Vasarely, une restauration synonyme de dynamisation économique ?

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(Crédits : DR)
Après plusieurs années de travaux, la fondation située à Aix-en-Provence compte cueillir les fruits de cette réhabilitation, destinée à lui permettre de réaffirmer sa vocation de lieu vivant.

S'il y a lifting au sein de la fondation Vasarely, il n'est pas que physique. Et pourtant, les travaux engagés depuis 2012 autour de celle que l'on nomme aussi Centre architectonique d'Aix-en-Provence sont déjà conséquents... Un coût total de près de 13,5 M€, financés à 80 % par les deniers publics et à 20 % par le mécénat et les fonds propres pour "remettre le bâtiment en ordre de marche. Il se trouvait à l'abandon alors qu'il jouit pourtant d'une position centrale dans la région et le pays d'Aix", revient Anne-Marie Piras, administratrice au sein de l'institution. Six années de travaux - la fin de ces chantiers est prévue pour 2018 - avec l'objectif de redonner du lustre à l'édifice, un réel challenge.

Innovation, innovation

Car le centre aixois n'est pas qu'une bâtisse, c'est un composé d'œuvres d'art à lui tout seul. Et pour "le restaurer à l'identique, puisque le bâtiment est classé monument historique", il faut forcément tenir compte "des composants industriels d'avant-garde, des systèmes techniques sophistiqués d'éclairage, de chauffage et de climatisation notamment". En effet la conception de la Fondation Vasarely, se voulant ultra-moderne, a nécessité des procédés innovants. D'où la réalisation d'études documentaires et historiques, mais aussi d'analyses scientifiques et techniques des existants avant même de s'attaquer aux travaux proprement dit. Entre autres, étanchéité, réfection des installations techniques, aménagement intérieur, enveloppe du bâtiment, ces derniers déjà réalisés. Les travaux se poursuivent avec la rénovation des œuvres, notamment des sept dernières verrières, des murs rideaux et des grands panneaux-œuvres, mais aussi avec l'aménagement du parc extérieur... Extérieur qui pourrait subir à l'avenir quelques modifications, puisqu'un avant-projet d'extension est actuellement à l'étude. Concrètement, il s'agirait de la réalisation d'une galerie en semi-enterrée de 1 000 m2.

Booster les sources de revenus

Il va sans dire que la rénovation de l'édifice doit contribuer à la stratégie de redynamisation des lieux. Car outre les travaux, c'est bien entendu le fait de conforter le modèle économique de la fondation, par essence institution privée, qui est en jeu. Avec des prévisions intéressantes en termes de sources de revenu pour l'année qui vient. "Pour 2018, nous visons 450 000€ avec l'activité de billetterie et la médiation culturelle, 250 000 € de mécénat, avec la volonté de le renforcer et de rallier davantage d'entreprises autour de nous, et enfin, 100 000 € grâce à la location d'espaces et l'organisation d'événements". Dire que ces réhabilitations s'avèrent clé dans le développement futur du centre architectonique n'est donc pas un vain mot...

Mais outre les projections inhérentes à la réhabilitation, la fondation a aussi lancé en 2017 une demande d'appellation Musée de France, qui devrait se concrétiser en 2018. "Ce qui lui confèrerait une plus grande reconnaissance, une visibilité et une accessibilité  aux autres collections. En tant qu'institution privée, il est généralement plus difficile  de faire partie du circuit..." Cela signifie donc plus d'expositions temporaires, d'échanges en interne et en externe. Ce qui offrirait à la fondation Vasarely la possibilité de faire tourner les expositions ailleurs qu'entre ses murs. C'est dans l'ère du temps : le modèle économique des infrastructures culturelles évoluant, faute de soutien public, les expositions ne se conçoivent plus seulement en usage unique, mais elles tournent sur d'autres lieux.

Enfin, cet élan de redynamisation devrait aussi trouver de l'écho du côté du monde de l'enseignement supérieur et de l'économie, puisque si des partenariats avec Aix-Marseille Université ont déjà été initiés par le passé en vue d'études et de projets de recherche, d'autres devraient suivre, ceux-ci avec l'écosystème d'Aix-Marseille French Tech.

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