative c'est dans l'esprit populaire une gentille entreprise plutôt versée dans le service et davantage une forme d'entreprenariat utilisée lors d'une reprise d'entreprise. Pourtant derrière l'image d'Epinal ou l'a priori se trouve une façon d'entreprendre qui suscite un engouement semble-t-il, durable.

Multiplication par deux

Quarante. C'est le nombre de nouvelles sociétés coopératives nées en 2015 en Provence-Alpes Côte d'Azur. Quarante nouvelles entreprises qui sont pour la plupart des créations ex-nihilo. C'est-à-dire des créations pures et non un choix fait suite à une reprise ou une transmission. La Scop plaît donc. "Nous avons bénéficié de la médiatisation de projets tels MyFerryLink ou Scop-Ti", reconnaît bien volontiers Alain Maïssa, le président de la délégation régionale Scop PACA. "Depuis cela, le nombre de créations augmente. Ainsi, jusqu'à il y a 5 ans, on décomptait 25 créations par an en région. Aujourd'hui elles atteignent quasiment le double. C'est un mouvement modeste, mais la pente est là et elle semble solide". C'est que la perception de la Scop s'est modifiée. "Pendant longtemps nous étions considérés comme la roue de secours des entreprises. Comme la seule alternative qui empêchait à des salariés de se retrouver à la rue. Cela nous colle à la peau", déplore en revanche Alain Maïssa.

Car, les reprises d'entreprises faites à la barre du tribunal de commerce ne représentent que 5 % des Scop en PACA et les transmissions 15 %. Sur ce dernier point, Alain Maïssa souligne bien que "nous suivons les cas de reprise-transmission, car ce sont les cas de figure importants en terme de salariés".

Changement d'image

Pour le reste donc il semblerait que "des freins culturels de desserrent". Cela du notamment par un effort de pédagogie fait en direction des dirigeants prêts à passer la main. Car "nous avons une image pas assez entreprenariale. Pourtant nous avons tous les aspects de l'économie de marché. Les clients ne sont pas moins exigeants parce qu'ils ont affaire à une Scop et les concurrents ne sont pas moins agressifs", explique le président régional. Et cette image, qui pâtit encore de quelques poncifs, ne semble pas dérouter les jeunes entrepreneurs, "qui hésitent de moins en moins à se lancer et cela n'est pas un choix par défaut", se réjouit en même temps Alain Maïssa.

Financer le développement

Pendant trois ans - période si délicate lorsqu'il s'agit de création - la fédération joue le rôle de tuteur bienveillant, puis ensuite "pendant tout le cycle de développement". Un cycle qui comme tout autre typologie d'entreprise, exige de l'oxygène financier. C'est notamment le rôle de Pargest, dispositif dédié au financement des coopératives en création ou en développement. Né il y a trente ans, il a été alimenté par des coopératives de taille importante pour aider au financement de celles plus modestes. Aujourd'hui il dispose d'une enveloppe de 6 M€ et il est financé essentiellement par la CDC et la Région, mais aussi par le CD13, le CD84 et certaines banques. Et puis le crowdfunding n'oublie pas non plus ce mode d'entreprise. C'est le cas par exemple de la plateforme de financement participatif Wiseed qui offre la possibilité d'apporter sa pierre en monnaie sonnante et trébuchante via l'acquisition de titres participatifs.

Si parmi les 280 Scop que compte PACA, ce sont principalement les métiers du bâtiment - notamment les bureaux d'études - le sanitaire et le social ou encore l'industrie qui optent pour la coopérative, le commerce reste encore peu attiré par ce mode d'entreprenariat. Une opération séduction à mener ?

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Commentaires
a écrit le 19/07/2016 à 14:43 :
Merci pour cet article.

Il n'est pas facile de passer de la vassalité à la liberté. Déjà à l'école on nous apprend que la seule relation entre humains qui existe c'est celle du dominant, l'éduqué donc et du dominé, le non éduqué. En capitalisme le dominant c'est le riche qui est forcément éduqué quitte à acheter ses diplômes, ce qui est bien plus fréquent qu'on ne le croit, et le dominé c'est le pauvre, quitte à acheter la totalité des moyens de production afin qu'il comprenne bien qu'il ne pourra jamais changer de statu, nous sommes en plein dedans, et depuis des générations nous sommes totalement conditionnés à cette relation inégale et ce rapport de soumission entre hommes.

Ce conditionnement n'est que l'héritage grégaire de siècles d'évolutions mais toujours entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent à tel point que pour ceux qui commandent il est normal que leurs enfants et leurs petits enfants ou leurs amis ou bons serviteurs finissent eux-aussi par commander. Où comment se retrouver avec des lignées de décideurs complètement illégitimes.

Cet ensemble se retrouve actuellement sous forme d'oligarchie qui possède tous les capitaux le justifiant seulement parce qu'elle a toujours possédé des capitaux or comme l'affirmait Nietzsche "plus on possède et plus on est possédé" et "acquérir de la puissance abêtit", nous arrivons donc au point culminant où tout ces gens non habitués à se battre pour réussir sont complètement démotivés, persuadés qu'il est quand même normal qu'ils soient les dominants parce que ce sont eux qui possèdent les capitaux et que du coup, par un quelconque miracle ils seraient détenteurs de la vérité.

Bien entendu l'économie fini par étouffer, on peut même parler d'anéantissement général, sous les délires de cette caste de possédants complètement incultes, car estimant qu'ils savent mieux que les autres et complètement incompétents car persuadés que chacune de leur pensée est la meilleure de fait.

Pas facile dans ce milieu d'imbéciles, agressifs qui plus et, d'évoluer sans ce lien qui est une véritable malédiction pour l'humanité dans son ensemble, un boulet de plus en plus lourd à se coltiner sans arrêt. Et quand je lis votre article et bien ça me réjoui, même si je préfère ne pas me réjouir trop fort car il est évident qu'un tel système de gestion doit détenir un nombre colossal de puissants ennemis. Alors que pourtant c'est la façon la plus seine qu'il soit d'intégrer et de faire évoluer l'économie.

Mais le possédant lui ne veut ni évoluer ni intégrer, il veut dominer.

Bon courage à tous et tenez bon c'est l'histoire avec un grand H qui vous regarde.

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