La communication, une profession en danger ?

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(Crédits : Fotolia)
Un secteur qui compte beaucoup d’appelés... mais peu d’élus dès lors qu’il s’agit de décrocher un appel d’offres. C’est avec dans l’esprit les bouleversements subis par sa profession, aujourd’hui plus que jamais sous le feu des concurrences, que Rémi Vicente vient de prendre la présidence du syndicat professionnel UCC Med. Avec des défis multiples à relever.

C'est le nouveau chef de file de l'Union des conseils en communication de Méditerranée. Rémi Vicente, cofondateur de l'agence vauclusienne Arôme et directeur associé aux côtés de Delphine Goyon, succède en effet dans la fonction à Sam Cordier, de l'agence Pro Direct. Et la tâche de président n'est pas mince, puisqu'il s'agit ni plus ni moins, entre autres missions, que de défendre et de valoriser une profession bien mise à mal aujourd'hui. "La communication, c'est une série de métiers qui souffrent, car devenus très compétitifs. Pour le comprendre, il faut partir du constat que notre profession est non régulée. En théorie, tout un chacun peut ouvrir une agence de communication. Ce qui entraîne un foisonnement des acteurs, une multiplicité de personnes formées, bien plus que ce que le marché peut en absorber, et de fait, de moins en moins de travail", explique le nouveau président. Une concurrence entraînant forcément la pratique par certains acteurs d'une politique de l'offre moins-disante. "Et cela donne une élasticité de prix dans les appels d'offres allant de 1 à 8... De façon générale, depuis 10 ans, les tarifs ont baissé de 30 %. La profession est donc en danger".

Professionnels peu sérieux et échaudant les annonceurs, métier non régulé... mais pouvant se définir aussi comme invisible, puisque les prospects éventuels ne perçoivent pas toujours l'intérêt de faire appel à une agence de communication. "Certains pensent parfois que choisir un logo sur une banque d'images suffit à l'affaire, se contentent d'outils tels que Wix pour réaliser eux-mêmes leur site internet... Après coup, ils reviennent toutefois vers nous et réalisent que nous avons une réelle valeur ajoutée. Les agences de communication vendent bel et bien des idées !" Sensibiliser les annonceurs à cette réalité et faire œuvre d'accompagnement, c'est l'une des missions du syndicat professionnel, créé en 1976.

Passer le cap de la transformation digitale

Mais l'UCC Med a aussi fort à faire face à la transformation digitale qui bouscule forcément le secteur. Nouvelles pratiques, contenus publicitaires qui changent et investissent à présent le  smartphone...  Prendre le train du numérique et ne pas rester sur le bord de la voie se pose donc comme un véritable enjeu. C'est l'une des priorités établies par Rémi Vicente, qui évoque la nécessité de "se positionner davantage sur la formation pour accompagner les agences dans cette transformation digitale et renforcer leur expertise. Il s'agit notamment de les familiariser à des métiers émergents, tel celui de community manager". De fait, il entend conforter le volet animation, "développer la cohésion entre les écoles de communication, les acteurs de la formation, les agences de communication et les annonceurs". Autre priorité, la mise en place "d'une offre de service plus complète à destination de nos adhérents. Il s'agit concrètement de leur faire bénéficier de tarifs préférentiels relatifs à une gamme étoffée de prestations, de l'assurance aux banques d'images en passant par la location de véhicules"... Enfin, il est question d'accroître la visibilité du syndicat, tant en déployant sa représentativité départementale au niveau des unions patronales-Medef de Provence -Alpes Côte d'Azur et d'Occitanie qu'en atteignant une taille critique en termes d'adhérents. Pour l'heure, l'UCC Med, c'est 4 délégations basées à Marseille, Nice, Montpellier, ainsi que Toulouse depuis 2017 (naissance de la région Occitanie oblige... Un changement de dénomination s'envisage ainsi pour le syndicat patronal, la mention Méditerranée étant appelée sans doute à disparaître). Elle représente 80 agences, 1 300 emplois et réalise un chiffre d'affaires de 150 M€.

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