Jacques-Thierry Monti : "L'industrie doit embrasser les nouvelles technologies"

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(Crédits : DR)
Alors que la French Fab prend son envol, que l'open innovation n'est plus un gros mot et que le rapport grand groupe/startup s'équilibre, l'industrie se trouve dans une sorte d'état de grâce pour ne pas rester sur le bord du chemin de l'innovation. Et pour cela il faut être proactif, dit le directeur délégué régional PACA d'EDF.

La Tribune - Comment abordez-vous l'innovation ?

Jacques-Thierry Monti - Sur ce sujet, nous ne sommes ni atypiques, ni originaux. Comme toute entreprise qui regarde devant, l'innovation est un facteur différenciant pour ce qui concerne la compétitivité nationale ou internationale mais aussi par rapport aux pays émergeants. L'industrie doit embrasser les nouvelles technologies et les nouveaux services. C'est une question de performance.

Le regard porté sur les startups a-t-il changé ?

Il y a un changement fort de regard, historiquement les startups étaient plutôt vues comme des éléments qui nous intéressaient et que l'on pouvait contrôler. On a renversé cela. Aujourd'hui nous les accompagnons. Les startups nous chamboulent par leur regard. Nous voulons saisir leur créativité pour faire bouger nos lignes. Cependant nous avons encore un chemin à mener. Nous ne sommes pas au bout de ce tout que nous pouvons faire ensemble, il existe une richesse à exploiter. La relation avec les startups est un processus continu. Nous sommes sollicités autour des structures que nous accompagnons comme les pépinières ou les incubateurs. Mais elles-mêmes devraient nous solliciter plus spontanément, bien qu'elles aient, il est vrai, la tête dans le guidon. Leur préoccupation est d'avoir des références. Il est logique que nous leur tendions les bras. Une référence obtenue avec un grand groupe produit un effet domino. C'est là où nous, grand groupe, avons une responsabilité.

Quelle est l'ambition d'EDF Nouveaux Business, l'entité accolée au groupe ?

Elle répond à la volonté d'accompagner les startups en prévoyant un investissement de 40 M€ dans 10 projets en deux ans. Mais aussi un permettant l'émergence de co-entreprises. Sans oublier la dimension d'intraprenariat, c'est-à-dire mettre le pied à l'étirer à des idées qui naissent en interne. Nous devons avoir la capacité à saisir les démarches individuelles pour que chacun se sente acteur du développement de son entreprise. Nous y parviendrons si nous travaillons de façon étendue. Le MedinLab que nous lançons le 9 avril prochain à Marseille est justement un totem que nous voulons mettre à disposition de l'externe, du territoire, des étudiants, des entreprises...

Le concours EDF Pulse - qui d'abord été une initiative PACA avant de devenir un exercice national - fait partie d'EDF Nouveaux Business. Qu'en attendez-vous ?

L'édition 2018 s'attache à deux thèmes généraux que sont l'énergie de demain et l'industrie du futur. Deux startups seront primées. Mais nous avons introduit une nouveauté, avec un prix Open innovation qui doit répondre aux besoins des métiers d'EDF. Les lauréats se verront proposer un POC conduit et pris en charge financièrement par les directions métiers concernés. Nous avons une richesse forte en France. Il faut savoir donner pour recevoir.

Après la French Tech, voici la French Fab qui promeut l'innovation dans l'industrie. Est-ce indispensable ?

C'est important. L'industrie souffre d'un déficit d'image. Il faut que l'on renverse cela, que l'on montre que les nouvelles technologies servent aussi l'industrie. L'industrie s'est transformée, les compétences ont évolué. Un pays sans industrie n'est pas un pays compétitif.

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