Comment l'incubateur Paca-Est continue de valoriser l'innovation

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(Crédits : DR)
Campé à Sophia-Antipolis, couvrant le territoire jusqu'à Toulon, il a été l'un des premiers outils dédiés à la valorisation de la recherche publique. Alors que l'innovation devient plurielle et que le mot startup est omiprésent, voire omnipotent, que pépinières et accélérateurs complètent le paysage, comment l'incubateur… continue-t-il à incuber ?

En 2001, année de création de l'incubateur Paca-Est, l'innovation, surtout celle issue de la recherche publique, n'avait pas l'image dont elle bénéficie aujourd'hui. Devoir transformer ce qui sortait des laboratoires en potentiel entreprenarial, c'était le sens de ces structures arborant le label du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Quinze ans et des poussières plus tard, l'innovation n'est plus un mot inconnu et les différentes formes qu'elle prend sont depuis longtemps passées du côté de l'entreprise.

Le bilan, deux décennies et demie après sa naissance, fait état de 870 emplois créés par 142 entreprises accompagnées ayant levé 114 millions d'euros.

L'IPE, l'acronyme de l'incubateur, a pris sa place dans le paysage de l'accompagnement. Et 16 ans plus tard, continuer à rester attentif à l'innovation, ça demande forcément une évolution aussi.

"Nos liens historiques avec le monde académique demeurent d'actualité", pointe son président, Patrick Valverde. "Nous favorisons le rapprochement avec les laboratoires et l'entreprise a une valeur différente de ce qu'elle avait il y a 15 ans". Surtout, le rôle des Universités dans le rapprochement efficient n'est pas anodin. "Les frontières entre les Universités et les entreprises ont tendance à évoluer".

L'écosystème, l'écosystème, l'écosystème

Dans ce contexte qui bouge, avec nombre d'acteurs qui s'est considérablement démultiplié, "le monde de la jeune entreprise reste, de prime abord, complexe, mais il est bien structuré. Incubateurs, pépinières, pôles de compétitivité... le paysage n'est pas plus compliqué que dans un autre secteur. Ce qui demeure problématique, c'est l'étape de la 2ème ou 3ème levée. On sait faire l'amorçage ou réussir un tour de table de plusieurs millions. Mais entre les deux, sur un besoin qui va de 10 000 euros à 2 M€, c'est plus difficile", pointe, sans surprise Patrick Valverde. Même si, au regard de ce qu'il en était il n'y à ne serait-ce que 5 ans, le financement de l'innovation se porte plutôt mieux. "Le jeu des accélérateurs privés complète le dispositif", rajoute celui qui est aussi le président national du réseau national Retis Innovation.

Le directeur de l'incubateur ne dit pas autre chose : "IPE est là pour le premier client, pour le démarrage de l'activité", dit Laurent Masson. "Nous restons sur notre cœur de métier tout en étendant nos compétences avec des partenaires. Nous continuons à jouer notre rôle pleinement".

Le rôle c'est être là quand le projet démarre, or, comme le rappelle Laurent Masson, "un projet qui vient de la recherche publique peut être long à développer, à prendre son envol. En intervenant, l'incubateur, qui sait aller sur le marché, peut apporter son regard", son expertise et donc permettre d'aller plus vite, de grignoter du temps, précieux à ce stade de l'existence.

Conservation

Au-delà du sujet du financement ou du développement, il y a celui de la conservation des talents. Ou comment faire que les entreprises n'aient pas envie d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte ? "Nous sommes ravis que nos startups aillent à Station F. Mais le principal est qu'elles demeurent sur le territoire", résume Patrick Valverde.

Pour conserver les talents, justement, l'Idex, porté par l'Université Côte d'Azur, a un rôle à jouer. Et les projets sélectionnés, "maintenant sur les rails, vont se développer", souligne Laurent Masson. Avec l'effet d'entraînement attendu... Et puis le fameux écosystème fonctionne aussi. Le CNRS, l'INRIA ou encore Mines Paris Tech étant "sensibles au sujet de la valorisation".

L'étudiant-entrepreneur, c'est bien ?

Dans le paysage de la sensibilisation à l'entreprenariat, quel rôle pour le statut d'étudiant-entrepreneur ? "Il y a chez les jeunes étudiants une envie de tester l'entreprenariat. Et de fait, nous disposons d'une richesse que nous n'avions pas il y a 5 ans. C'est un changement fondamental. Nous pouvons faire se croiser des grands groupes et des étudiants. C'est un enrichissement mutuel", dit Patrick Valverde. "Nous avons appris à faire évoluer notre modèle d'accompagnement", ajoute Laurent Masson. "Nous associons des ateliers collectifs à du suivi individuel. Nous ne sommes pas dans un rôle surplombant mais facilitateur. On constate une réelle dynamique du statut étudiant-entrepreneur".

L'épisode d'après

Comment évoluer dans un contexte actuel en tentant d'imaginer ce qu'il faut aux entreprises, jeunes et dynamiques, petites mais prometteuses ? "L'évolution sera positive, sous réserve que l'écosystème se parle. La valeur ajoutée et la pérennité de nos structures passent par une imbrication plus forte. Et ce n'est pas si bénin que ça".

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