Faut-il un statut pour les CCI métropolitaines ?

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(Crédits : DR)
Pour Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI Marseille Provence, la réponse est oui. Au point d'envoyer un courrier, co-signé par Jean-Claude Gaudin, adressé au président de la République. Le principal argument ? La proximité des chambres consulaires avec le tissu entreprenarial local et leur capacité à répondre aux demandes d'implantations des entreprises exogènes.

C'est le nouveau cheval de bataille du président de la CCI Marseille Provence : faire que l'Etat crée un statut spécifique pour les CCI métropolitaines. L'enjeu c'est le succès des investissements venus d'ailleurs argumente Jean-Luc Chauvin. Et comme le MIPIM battait son plein ces 3 derniers jours c'est à Cannes qu'il a lancé le sujet. Pour ne pas dire une mini-polémique.

Proximité

Car si sur le papier - et dans le courrier adressé à Emmanuel Macron - il est question d'expliquer que les CCI sont proches du terrain et les premières interlocutrices, avec les Métropoles, des entreprises désireuses de s'installer sur le territoire, la vraie pierre d'achoppement, c'est la compétence économique dévolue par la loi NOTRe aux régions et la création pour la Région Sud d'un guichet unique à l'export, baptisé Team Sud. Un guichet qui se fait avec l'apport de Business France. En clair et plus largement, les CCI métropolitaines et leurs métropoles estiment être dépourvues d'une capacité à agir qui jusqu'alors fonctionne bien.

Le courrier co-signé par le président de la CCI MP et par celui d'Aix-Marseille Provence, de rappeler que les deux institutions sont unies via une convention cadre, que la chambre consulaire "constitue notre agence de développement économique, mettant en œuvre de manière opérationnelle la stratégie métropolitaine, au plus près du terrain et des entreprises". Cela va donc de l'accueil in situ aux missions économiques dans divers pays. Et d'ajouter que l'union se fait aussi au sein de l'agence de développement économique Provence Promotion. "C'est depuis le niveau métropolitain que nous sommes en mesure d'identifier la startup dont le concept est susceptible de se vendre sur les salons étrangers, la PME pouvant devenir primo-exportatrice, la PMI pouvant lever des fonds ou nouer des partenariats industriels".

Le statut, le statut !

Bref, autant d'arguments présentés comme plaidant pour la cause : la création d'un statut propre pour les CCI métropolitaines. Le sujet ne déplaît pas à Jean Vaylet, président de la CCI de Grenoble et vice-président de la CCI de Région Auvergne-Rhône-Alpes et à Thierry Dumas, le vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse. A Cannes, ils ont écouté Jean-Luc Chauvin et dit aussi ce qui les préoccupe. Dans la Ville Rose par exemple, "nous avons une grande métropole et un hinterland. Il faut profiter de l'énergie des métropoles pour faire ruisseler dans l'hinterland", plaide Thierry Dumas. "Auvergne-Rhône-Alpes dispose de 5 métropoles. Qui prend le pilotage économique ? Nous sommes là pour simplifier, c'est ce que recherchent les entreprises", ajoute Jean Vaylet qui rappelle la théorie du lotissement selon laquelle par exemple la haie mal entretenue d'un seul habitant peut sensiblement faire chuter la valeur de l'ensemble. "Une métropole ne peut pas vivre avec une politique d'oasis", renchérit Thierry Dumas.

"Une métropole est un outil de travail, elle ne peut pas rester en vase clos" estime Jean-Luc Chauvin. "Il faut des CCI territoriales de plein exercice avec qui nous avons un socle commun. En revanche, certains sujets pour les entreprises sont régionaux. Il faut une mutualisation comme dans une holding".

Des arguments suffisamment solides pour être entendus au sommet de l'Etat ?

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Commentaires
a écrit le 17/03/2018 à 15:34 :
Les CCI, ces citadelles de fonctionnaires surpayés, un directeur général gagnant facilement plus de 9000 euros net par mois et des chefs de service à 6000 euros par mois. Les CCI ce sont les copinages, les Présidences qui se gèrent entre elles, les "fraternelles", les postes créés sur mesure pour le fils ou la fille d’un ami d’un élu de la CCI …
On comprend mieux la volonté de ces présidents et vice présidents de vouloir instaurer un statut particulier à ces CCI métropole obèses, statut qui sera destiné en priorité à sanctuariser des pratiques et salaires d’une ancienne époque. Quand ces mêmes présidents ont en plus pour certains multiplié par 3 leur indemnité avec rétroactivité …
On rappellera que moins de 10% des chefs d’entreprise vote aux élections des CCI, et ce depuis 30 ans, donc avec un taux d’abstention de 90%, la légitimité est nulle pour ces pachydermes administratifs que sont les CCI et leur revendication est tout a fait improbable. On passera aussi sur le fait que plusieurs CCI, notamment la CCI Grenoble, n'avaient pas payé les cotisations obligatoires pour la retraite complémentaire ( à verser à l'ARRCO) de leurs cadres en infraction avec les dispositions légales depuis de nombreuses années :

Le premier cas, celui de la CCI Grenoble, a été repéré à la lumière de la préparation d'une récente la Commission Paritaire Nationale (29/06/2015) qui a dû mettre en oeuvre la demande de la caisse ARRCO d'harmoniser les taux appliqués dans les CCI : surprise de taille si certaines CCI se sont montrées généreuses avec leurs salariés, la CCI GRENOBLE s'est "dispensée " de respecter l'obligation minimum ! . Les autres cas de CCI ne payant pas ces cotisations, en toute infraction, sont en cours d'instruction par notre syndicat, notamment le cas de la CCI Marseille Provence.

La CCI Grenoble n'a jamais payé les cotisations obligatoires depuis 1999 jusqu'en fin 2012 privant délibérement ses cadres de leurs droits pour une partie conséquente des points ARRCO qui constitueront leur droit à retraite complémentaire.

Puis, à l'occasion du transfert du Personnel de la CCI GRENOBLE à la CCI Région Rhône Alpes, en début 2013, la CCI Rhône alpes ( qui est en règle pour les autres CCI territoriales et s'acquitte des cotisations dues à l'ARRCO / HUMANIS) a modifié le paramétrage général de la paye des salariés de la CCI GRENOBLE qui ne voulait pas payer cette cotisation obligatoire, s'associant ainsi à sa CCI Territoriale de GRENOBLE dans la violation des droits des cadres.

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