La démonstration chiffrée de la CCI Nice Côte d'Azur

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(Crédits : CC0 Public Domain)
En faisant appel au cabinet Goodwill Management, la chambre de commerce et d'industrie niçoise a voulu (dé)montrer que son poids dans l'économie azuréenne pèse plus que pensé. Un pied de nez aussi à l'Etat qui coupe dans les dotations à tout va.

Les chiffres, c'est le support. Mais leur interprétation et leur analyse, c'est le vrai fond du sujet. Délivrés par le cabinet spécialisé dans la mesure du capital immatériel, Goodwill Management, ils apportent une pierre à l'édifice de ceux qui défendent le rôle des CCI et une pierre dans le jardin de ceux qui estiment que les chambres consulaires ne servent à rien.

De fait, arrivé à la présidence dans un contexte de sérieuses coupes budgétaires - et cela ne s'est pas arrangé depuis - Jean-Pierre Savarino a voulu, preuves chiffrées à l'appui, démontrer quel est l'impact réel de la CCI Nice Côte d'Azur sur son environnement. Faire comme fait tout bon chef d'entreprise : disposer d'un tableau de bord qui serve d'outil de pilotage.

Appuyé sur une méthode inspirée des travaux de Wassily Leontieff, le prix Nobel d'Economie 1973, Goodwill Management a ainsi établi que l'empreinte socio-économique élargie de la CCI NCA s'élève à 1,7 Mds €, jouant avec un effet multiplicateur de 12 par rapport à ses propres ressources et concernant 15 000 emplois.

Des ressources qui s'établissent à 142 M€ et qui montrent qu'outre ce qui relève strictement de son cœur de métier comme l'appui aux entreprises, la gestion des ports, les centres de formation et le PAL, le parc d'activités logistiques - un ensemble qui représente 99 M€ - il y aussi tout ce qui concerne ses participations : celles dans Aéroports de la Côte d'Azur, dans le Symisa, le syndicat mixte de Sophia-Antipolis, dans la Commission du film Côte d'Azur, dans la SEM du Mercantour qui gère les stations de ski, dans le réseau routier de Vinci Autoroutes, Escota, ou encore dans l'agence de promotion économique Team Côte d'Azur.

Bref, une somme de chiffres qui démontrent la présence multiple de la chambre consulaire dans les activités économiques. Et Jean-Pierre Savarino de rappeler que PAL et Campus de l'apprentissage, c'est même combat, que leur réalisation doit beaucoup à un engagement financier de la CCI NCA et que peu nombreux auraient été les acteurs économiques capables d'en faire autant.


Mais cependant, l'intérêt est ailleurs. Il est dans l'interprétation à faire de tout cela. Et c'est exactement cela que voulait prouver Jean-Pierre Savarino : tordre le cou aux idées selon lesquelles "les CCI n'apportent pas de service", prouver que les coupes budgétaires se répercutent de fait dans l'économie de proximité et pointer l'implication dans le tissu local. Au moment où l'on murmure que les chambres de commerce et d'industrie sont à nouveau sur la sellette, cette étude étayée sert donc de contrepoids. "La CCI est un acteur indispensable, cette étude nous réhabilite" dit Jean-Pierre Savarino.

Pour peser encore plus, la CCI Marseille Provence comme la CCIR PACA vont elles aussi entamer le même processus de mesure d'empreinte économique, une démarche décidée d'ailleurs par les 13 CCI métropolitaines qui maillent la France. De quoi sauver l'avenir des chambres de commerce et d'industrie ?

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Commentaires
a écrit le 23/03/2018 à 21:06 :
Une étude effectuée par un prestataire des CCI.... Autant dire aucune objectivité. Goodwill management est rémunéré comme intervenant auprès de plusieurs CCI : CCI Maine et Loire, CCI du Loiret, CCI des Landes, CCI Lot et Garonne ...
Bref un consultant qui vénère son employeur que sont les CCI. Objectivité ZERO, business is business. En Midi Pyrénées : Alan Fustec, président de Goodwill Management, un cabinet parisien spécialisé dans la « performance économique responsable », auquel la CRCI sous-traite l'animation du club.
Bref, ce Mr Fustec est un porte-parole très discipliné envers l'un de ses plus importants employeurs

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