La Cecaz et le principe de l'innovation perpétuelle

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(Crédits : DR)
Après Luxury Properties et l'immobilier de luxe, la Caisse d'Epargne Côte d'Azur a identifié d'autres secteurs pour constituer des relais de croissance. Nautisme et montagne notamment vont être adressés dès cette année. Sans omettre ce que l'IA permet aussi.

Un PNB en hausse de près de 5 %, plus de 12 Mds€ de crédit distribués, un résultat net comptable qui atteint 83,3 M€ alors qu'il était de 43 M€ trois ans plus tôt... Le bilan de l'année 2017 est bon et "c'est une performance qui n'est pas assise que sur la maîtrise des coûts", dit Christophe Pinault, le président du directoire. "Doubler le résultat net n'est pas anecdotique, il faut aller chercher des relais de croissance, des activités nouvelles". Et c'est justement ce sur quoi veut appuyer l'établissement bancaire basé à Nice et rayonnant en Côte d'Azur. Cela relève même totalement de la stratégie.

Christophe Pinault le dit - souvent -, le répète - encore - le métier évolue, les plans stratégiques de la banque d'ailleurs ne s'étalent plus sur 4 ans mais sur 3 - la faute à l'accélération qui bouleverse les timings - la concurrence qui arrive - d'Orange Bank à d'autres opérateurs pure players - sont toujours des challenges. "Nous devons regarder ce qui se fait ailleurs, nous devons en inspirer", assure Christophe Pinault. "A chaque diversification, nous devons être très bons".

(S)'inspirer

La diversification, c'est exactement cela qui porte la croissance de la Caisse d'Epargne Côte d'Azur. C'est Christophe Pinault qui y a vu une démarche nécessaire dans un monde du monde bancaire qui change, entre nouvelles habitudes de consommation bouleversant le rapport à la banque et aussi parce qu'il faut "lever le nez et regarder ce qui se fait sur le territoire".

C'est comme cela par exemple qu'est née qu'est Luxury Properties. Une offre de financement BtoB et BtoC destinée à l'immobilier d'exception. Avec la vocation de mieux rendre visible l'expertise de banque. Alors que s'entame la seconde année et qu'une représentation va s'ouvrir à Londres, ce sont 80 projets qui ont été financés pour 100 M€ de crédit. Dans le même esprit, Vitibanque, l'offre structurée pour les viticulteurs, initiée en 2017 dans le Var, porte de fortes ambitions, d'autant que la viticulture est un marché déjà adressé par d'autres établissements bancaires. Les premiers mois d'activités font état de 70 entrées en relation.

La diversification ça vous gagne !

Et sur ce chapitre, la diversification va continuer d'être la meilleure façon d'activer des relais de croissance. Ainsi c'est le nautisme, le tourisme et la montagne qui feront l'objet cette année d'une offre structurée, sur le même modèle déjà développé pour l'immobilier de luxe ou la viticulture. "Pour la filière nautique, l'idée est d'être capable d'avoir une présence sur la totalité de la filière depuis la construction jusqu'à l'accastillage". C'est aussi s'intéresser aux infrastructures. Et savoir s'allier quand il le faut. Ainsi pour adresser le secteur de la montagne, la Cecaz s'appuie sur sa consœur d'Auvergne-Rhône Alpes quand la convention signée avec la Fédération de ski devrait aussi apporter une compétence utile.

"Nous ne mettons pas les moyens avant les résultats", explique Christophe Pinault. "Pour le moment, nous ne nous sommes pas trompés, mais nous revendiquons le droit à l'erreur".

Ce choix de diversification a par ailleurs un autre avantage selon le président du directoire. Celui de fidéliser les collaborateurs. "Aujourd'hui, le collaborateur peut vivre plusieurs vies dans une même entreprise. Nous réorientons nos ressources sur les métiers d'expertise". Ou comment faire émerger en interne des compétences méconnues mais utiles.

Les startups aussi

Et parce que le digital est évidemment l'autre branche de l'innovation, sur le sujet la Caisse d'Epargne Côte d'Azur poursuit aussi ce qu'elle a entrepris, c'est-à-dire la Digital Academy et son accompagnement des startups. 18 jeunes pousses du territoire ont été accompagnées depuis deux ans et 22 dossiers ont été adressés à des fonds d'investissements générant des tickets allant de 50 K€ à 200 K€. 2018 sera peut-être l'année de l'avènement de "Mon génie dans la poche", une application gratuite (pour l'heure) mais surtout un assistant personnel malin grâce à l'intelligence artificielle, capable d'indiquer les bonnes adresses, commander un billet d'avion ou satisfaire tout autre demande.

"Nous voulons le digital et l'innovation. Mais combiner aussi cela intelligemment avec l'humain" insiste Christophe Piinault. Le challenge réside sûrement dans cette délicate mais indispensable équation.

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