Centre commerciaux vs commerces de proximité... Je t'aime, moi non plus ?

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Cap 3000 à Saint-Laurent du Var double sa surface
Cap 3000 à Saint-Laurent du Var double sa surface (Crédits : DR)
Souvent opposées, ces deux formes de commerces tentent de jouer la complémentarité plutôt que l'adversité, notamment face à la menace commune d'Internet. Stratégie pertinente ou fausse bonne idée ?

La vision manichéenne - d'un côté les David, de l'autre les Goliath - est-elle encore d'actualité ? Doit-on vraiment opposer centres commerciaux et commerces de proximité ? Non, disent les premiers, avançant avec assurance que c'est désormais l'esprit d'équipe qui prime, que l'un ne peut pas (plus ?) aller sans l'autre. D'ailleurs, les promoteurs eux-mêmes ne présentent plus un projet sans assurer que tout sera fait en amont et même après pour réfléchir en commun avec les commerces de proximité déjà installés. Cette philosophie, c'est celle qu'a appliquée le duo Socri-Unibail Rodamco, uni dans le projet Polygone Riviera. Dès la présentation du projet à la presse, il est annoncé que le dialogue avec les commerces du centre-ville est une priorité.

Une charte est même signée, preuve de bonne foi. Plus d'un an après son ouverture, Polygone Riviera continue à jouer le jeu avec les commerces de proximité. C'est en tout cas ce que défend Guillaume Creuze, son directeur, pointant la visibilité offerte aux commerçants via l'office de tourisme et via le point info situé au sein du centre, cela s'ajoutant au partenariat commercial qui inclut les commerces de proximité dans le principe de carte de fidélité ou encore ces cinq chalets consacrés aux commerçants au sein même de village de Noël qui égaye en cette fin d'année les allées du centre commercial.

Un rôle d'animation des villes

« Notre volonté commune est de créer des synergies, notre partenariat s'étoffée », insiste Guillaume Creuze.

« L'esprit de la charte est respecté », assure de son côté Jean-Michel Cloppet, le président de la Fédération des commerçants de Cagnes-sur-Mer, où est implanté le centre commercial. Pour autant, si l'écoute est au rendez-vous, la mutation du projet au fur et à mesure de son développement nourrit des regrets du côté de la Fédération, le positionnement n'étant pas forcément ce qui avait été annoncé. Il ne faut pas omettre que « dans l'activité commerciale, tout compte, y compris les TPE/PME ».

Une vision globale que partage totalement Roch-Charles Rosier, le directeur de Cap 3000, rappelant que lorsque le centre voit le jour au début des années 1970, il est entouré de... champs de coquelicots.

Depuis, tout un ensemble de commerces de proximité s'est structuré, « nos enseignes n'étant pas en concurrence frontale ».

Membre de la Fédération du commerce de Saint-Laurent-du-Var, Cap 3000 y va de sa participation financière à hauteur de 30.000 euros, ce qui permet d'organiser des opérations de promotion.

« Nous avons un vrai rôle d'animation des villes », dit Sandra Chalinet, la directrice des Terrasses du port, à Marseille, qui développe avec son propriétaire, Hammerson, une opération de soutien aux commerces de proximité, laquelle prend aussi la forme d'une aide financière pour les enseignes qui auraient besoin d'être encouragées dans leur dynamique de revitalisation. Le comité de sélection des projets soutenus inclut la Ville, la Chambre de commerce et d'industrie et la Chambre des métiers et de l'artisanat. Et un architecte pour s'assurer de la conformité avec la charte de la commune.

« On sait bien que plus les rues alentour sont dynamiques, plus c'est attractif pour tout le monde », ajoute Sandra Chalinet.

Joanna Elbaz, qui pilote le futur Prado, estime également qu'il est tout à fait capable de « créer du lien avec les commerçants de centre-ville, avec les associations, afin de saisir quels sont les besoins » dans l'offre commerciale. Ce qui fait dire à Sandra Chalinet que « la réflexion doit être globale, il faut s'accrocher au centre commercial comme on s'accroche à une locomotive, mais ne pas être contre. Nous nous nourrissons chacun de notre diversité ». Et plus que les commerces entre eux, quelle que soit leur nature, n'est-ce pas aux villes d'avoir une politique d'aménagement cohérente ?

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Commentaires
a écrit le 12/01/2018 à 14:12 :
"il faut s'accrocher au centre commercial comme on s'accroche à une locomotive, mais ne pas être contre."

C'est bien dit, il est impossible de toute façon en néolibéralisme d'attaquer des puissances financières telles que sont devenues les grandes enseignes de la distribution, on ne peut donc que faire avec.

Par contre il serait idiot d'être trop près d'elles car réflexe anthropophage oblige si les gros sentent les petits assez prés ils les bouffent automatiquement.

S'en servir oui, du moins essayer, mais les supermarchés ne seront jamais des alliés des petits commerces, aux premiers les milliards de CA aux seconds les miettes.

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