Philippe Chéreau, les étudiants et l'engouement pour l'entreprenariat

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(Crédits : Stefan Stefancik / Unsplash)
Poussés par l'effet startup ou peut-être par celui de la mondialisation, les porteurs de projets n'attendent plus d'avoir quitté les bancs de l'école pour créer leur entreprise. Un phénomène qui s'amplifie et qui pousse aussi les écoles de commerce à se penser différemment explique le directeur de Skema Ventures, le programme que Skema BS, basée à Sophia-Antipolis, dédie à l'entreprenariat étudiant.

L'envie d'entreprendre s'est amplifiée au cours des dernières années accompagnée et soutenue par l'émergence de l'effet startup. Donner sa chance à un étudiant en lui permettant de développer son projet alors qu'il n'est pas encore lancé dans la vie active apporte quelle plus-value ?

La vraie plus-value de l'engouement des étudiants pour la création d'entreprise c'est que cela soit devenu une posture mentale. Il y a conscience qu'il faut être formé à cet environnement qui change. Il y a seulement quelques années, 30 étudiants se formaient à l'entreprenariat. Ils sont 100 aujourd'hui, ils seront 150 l'an prochain, entre Sophia-Antipolis et la Chine. Penser "entreprendre" c'est important quand on rejoint une entreprise. Lorsque l'on est entrepreneur il est important d'avoir des indicateurs d'opportunité et cela s'apprend. La question est alors de savoir comment transformer ces opportunités en modèle rentable.

Quel est le rôle des écoles de management dans ce contexte ? Comment travailler avec l'écosystème autour, qui accompagne aussi les idées entreprenariales ?

Le rôle des écoles est crucial. Il est essentiel d'être proche des acteurs de l'innovation gravitant autour de chaque campus. Nous sommes partenaires des incubateurs, par exemple, des business angels. Bien connaître bpifrance c'est important. Une étude menée par Skema démontre que l'on ne peut pas copier un écosystème pour le coller à un autre. Dupliquer les processus d'accompagnement d'un territoire à un autre dépend de l'écosystème concerné.

Le melting-pot apporté par ces écoles, le mélange avec d'autres cultures entreprenariales, est-il un avantage ou dilue-t-il l'intérêt qu'un projet pourrait susciter ?

Toutes les entreprises innovantes ont bien sûr vocation à avoir une clientèle partout. Il est important de donner l'opportunité à un étudiant de savoir comment se développer en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie. Le meilleur de chaque écosystème est proposé aux étudiants. Cela les confronte aussi à l'international. S'installer à l'étranger n'est pas anodin.

En quoi les écoles de management sont-elles aussi encouragées, "forcées", à modifier leur modèle pédagogique ?

Nous avons des comités scientifiques et pédagogiques qui travaillent sur nos programmes. 50 % des sièges de ces comités sont destinés aux professionnels. Les personnes qui nous rejoignent ne sont ni des marketeurs, ni des vendeurs. Nous remettons à plat les cours pédagogiques chaque année en nous assurant que les étudiants sortent de l'école avec le meilleur bagage possible sans oublier les fondamentaux. Il n'y a pas que des Ecoles 42 !

Quelles sont les limites du statut étudiant-entrepreneur ?

Par définition, être étudiant-entrepreneur signifie ne pas disposer d'expérience professionnelle significative. C'est pourquoi nous avons un devoir de continuer à accompagner les porteurs de projet dès qu'ils ont quitté l'école. Notre rôle est aussi de les aider à trouver les premiers clients, d'utiliser notre carnet d'adresse. Il faut former à la prise de rendez-vous, nous imposons également des simulations de négociations. L'accompagnement post-incubation est primordial.

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