Le Mucem à découvert

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(Crédits : DR)
Qui ne connaît pas le musée basé à Marseille ? En revanche, rares sont ceux qui se sont penchés sur sa face cachée, le centre de conservation. C’est là que se décide notamment la politique d’achats du musée national. Plongée au cœur d’un monde méconnu…

Le centre de conservation de la rue Clovis Hugues à Marseille, c'est un peu la face immergée d'un iceberg appelé Mucem. Ici, dorment loin des regards près de 250 000 objets, 110 000 estampes et dessins, 150 000 ouvrages. "5% seulement de la collection sont exposés. Le reste demeure en réserve. Des pièces entrent et sortent. Elles peuvent intégrer l'une des six expositions temporaires que nous organisons dans l'année. On effectue plus largement des rotations. Installateurs et régisseurs gèrent ces mouvements d'installation", explique Emilie Girard, responsable du département des collections et des ressources documentaires. Des pièces qui peuvent aussi être prêtées à d'autres musées, ou encore faire figure d'objets en dépôt. Il s'agit de prêts à long terme sur une durée de cinq ans. "18 000 pièces se trouvent actuellement dans d'autres institutions", dévoile ainsi la responsable.

"Ainsi, ce ne sont pas des collections mortes : elles voyagent ou peuvent être étudiées in situ puisque chercheurs, étudiants, amateurs ou spécialistes peuvent les consulter dans le centre de conservation. Nous organisons la visite d'une partie des réserves, tous les premiers mardis de chaque mois... Cette ouverture au public est une des spécificités du Mucem".

Pour répondre à l'ensemble des normes de conservation, le centre de la rue Clovis Hugues ne compte pas moins de 17 réserves adaptées aux différentes exigences en termes de température et d'humidité relatives aux différents types de pièces. Ainsi qu'un atelier pour accueillir les restaurateurs, tous des prestataires extérieurs.

Quelle politique d'acquisition ?

Mais avant la conservation, il y a l'acquisition des pièces, pour laquelle le Mucem dispose d'un budget de 400 000 euros par an.

"C'est beaucoup par rapport à celui de nombre de musées de taille inférieure... Mais ce n'est pas énorme en même temps, dans certaines catégories d'objets. Une grosse acquisition peut grever ce budget très rapidement..."

C'est ainsi qu'en 2015, le Mucem a acquis lors d'une vente organisée par Christie's Sothebys un plat ottoman du XVIème siècle, en provenance d'Iznik, pour la somme de 114 300 €. "Pour chaque projet, nous nous fixons un plafond, en fonction des prix du marché et des limites que nous permet ce budget". Sachant que chaque accord s'obtient à la faveur de décisions collégiales. Tout d'abord, lors des comités de collection, qui ont lieu tous les mois, puis, si l'accord est obtenu, lors de comités d'acquisition, réunissant des personnalités du monde muséal français et votant à leur tour. Enfin, lorsque l'objet à acquérir dépasse un certain seuil de valeur, une troisième instance, composée de l'ensemble des directeurs de musées nationaux se réunit à Paris...

"Ces comités examinent non seulement les projets d'achats, mais aussi de dons. Car ce n'est pas parce qu'un objet est donné qu'il ne coûte rien ! La législation dit qu'une fois qu'un objet est acquis, il est inaliénable. On ne peut donc s'en défaire..."

Enfin, à la base de cette organisation, une division en 9 secteurs, avec chacun un conservateur à sa tête, chargé de connaître et de gérer son fonds. "Pour émettre des propositions d'acquisition, ils surveillent le marché de l'art et les ventes publiques (lors de ces dernières, ils ont la possibilité d'être des acheteurs simples, ou encore d'utiliser leur droit de préemption, NDLR), interrogent leur réseau". Ce en sélectionnant des pièces en droite ligne avec la thématique du Mucem : la connexion à la Méditerranée et l'ouverture sur les sociétés contemporaines.

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