Levées de fonds : 2017 performe, même si...

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(Crédits : Shute)
C'est le baromètre In Extenso qui le dit : si les tours de table ont été moins performants au quatrième trimestre, la dynamique globale annuelle est particulièrement positive. Et les entreprises, plus "matures".

Si l'on a coutume de dire que quand le bâtiment va, tout va, quand les levées de fonds sont multiples et le ticket moyen, conséquent, c'est tout autant un indicateur qui démontre du bon allant économique.

C'est ce que semble démontrer le baromètre In Extenso Innovation Croissance, entité du groupe basée à Sophia-Antipolis, qui tout en analysant les tours de tables réalisés au cours des trois derniers mois de l'année écoulée, affirme que 2017 devient une année de référence. Avec certes moins de levées réalisées - 566 en 2016 contre 506 en 2017 - pour un total pourtant plus important, à 2,655 milliards contre 2,519 un an auparavant.

Une bonne nouvelle, niveau conjoncture.

Vitalité

Que le quatrième trimestre, moins performant donc, ne vient même pas entacher.

Avec + 602 M€ enregistrés sur les trois derniers mois, contre + 1 milliard l'année précédente, on pourrait penser que les nuages pointent au pays du capital-risque. D'autant que les précédents trimestres faisait état, depuis janvier 2017, respectivement de + 813 M€ et + 602 M€, soit bien mieux que ce qui avait été réalisé sur la même période en 2016. Pour autant, il n'existe aucun motif d'inquiétude, assure Patricia Braun, associée et présidente d'In Extenso Innovation Croissance. "2017 est définitivement une très belle année, avec certes un ralentissement en fin d'année, mais dont il n'y a pas de leçon particulière à tirer. Le capital-risque est toujours dynamique pour financer les startups".

L'IT en tête

Sans surprise c'est le secteur IT et services qui performe et tient le lead, notamment sur la partie amorçage qui concentre 36 % du nombre des levées ce qui en fait la meilleure performance en volume. Les entreprises âgés de plus de 5 ans obtiennent quant à elle 40 % des montants levés avec un ticket moyen atteignant 14 M€.

Tout autant attractifs, les logiciels et composants ont cumulé 4,70 M€ contre 3,83 M€ en 2016, soit 51 % des montants levés.

"Le segment qui marque une hausse en nombre - +11 % - est celle des Sciences du vivant", note Patricia Braun. De fait, le montant global obtenu est moindre mais les levées culminent à 61 contre 55 en 2016. "Le capital-risque ne financera pas ce segment, cependant les innovations portées par les startups peuvent viser à terme l'introduction en Bourse", analyse Patricia Braun.

S'emparer des tendances

Plus globalement, Patricia Braun estime que les startups qui lèvent sont également plus matures, une composante à prendre en compte, ne serait-ce que parce que les dispositifs d'accompagnement, "professionnalisent" le conseil. "Il faut poursuivre, détecter peut-être plus tôt les jeunes entreprises innovantes et les faire émerger".

Et de poursuivre pour dire que c'est aussi à l'écosystème "de s'imprégner des tendances, d'anticiper les levées, de travailler sur l'ingénierie financière car en fonction de l'environnement concurrentiel, le timing est essentiel".

PACA : presque du pareil au même

En Provence Alpes Côte d'Azur, 2017 semble aussi avoir été tout sauf une annus horribilis, le ticket moyen montant à 5,32 M€ alors qu'il atteignait 3,65 M€ l'année précédente alors que le nombre de levées est moindre. Avec deux places fortes en terme d'innovation que sont Sophia-Antipolis et Aix-Marseille, PACA se défend bien et arrive même sur la troisième marche du podium des régions pour ce qui concerne le montant total des levées, soit 132,5 M€. Parmi les entreprises répertoriées pour leur tour de table, figurent sans surprise donc celles des secteurs des logiciels, de l'internet et des services et des sciences du vivant. C'est Platinium Group, l'entreprise installée à Monaco qui a développé un service de billetterie en ligne clés en main, qui truste le haut du classement des levées concrétisées avec 35 M€ recueillis. Puis suivent la biotech Imcheck Therapeutics et la fintech Linxo, toutes deux ayant réuni 20 M€ et installées respectivement à Marseille et Aix-en-Provence. La niçoise Vulog, centrée sur le carsharing suit de près avec 17,5 M€. Idéol et son éolienne flottante prennent la 5ème position du classement grâce aux 8 M€ finalisés. Avec 115 % d'augmentation des montants consentis, c'est le secteur des logiciels et composants qui a le plus intéressé les investisseurs, a contratio les sciences de l'ingénieur étant en retrait de 86 %. "L'écosystème bouge", reconnaît Patricia Braun, "mais nous aimerions qu'il soit plus dynamique encore en région".

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