La méthode du BNMFest pour faire rayonner la danse

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(Crédits : DR)
Outil pour démocratiser la danse, mais aussi sensibiliser les entreprises, qu’il vise à rallier via le mécénat de façon plus conséquente en 2017, le festival du Ballet national de Marseille s'impose à petits pas.

Le BNMFest, festival du Ballet national de Marseille, investit une deuxième fois les locaux installés au Parc Henri Fabre. Un opus étoffé par rapport à l'année précédente, explique Christophe Mély, directeur des relations publiques et des actions culturelles. "Il compte en effet plus de propositions, notamment celles de compagnies invitées, ce qui est inédit. Deux représentations du BNM sont également programmées, tout comme celles du BNMNext, regroupant de jeunes danseurs". Des ateliers à destination du public, des conférences, mais aussi un DJ, présent le dernier jours, fermera le bal. "Ce festival est un peu la vitrine d'une volonté affichée depuis la direction du ballet par Marie-Claude Pietragalla d'ouvrir le lieu au public via répétitions ouvertes à tous, ateliers, spectacles, visite du bâtiment... ce que l'on a nommé le BNM+". Par ailleurs, lancé lors du festival, le BNMCiné permettra désormais, à partir de ce mois de décembre, de se voir proposer un événement liant danse et 7ème art une fois par mois dans la salle de spectacle du Parc Henri Fabre, en collaboration avec le cinéma du Prado, le Variétés et l'Alhambra. Pourquoi ? Rayonner, tout simplement. Et surtout, démocratiser un art encore perçu comme élitiste. "Ceux qui s'intéressent à la culture ne sont pas légion, et parmi ceux-ci, les amateurs de danse représentent une part encore plus infime. Combien disent qu'elle leur semble inaccessible. A tort, puisque le langage du corps est universel".

Changer de modèle économique ?

Ainsi, avec un événement tel que le BNMFest, la direction du ballet national entend inverser la vapeur. Et pas forcément en misant sur l'aspect économique de la chose : "cette volonté de démocratisation va de pair avec une politique de prix attractive". L'idée n'étant pas ici de marger sur le festival, mais de montrer que la danse peut être un vecteur, non seulement en termes d'art, mais aussi de communication. Un message à véhiculer notamment en direction des entreprises, que le BNM, dirigé depuis 2015 par Emio Greco et Pieter C. Scholten, entend séduire davantage à l'avenir. Un axe de développement économique à considérer de près, à l'heure où les collectivités locales réduisent assurément leurs subventions. "Notre budget, de l'ordre de 4,7 millions d'euros, se compose de recettes propres relatives à nos spectacles, auxquelles s'ajoutent les subventions de l'Etat, de la Ville et de la Région. Or cette dernière a revu la sienne à la baisse de 100 000 euros". Un manque à gagner qu'il faut désormais combler... ce qui signifie forcément changement, ou tout au moins adaptation du modèle économique.

Trois formules de mécénat proposées

Pour ce faire, le ballet, qui compte 60 collaborateurs dont 30 danseurs, entend notamment installer un prestataire dans les locaux qui aura la charge d'un espace boissons et restauration de façon permanente. La direction réfléchit par ailleurs à une prospection plus affirmée en direction des entreprises, même s'il existe déjà un club liant ces dernières, et trois formules de mécénat définies. Certaines ont déjà répondu présent, à l'instar d'Haribo, du Moulin de la Roque ou de la Logirem. Elles bénéficient en retour d'un accès privilégié au BNM et à ses activités, d'une mise à disposition de ses espaces, notamment de la salle de spectacle d'une jauge de 300 places pour organiser leurs événements de relations publiques, d'invitations et de tarifs préférentiels pour les spectacles du BNM... "Nous réalisons également des échanges de visibilité. Certaines nous ont accompagnés lors de notre dernière tournée en Chine, comme le groupe Weichai Power, qui a repris les moteurs Baudoin. Elles ont contribué à boucler le budget du voyage, et en contrepartie ont pu inviter leurs partenaires ou leurs clients basés là-bas", complète Christophe Mély.  Près de dix entreprises sont pour l'heure entrées dans la danse.

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