L'offensive de séduction économique du Var

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(Crédits : DR)
Montrer à l'extérieur tout le potentiel d'un département encore trop considéré comme touristique, c'est le but de l'opération menée à Paris dans un bel ensemble par les acteurs économiques. Parce qu'il n'y pas que le retour du Grand Prix du Castellet il y a aussi des filières présentées comme d'excellence et du foncier. Et ça, c'est bien pour attirer les entreprises.

Le Var est longtemps resté discret. Avec deux voisins imposants que sont les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, pas facile d'exister. Surtout quand le tourisme est l'une des mamelles qui porte l'économie. Mais de sa timidité avouée - "le Var a toujours été modeste" reconnaît Jacques Bianchi, le président de la CCI -  il n'en n'est plus vraiment question. Avec des "potentiels réels, la volonté d'être davantage visible s'est réveillée, à un moment où la discrétion n'est plus vraiment un atout et où la concurrence territoriale est féroce", poursuit le président consulaire.

Il fallait donc passer à l'action et le SIMI, le salon de l'immobilier d'entreprise qui se tient à Paris ce début décembre, a été identifié comme l'un des moyens de sortir de l'ombre. Le SIMI qui avec le MIPIM est le rendez-vous favoris des territoires pour se montrer sous leurs plus beaux atours, est donc depuis 3 ans l'endroit où le Var s'affiche en délégation groupée. Toujours ce "chasser en meute" qui va bien. "Nous sommes un agrégateur des compétences de tous les acteurs", souligne le directeur général de l'établissement consulaire, Stéphane Gueydon, par ailleurs également aux manettes de l'Agence de développement économique. Tous ensemble mieux que chacun séparément, la stratégie est tout aussi payante, qu'unanime. "Ce travail en équipe a changé le regard sur le département", défend aussi Sylvie Parcineau, responsable du pôle Prospective et Développement territorial.

Rouler des mécaniques

Cependant le SIMI 2017 a une saveur autre. A six mois du retour du Grand Prix de Formule 1 au Castellet en juin prochain, les moteurs du développement économique rugissent. D'autant que le CCI du Var porte la filière sport mécanique, qu'elle est propriétaire du Plateau de Signes, posé dans le périmètre du circuit, que ce plateau est dynamique et que dans d'autres termes on pourrait dire que les planètes sont alignées. "Nous sommes également concessionnaire des ports, qui sont une porte d'entrée sur le territoire et dont nous sommes persuadés qu'ils peuvent travailler avec leur interland", ajoute Stéphane Gueydon.

Il y a aussi les filières d'excellence, outre la mécanique auto, celles du maritime, de la défense, de l'énergie, du numérique, de l'agro-alimentaire et le tourisme évidemment. Il y aussi des zones comme celles du Parc des Bréguières dédié à la logistique, élément de différenciation essentiel, ou Nicopolis, terre d'accueil du foncier industriel qui devrait voir en 2018 la naissance d'une pépinière d'entreprises. Il y aussi ce Palais de la connaissance et de l'industrie créative, livré en 2019, qui fait partie du plan de réaménagement du quartier Chalucet à Toulon. Toulon qui adoptera officiellement ce 1er janvier le statut de métropole. Un changement réel dans moins d'un mois pour le périmètre de Toulon Provence Méditerranée capable de modifier la donne ? Stéphane Gueydon le pense. Ce qui ne va pas sans quelques interrogations : "quelles seront les compétences ? Nous prônons une convention de partenariat économique afin d'être identifié comme CCI métropolitaine, comme cela est le cas pour Nice Côte d'Azur et Marseille Provence".

Nouveau regard ?

Quoiqu'il en soit, le travail d'équipe et l'offensive séduction semblent payer.

"Nous avons multiplié les contacts avec des opérateurs immobiliers ce qui nous permet d'avoir une vision plus large que la vision locale" souligne Stéphane Gueydon. D'ailleurs l'effet attractivité du retour du GP de F1 se fait déjà sentir, des entreprises spécialisées du secteur anticipant que le Var pourraait devenir en la matière the place to be. Foncier abordable + tropisme varois = équation qui retient l'attention. Moteur économique avant même le retour vrombissant des bolides sur le circuit, le Grand Prix est assorti d'une stratégie de développement en 3 points, qu'avait annoncé Christian Estrosi, alors président de la Région PACA. Toujours pilote dans l'avion (ou la monoplace) sur le sujet, l'actuel Maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d'Azur avait bien dit qu'il s'agissait concomitamment de travailler sur la prévention routière et la mobilité durable, d'intensifier le volet formation professionnelle et de développer la filière mécanique. "Pour l'heure nous faisons l'état des lieux, du benchmark sur ce qui se fait ailleurs ainsi que de la prospection", annonce Stéphane Gueydon. La préparation des monoplaces et les nouvelles énergies sont des thèmes qui devraient tirer encore une fois la différenciation.

"Nous notons un regain d'intérêt des investisseurs touristiques" note pour sa part Carole Petroni, directrice Entreprises, Territoires et Numérique au sein de la CCI du Var. Cependant, l'attrait ne se mesure pas qu'aux intentions, mais aussi au nombre de projets d'implantation réalisés. "Nous réalisons 40 nouveaux investissements par an", précise Stéphane Gueydon. Sur le terrain ce sont 150 dossiers qui se manifestent chaque année et "pour lesquels nous faisons des préconisations sur mesure" tient à souligner Sylvie Parcineau.

"Oui le regard a changé, il est plus professionnel, le Var promeut une offre plus visible", ajoute Jacques Bianchi. Indispensable évidemment, car "nous entrons dans la compétition mondiale".

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