Pourquoi il faut sauver la Ligne Nouvelle

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(Crédits : DR)
Alors que le Conseil d'orientation des infrastructures se tient à Nice ce jeudi, les acteurs économiques (re)montent au créneau. Le but c'est de démontrer qu'il s'agit bien de travaux d'amélioration du quotidien, et qu'il les faut absolument. Sous peine de ralentir… l'économie régionale.

Revoilà la LN PACA comme objet des conversations. La concertation relative à son tracé et les quelques sujets d'ajustements proposés par certains élus avaient rythmé les derniers mois. Puis il y avait eu la visite d'Elisabeth Borne, la ministre en charge des Transports, qui avait déjà dit que la question budgétaire était un élément prépondérant. De quoi soulever peut-être une légère inquiétude du côté des acteurs économiques.

Lutte finale ?

Autant dire que la tenue à Nice ce jeudi du Conseil d'Orientation des Infrastructures est l'occasion toute trouvée, en amont de la venue de ses membres et des réunions qui sont programmées, de reprendre la parole et de redire haut et fort à quel point la ligne nouvelle ne pourrait être abandonnée sans mettre à mal le développement économique régional. C'est ce qu'ont fait, via un communiqué commun, les trois CCI de PACA concernées, soit la CCIR, la CCI Marseille Provence, la CCI Nice Côte d'Azur et la CCI Var.

C'est aussi ce qu'appuie Philippe Tabarot, le vice-président régional en charge des transports et de la mobilité, expliquant que la journée du 11 janvier va permettre de présenter les problématiques des nœuds ferroviaires, ceux qui concernent Marseille et la gare Saint-Charles, Cannes/Grasse vers Sophia-Antipolis ou encore la gare multimodale de Nice Saint-Augustin qui prévoit le raccordement au tramway.

 Nœuds à défaire

Et si expliquer l'enjeu de ces nœuds est important, c'est tout simplement parce qu'il est question de saturation routière et autoroutière qu'il faut résoudre. Par effet de ricochet, c'est toute l'économie régionale qui s'en trouve impactée, le tourisme certes mais aussi et surtout le quotidien des entreprises et par extension leur réactivité et leur attractivité.

Et Philippe Tabarot de redire que PACA est "la région qui possède le moins de kilomètres de voies ferrées par habitant, celle qui cumule le plus de TER en retard ou supprimés, ces retards étant causés à 50 % par un problème de production de l'exploitant et à 50 % par des infrastructures vieillissantes". A ajouter à une ligne "qui date de 1860, ce qui est une réalité malgré les investissements déjà réalisés".

Mais surtout, la situation en PACA et le projet de Ligne Nouvelle correspondent exactement aux vœux formulés par le gouvernement qui est d'investir sur le train quotidien et les structures existantes estiment les parties prenantes. C'est cela que les acteurs économiques veulent rappeler à la commission qui sera sur place jeudi. Une commission où l'on retrouve Philippe Duron, qui la préside et qui était déjà le président de la commission Mobilité 21, Barbara Pompili ou encore le régional de l'étape, Louis Nègre.

Demande

Mais surtout ce qui est attendu, c'est la confirmation que la Ligne Nouvelle est belle et bien une priorité et qu'en conséquence, elle soit inscrite dans les priorités du Schéma national. Confirmant ainsi le calendrier qui fait état d'une Déclaration d'Utilité Publique unique d'ici 2020 pour une mise en service en... 2030.

Feue LGV, devenue Ligne Nouvelle en 2011, le projet connaîtra-t-il d'autres soubresauts ? Financièrement estimée à 7 Mds€ pour la première phase lorsque Alain Vidalies était aux manettes des Transports, le budget sera-t-il raboté ?

Réponse fin janvier avec l'annonce des projets par ordre de priorité.

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Commentaires
a écrit le 10/01/2018 à 22:16 :
Pourquoi il faut en finir avec le projet de ligne nouvelle?

Alors que le Conseil d'orientation des infrastructures se tient à Nice ce jeudi, les associations restent mobilisées contre le projet de ligne nouvelle . Depuis le débat public de 2005 ce projet avance à pas feutrés mais s'il a vraiment changé au point de correspondre à la feuille de route actuelle donnée par la ministre des transports Elisabeth BORNE. Ce projet mériterait un nouveau débat public, c'est la position actuellement défendue par des associations, un collectif, une mairie et la confédération paysanne du var en appel auprès du tribunal administratif de paris.
Ce "projet" n'est pas un projet inter-cités mais inter-métropoles, à la demande de leurs présidents. Il contredit toute projection sur la question de la proximité
En effet de longue date les opposants au projets de ligne nouvelle LGV PACA (renommée LNPCA par ses promoteurs) demandent, plutôt que des dépenses somptueuses dans un projet néfaste pour l'environnement , un investissement massif dans les infrastructures existantes, le personnel et le materiel roulant seuls à même d'augmenter les cadences


La ligne nouvelle ne pourrait être réalisée sans mettre à mal le développement économique régional. En effet le coût de cet investissement n'est pas absorbable par les collectivités locales, régionales et nationales qui devraient financer ce projet ( plus de 20 milliards pour le projet complet). Et si jamais les taux d’intérêts devaient augmenter (ce qui va forcement arriver sur la période envisagée pour financer ce projet (plus de 50 ans)) les charges d'investissement ne feraient que peser encore plus sur l'économie régionale. Et le gouffre abyssal de la dette publique sur l’économie nationale.



On entend souvent dire que les problèmes viennent de la ligne "qui date de 1860". Les retards ne sont pas dus à l'année de la création de la ligne ferroviaire qui heureusement a été rénovée depuis mais à un manque total d'investissement entre les années 60 et les années 2010 (voir étude du Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement méditerranée de septembre 2011).

le projet de Ligne Nouvelle ne correspond absolument pas aux vœux formulés par le gouvernement qui est d'investir sur le train quotidien et les structures existantes ! il est urgent de stopper ce dossier et d’arrêter de financer des études préliminaires à l’enquête d'utilité publique pour un projet qui n'est toujours pas financé alors qu'une commission de financement avait été nommée en 2009 par monsieur Borloo ministre de l’aménagement du territoire

La commission où l'on retrouve Louis Nègre président de la fédération des industries ferroviaires et Philippe Duron, qui la préside étaient déjà favorable à la LGV PACA au sein de la commission mobilité alors que c'est le projet le plus cher au kilomètre au monde jamais proposé... 186 millions d'euros au kilomètre. Nous sommes donc très inquiets sur l'autonomie de cette commission face au lobbying du béton car si c'est le projet le plus cher c'est parce qu’il comporte un nombre important d'ouvrages d'art et de tunnels. cela pose des questions sérieuses pour l'environnement : ou irons les millions de mètres cubes de déblais ? Et que deviendront les sources et rivières souterraines avec les problèmes d'approvisionnement en eau de notre région aux sécheresses de plus en plus sévères?
a écrit le 10/01/2018 à 6:56 :
Bonjour je suis président du collectif stop LGV sud sainte baume et je vous demande un droit de réponse. Un article de presse se doit d'être objectif et de présenter les alternatives. ..sinon c'est de la propagande. ..

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