Qui est Eric Garandeau, le "soldat" qui doit sauver La Victorine ?

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(Crédits : DR)
L'ancien président du CNC, passé du côté militaire entre temps, va avoir la charge de définir les orientations stratégiques qui doivent mener à la nouvelle feuille de route des mythiques studios de cinéma basés à Nice, repris en régie par la Ville.

C'est Christian Estrosi lui-même qui l'a annoncé ce matin en conseil municipal : le prédécesseur de Frédérique Bredin à la présidence de la CNC a désormais la mission de définir les axes stratégiques qui doivent mener au renouveau de La Victorine.

Deux en un

Revenus dans le giron municipal depuis le moins de novembre dernier, les studios - mythiques pour les tournages qui s'y sont déroulés comme Les Enfants du paradis, Le Viager ou La Nuit américaine - vont surtout devoir se refaire une beauté et une santé.

Une beauté car Christian Estrosi n'a eu cesse de le répéter, "son évolution ces dernières années n'est sans nul doute pas à la hauteur des attentes". Passé dans le giron de la société Studios Riviera, filiale à 100 % d'Euromedia Group via un contrat de concession La Victorine était devenue, par la même occasion, Studios Riviera.

Et c'est surtout une santé que les Studios doivent se refaire. Car si des investissements n'ont pas été faits, par effet de domino, c'est aussi l'activité qui n'a pas été à la hauteur du potentiel dont dispose le lieu.

Et c'est bien cela qui va consister l'essentiel de la feuille de route que va définir Eric Garandeau.

Le choix du multiple

Et le choix d'Eric Garandeau s'explique sans doute par son parcours multidisciplinaire. Car outre avoir assumé la présidence du Centre national du cinéma, cet inspecteur des finances publiques, passé par l'ENA, a été vice-président du conseil d'administration du festival de Cannes de 2011 à 2013 (le temps de sa présidence au CNC) après avoir été le conseiller culturel de Nicolas Sarkozy alors président de la République. Il supervise d'ailleurs durant cette période, la réalisation de plusieurs outils culturels dont le Louvre-Lens, la rénovation du Palais de Tokyo ou le MuCEM à Marseille.

Après le CNC, durant une année, de 2014 à 2015, il est conseiller du groupe Kering, ce qui donne notamment naissance au partenariat du groupe avec le Festival de Cannes. En 2015, il brigue la présidence de France Télévisions mais le CSA préférera Delphine Ernotte.

Cependant, le culturel et les medias ne sont pas les seuls centres d'intérêt d'Eric Garandeau qui a par ailleurs créé un ensemble musical en 2004. Le monde militaire et du renseignement figurent aussi parmi ses centres d'intérêt, sans doute moins connus. Réserviste, il est à l'origine de la création d'une mission cinéma au sein du ministère de la Défense et initie l'Intelligence Campus, dont la vocation est de créer un écosystème mêlant les mondes civil et militaire sur le traitement des données.

Le voici donc désormais avec une charge qui n'est pas anodine. Car il ne s'agit pas uniquement que de redonner sa splendeur aux studios niçois. Le sujet des industries créatives, qui dispose de son propre pôle, PRIMI, est un vrai axe de développement économique pour le territoire. Le cinéma est en effet un vecteur chouchouté par la Commission du Film Alpes Maritimes Côte d'Azur et les résultats des tournages l'an dernier font état de 9 longs-métrages cinéma, 1 téléfilm et 3 séries. On dénombre près de 500 techniciens et 300 figurants... Cannes, sa voisine, développe son potentiel cinématographique également et travaille à des structures d'accueil de compétences.

Mais il n'y a pas que la Côte d'Azur sur la carte des industries créatives, il y a aussi Marseille qui multiplie les projets, dispose de plusieurs studios et travaille sur un projet de backlot. Les défis sont donc pluriel. Et évidents.

Christian Estrosi a déjà dit que la réflexion porterait sur les enjeux de modernisation et de diversification. L'innovation aussi sera évidemment prise en compte.

A Eric Garandeau désormais de travailler avec les équipes de la Ville. Et de préparer le renouveau de La Victorine, au moment même où les studios souffleront leur 100ème bougie...

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Commentaires
a écrit le 13/02/2018 à 10:09 :
Article fort intéressant.
Une petite précision tout de même. Il y a effectivement 500 techniciens, 300 figurants même plus. Et il y a aussi de nombreux comédiens sur toute la région PACA qui décrochent régulièrement des rôles sur les films et téléfilms tournés dans notre région.

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