Aix-Marseille French Tech, le changement et la continuité ?

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(Crédits : DR)
Alors que le renouvellement du label est prévu pour le mois de juin, c'est un autre renouvellement qui fait l'actualité dans le monde des startups et l'écosystème : celui de la gouvernance qui l'anime.

En novembre dernier, la candidature de Pascal Lorne à la présidence d'Aix-Marseille French Tech (AMFT ) avait surpris tout autant qu'elle avait laissé peu indifférent ce que l'on nomme globalement l'écosystème. Comprendre startups, entreprises, décideurs économiques et politiques.

La volonté du fondateur de l'entreprise de travail temporaire GoJob était alors disait-il de "participer à faire rayonner encore davantage le territoire à l'international et servir mieux l'innovation". Louable. Et pour appuyer, Pascal Lorne de mettre en avant sa capacité à faire venir investisseurs étrangers et intérêts internationaux. Du côté de Medinsoft, l'association à qui avait été confiée l'animation du label dès son obtention en 2014, on prenait note soulignant, notamment par la voix de Stéphane Soto, son Directeur général - et de fait directeur général d'Aix-Marseille French Tech - que ce serait au comité des financeurs de prendre une décision après audition des candidatures.

Un AMI, un grand oral et quelques réunions plus tard - près de 4 mois - un courrier de Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille et président d'Aix-Marseille Provence officialisait ce 1er mars la désignation du collectif mené par Pascal Lorne, baptisée Aix Marseille 2.0 comme nouvel animateur du label.

Pourquoi ?

Les raisons avancées par le Président d'Aix-Marseille Provence pour expliquer ce choix s'appuient, dit le courrier, justement sur une feuille de route métropolitaine qui oblige à "revoir nos ambitions à la hausse". Donc plus d'international - "nous devenons un carrefour mondial de l'innovation entre Europe et Afrique" - plus de visibilité - "le portage par le collectif Aix-Marseille 2.0 permettra de passer à un cran supérieur pour le développement et le rayonnement de notre écosystème".

Mais ce que dit aussi le courrier signé par Jean-Claude Gaudin, c'est que le collectif désigné doit s'appuyer sur "l'actif et les talents de Medinsoft" et que cela doit passer par "le rapprochement au sein d'une même structure portant le nom d'Aix-Marseille French Tech". Le changement oui, la continuité aussi.

Et maintenant ?

Un communiqué publié par Pascal Lorne ce 9 mars officialise le changement de présidence. Joint par La Tribune, l'entrepreneur marseillais annonce le nouveau collectif être déjà en mode opérationnel. Autour de lui, se sont fédérés une dizaine d'entrepreneurs dont Patrick Siri et Bertrand Bigay, les deux fondateurs de l'accélérateur P.Factory, Laurent Baly le président de la SATT Sud-Est, Marc Schillaci, le président du directoire d'Oxatis, Olivier Mathiot, le co-fondateur de Priceminister, Cyril Zimmerman le président d'Acsel, Lionel Minassian le vice-président de thecamp ou encore Reza Malekzadeh, le président de French Tech Silicon Valley.

Soit un ensemble, s'amuse à souligner Pascal Lorne de "39 entreprises créées, 47 filiales à l'étranger, 143 levées de fonds menées pour 290 M€ le tout représentant au cours des dix dernières années 2 170 emplois créés".

Comment ?

"Nous voulons une gouvernance équilibrée", assure le nouveau président qui a fait part, dans un courrier adressé ce même 9 mars à André Jeannerot de la mise à disposition de deux postes pour Medinsoft au sein du nouveau collectif. Ainsi Stéphane Soto et André Jeannerot siègeraient l'un au sein du collège "Structures d'accompagnement", l'autre au sein du collège "Personnes qualifiées".

Le recrutement d'un directeur général est en cours et la mission a été confiée à Cyril Zimmerman. "Je n'ai pas vocation à rester longtemps à la présidence. Je n'en fait pas un strapontin électoral" annonce Pascal Lorne. Il est prévu que la présidence s'étende sur un mandat d'un an renouvelable une fois.

Des événements devraient rythmer l'année, essentiellement tournés vers l'international pour être dans la lignée de ce qui est demandé par le comité des financeurs. Un comité qui outre Aix-Marseille Provence, compte également la CCI Marseille Provence, la Ville d'Aix-en-Provence et la Ville de Marseille. Le Grand Opening qui rassemble chaque mois de septembre 1 800 personnes en une soirée ainsi que les French Tech Weeks devraient perdurer. "Nous n'avons pas vocation à tout changer". Ni même à devenir un incubateur. Car le nouveau collectif annonce s'appuyer sur Aix-Marseille Université, Marseille Innovation, les pépinières du pays d'Aix, l'incubateur Belle-de-Mai. "Notre idée est d'aider ceux qui font plutôt que de faire à leur place". Et d'être capable de s'appuyer tout autant sur des structures comme Partech Ventures, Isai, France Digitale, Breega Capital, et cela toujours "grâce aux entrepreneurs qui se sont engagés".

Joint également par La Tribune, Stéphane Soto, le directeur général de Médinsoft se refuse pour le moment à tout commentaire.

Le sujet n'est sans doute pas totalement clos...

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