Patrice Begay : "La guerre des coqs n'aura pas lieu"

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(Crédits : PASCALINE DARGANT)
Entre la French Tech et la French Fab, pas de prise de bec ni de vol dans les plumes assure le directeur communication de Bpifrance. Mais plutôt une inspiration de l'une à l'autre. Parce que pour se (re) dynamiser, l'industrie a tout intérêt à s'inspirer de ce qu'à fait le numérique.

Désormais le célèbre coq rouge a un cousin, le coq bleu. Le premier a fait ses preuves quand le second à encore tout à prouver. Alors que le CES entame son dernier jour et que la French Tech continue d'y montrer la meilleure version d'elle-même, la French Fab, portée sur les fonts baptismaux en octobre dernier par le ministre de l'Economie, Bruno Lemaire, a pour vocation de susciter le même engouement, le même effet rassembleur version industrie. "En France, il existe des patrons ambitieux, avec des idées innovantes et non dépourvus de goût pour les technologies. Leur volonté, c'est d'installer les usines dans les territoires", constate Patrice Bégay, le directeur communication et bpifrance Excellence, l'établissement étant à la manœuvre de la labellisation. "Mais malgré tout, les investissements industriels progressent très lentement. L'industrie française n'a pas confiance en son avenir". Une filière constituée de 235 000 entreprises, employant 2,7 millions de salariés pour un chiffre d'affaires de 870 M€, soit 10 % du PIB.

Et La French Fab c'est ça, c'est "monter une industrie française, innovante, exportatrice, ouverte aux évolutions qu'apporte le digital, les technologies nouvelles et l'économie verte".

Vivacité à amplifier

Pour cela il faut que le regard évolue, afin "de consolider et pérenniser les actifs technologiques et industriels tout en se préparant au futur", rajoute Patrice Bégay. Avec un point central à peaufiner, l'attractivité chez les jeunes, ce qui passe évidemment par "la formation".

Et "la France ne manque pas d'atouts et figure en bonne position dans la course à la transition numérique de son industrie". Oui, mais comment ? En appliquant stricto sensu les recettes élaborées par la French Tech ? "Par le partage et la mise en réseau des bonnes pratiques, par l'accompagnement et le déploiement à l'international", conseille Patrice Bégay qui rappelle que l'industrie est une filière implantée sur l'ensemble du territoire, qu'elle est vivace et qu'elle est exportatrice, qu'il ne faut pas minimiser la qualité des ingénieurs et des produits, ni sa créativité.

Reboarding aussi

Cependant bpifrance ne fait pas que dire tout le bien qu'elle pense du potentiel de l'industrie. Elle a un double rôle dit Patrice Bégay. Elle doit "révéler et donner envie aux banquiers de financer et aux clients étrangers en particulier de respecter cet écosystème". Un solide premier défi. Et aussi, "faire un travail de reboarding, c'est-à-dire de réaffirmation de notre puissance et de nos forces y compris dans les domaines les plus technologiques de l'industrie". Et comme la French Tech l'a démontré, la French Fab doit rassembler des acteurs et rapprocher petites entreprises et grands groupes, ces derniers ayant "une responsabilité très importante". Bpifrance dispose justement de prêts Industrie du futur pour accompagner le mouvement. "L'usine du futur est le grand contenu mobilisateur de la French Fab comme l'industrie 4.0 l'est pour le mittelstand en Allemagne", souligne le directeur bpifrance Excellence. "French Fab c'est le nouveau nom de famille de l'industrie française".

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