A Marseille, Euroméditerranée passe à la vitesse supérieure

 |   |  763  mots
(Crédits : DR)
C'est par là que tout a commencé et c'est ici que tout continue. Avec sa seconde phase, l'opération d'intérêt national veut pousser plus loin les frontières, non seulement d'aménagement mais aussi de réflexion urbaine et sociétale.

Vitrine du renouveau de la cité phocéenne, Euroméditerranée a depuis vingt ans mis les pieds dans le plat de la rénovation urbaine de la deuxième ville de France. Si désormais tous s'accordent à trouver que son nouveau visage sied bien à Marseille, ce n'est pas pour autant aisé d'en redessiner les contours. Pourtant en 1995, lorsque l'opération d'intérêt national (OIN) voit le jour, son ambition est bien celle-ci : replacer Marseille en course dans le peloton de tête des métropoles européennes qui comptent. Deux décennies plus tard, les projets sont devenus réalité, tout au moins ceux de la phase 1. La Joliette avec ses Docks, son Coeur Méditerranée, son hôtel Golden Tulip et sa tour La Marseillaise bientôt achevée font désormais partie intégrante du paysage, un peu comme s'ils avaient toujours été là, alors que cela a pris du temps, demandé de la patience... pour que ce périmètre signe le renouveau de la ville. L'enjeu d'Euroméditerrannée est justement celui de la reconquête des espaces. Pour cela, il faut essayer de deviner ce que seront les habitudes de vies. En cela, Smartseille est l'un des derniers exemples aboutis. Porté par Eiffage, celui que l'on a longtemps appelé l'îlot Allar a rapidement pris le pari d'être un écoquartier quand ce n'était qu'une tendance émergente. De fait, la réflexion a été menée très en amont, Eiffage donnant, sans jeu de mots, les clés de la réflexion à sa cellule de R & D Phosphore, appuyant la volonté d'Euroméditerranée d'innover. Présenté comme un démonstrateur du futur, Smartseille a par exemple intégré dans sa conception des logements la pièce nomade, une pièce pouvant être utilisée au fur et à mesure des besoins ou des parcours de vie, que ce soit accueillir un parent, voir partir un enfant, en passant par le nomadisme professionnel. Cette pièce « en plus » est, en 2018, intégrée dans beaucoup de nouveaux projets. Elle a également pensé à une conciergerie associative, chargée de rendre différents services et d'animer la communauté, une approche qui n'est désormais plus réservée aux résidences de haut standing mais qui fait partie des nouvelles façons de penser l'habitat.

Repousser les frontières

Avec la phase 2, Euroméditerranée reprend son bâton de pèlerin. Et déroule sa vision d'une nouvelle manière de penser et de construire, innovante dans le sens sociétal du terme. Longtemps délaissé mais en pleine reconstruction au propre comme au figuré, le secteur du quartier Saint-Charles et de la porte d'Aix sert de décor au futur Campus urbain. Un lieu évidemment destiné à la jeunesse, mêlant parc, logements, résidence étudiante et tiers-lieux... qui s'installent à l'endroit même de l'ancien échangeur autoroutier. Il va surtout constituer le coeur d'un maillage qui met à proximité les différents pôles universitaires et des établissements privés. 5 000 étudiants pourraient y graviter à terme. Euroméditerranée défend sur ce projet l'idée d'une création de liens servant l'ensemble de la population et le fait de ne plus cantonner chacun dans ses espaces cloisonnés. Et c'est ce qu'elle fait aussi plus au nord, où elle repousse son périmètre.

Hugues Parant, le directeur général de l'EPA [Établissement public d'aménagement, Ndlr] a été clair, Les Fabriques - anciennement appelées îlot XXL - doivent aller plus loin que Smartseille. Cet écoquartier est lui aussi issu d'une concertation, entre l'aménageur et Bouygues, via ses filiales LinkCity et Urbanera cette fois-ci, et il est question de véritablement changer les habitudes et la réputation du lieu - qui s'étend sur 14 hectares - en faisant revenir les habitants et les usagers. Ainsi, le brainstorming sur le projet a porté sur les usages, à ce qui pourrait attirer - et faire rester surtout - les populations visées, c'est-à-dire les jeunes actifs et les étudiants notamment. D'où cette fabrique urbaine, baptisée « Ici Marseille », qui contribuera à rassembler une communauté de makers, des artisans issus de l'artisanat d'art ou traditionnel, des designers et des startups, ayant à profit un espace de 3 000 mètres carrés où il sera de bon ton d'échanger, de pouvoir prototyper, partager des outils 3D, coworker... Un exemple de mixités à suivre ? « Je suis convaincue que tout se passera ici, affirme Laure-Agnès Caradec, qui préside l'EPA Euroméditerranée. C'est le lieu de l'hypermodernité. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :