Bruno Georgelin : "Notre stratégie de hub est puissante"

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(Crédits : DR)
Connecter le territoire au monde, s'inscrire dans les besoins économiques tout en déployant l'esprit et la politique maison, la mission de la compagnie aérienne en Provence Alpes Côte d'Azur est multiple, engagée aussi, dit le directeur régional d'Air France.

La Tribune - Quels sont les principaux défis d'Air France ?

Bruno Georgelin - Le cœur de notre stratégie, c'est le hub. Les défis c'est donc de défendre, renforcer notre hub avec nos marques principales, Transavia, Joon, Air France/KLM et notre filiale Hop ! qui se déploie sur le point à point. Notre stratégie a évolué d'ailleurs, aujourd'hui nous pouvons ouvrir une ligne et voir ce que cela donne comme résultats. Mais notre stratégie de hub demeure et elle est puissante. Pour connecter Marseille au reste du monde, il n'y a pas mieux qu'Air France. Cependant, je ne comprends pas l'obsession des autorités à vouloir développer des vols directs au départ de Marseille. Nous remplissons l'équivalent d'un 747 quotidien pour les Etats-Unis mais les passagers sont en provenance de différents endroits, avec parfois une connexion à Amsterdam ou Paris. Nous offrons au client une flexibilité maximum. Le système actuel est le meilleur existant et il va le rester pour un moment. Nos partenaires font aussi partie de la stratégie. Nous essayons de les convaincre de choisir un aéroport français plutôt que d'aller ailleurs en Europe.

Comment prenez-vous en compte les besoins des acteurs économiques locaux ?

4 000 entreprises sont clientes d'Air France. Bien sûr, nous sommes à l'écoute des besoins. Concernant le développement régional l'idéal est de travailler avec un partenaire. Aujourd'hui, notre stratégie n'est pas tournée vers l'Afrique et la Méditerranée depuis Marseille. Air France représente 1/3 de l'activité de l'aéroport Marseille Provence en terme de passagers. Grâce aux lignes le reliant avec Lille et Strasbourg, via Hop !, ainsi que l'ouverture en mars prochain d'une liaison avec CDG, l'aéroport de Toulon-Hyères va exister sur la carte du monde. Nos accords avec Monacair (société d'hélicoptères NDLR) nous permettent par exemple d'offrir à nos clients ayant besoin de ce service, l'enregistrement de bout en bout. Cela est aussi un axe de développement pour Air France. Nous devons nous battre sur le front du service et des prix. Nous avons l'ambition mondiale d'être leader en confort. Les clients peuvent trouver chez Air France le rapport qualité/prix qui convient aux différents segments. Pour ce qui concerne les prix, nous devons travailler sur nos structures de coûts. La compagnie investit dans le personnel à bord et au sol. Il ne faut pas oublier que 3 800 personnes travaillent dans nos centres de service.

L'aéroport Nice Côte d'Azur pourrait-il être, à terme, devenir une base Transavia ?

Il n'y a pas de projet en ce sens. Transavia se développe déjà sur nos autres aéroports.

Quelle place accordez-vous au digital ?

Le digital représente 20 % des ventes en France. C'est un canal que nous utilisons pour personnaliser nos offres, pour rendre service aux clients. Le paiement via Messenger est rendu possible cette année. Le digital sert le client mais il permet aussi de rendre des opérations plus fluides, davantage customer friendly, améliorer nos processus et gagner en productivité. Rendre le groupe plus digital est un axe stratégique majeur. Dans cette région, notre site de Valbonne Sophia-Antipolis qui concentre notre centre informatique avec plus d'un milliers de personnes qui construisent notre avance en terme digital. Provence Alpes Côte d'Azur est une région importante de par les plateformes de Nice, Marseille et Toulon, sans oublier la Corse. 3 600 salariés sont basés ici, provoquant 38 000 emplois induits. Air France en Provence Alpes Côte d'Azur c'est aussi 383 M€ injectés dans l'économie locale. La région représente pour la compagnie le deuxième bassin d'emplois après l'Île de France.

On évoque souvent la question du dernier kilomètre, du service à apporter au passager, à sa sortie de l'aéroport. Regardez-vous ce que proposent notamment les startups sur ce sujet ?

Nous regardons tout cela attentivement. Déjà avec Joon, l'offre est à 360° et permet par exemple de louer sa voiture pendant son absence. Nous sommes davantage positionnés sur l'expérience client que sur la vente de billets.

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