Comment le pôle Safe structure l'émergence de l'innovation

 |   |  779  mots
(Crédits : DR)
Basé à Aix-en-Provence mais rayonnant en PACA, né d'une fusion entre deux pôles – Pégase et Risques – hyper-transversal pour ce qui est des thématiques abordées, orientées sécurité et spatial notamment, c'est auprès des petites et moyennes entreprises qu'il joue sa plus-value. Parce que les sujets sont vastes et les attentes pas moins structurantes.

Safe est en avance de phase. La preuve : alors que l'on évoque une future feuille de route gouvernementale concernant les pôles de compétitivité qui inciterait au rapprochement entre pôles axés autour d'une même thématique, Safe est déjà passé par là... en 2015. Plus exactement, le 1er janvier 2016 ce "méga pôle" a officialisé sa naissance, allant donc plus vite que le tempo qui sera bientôt imposé.

Issu d'une mise en commun des ex-pôles Risques - orienté gestion des risques naturels, sécurité civile - et Pégase - consacré au spatial - Safe s'articule logiquement aujourd'hui autour de ces mêmes sujets, avec des locomotives industrielles appelées Thales Alenia Space et Airbus Helicopters notamment.

Time to market

Avec 450 adhérents, majoritairement - à 60 % - des petites et moyennes entreprises et des utilisateurs finaux, qui sont, précise Géraud Parjadis, le directeur général "la clé de notre avenir", Safe est né "d'un rapprochement opérationnel qui semblait évident", analyse Magali Jaffard, responsable du service innovation, d'autant que "l'on nous incitait à passer d'usine à projets à usine à produits". En clair, aller plus vite entre l'idée, le projet et la mise sur le marché.

Mais comment faire vite et bien ? "Nous partons des besoins pour travailler sur les innovations", poursuit Magali Jaffard. "Nous avons un service centré usages et un autre service qui source les solutions ou suscite des projets d'innovation", renchérit Géraud Parjadis. Mais c'est surtout le comité d'experts et ses 40 personnalités issues du monde académique et de l'entreprise qui apporte son expertise acérée sur les projets des entreprises adhérentes du pôle. Le but : aider à l'émergence de projets, à la maturation de ceux-ci afin d'accéder au marché. La fameuse boucle qui doit être bouclée.

Rester "open"

Qui dit projet dit aussi envergure financière. C'est essentiellement "de la subvention publique", précise Géraud Parjadis, mais ce qui est véritablement encouragé c'est l'open innovation. Une façon très concrète de mesurer la capacité du projet car pour convaincre un partenaire ou un potentiel client il faut la preuve du concept. Et le POC c'est le meilleur moyen de montrer si capacité business il y a ou pas.

Dans ce contexte, il y a bien sur le volet rapprochement avec le monde académique. Soutenu et encouragé de plus en plus et ce n'est pas pour rien, "le renforcement des liens avec les laboratoires va être l'un des enjeux", prévient le directeur général. Au pôle de jouer le rôle de tiers de confiance, de s'assurer que le POC n'est pas détourné et que la propriété intellectuelle liée au savoir-faire de la TPE/PME sont respectés.

Une charte qui lie grands groupes, PME et la Région Provence Alpes Côte d'Azur a même été établie afin de formaliser et cadrer les actions d'open innovation menées. Où il est question de respect de l'équité et d'un engagement de la part des grands groupes à faire participer les directions innovations des PME.

Depuis 2017, trois comités open innovation se sont réunis. Où il ressort que les grands groupes sont demandeurs de l'exercice. "Il faut alors aller sourcer les entreprises et discuter avec les services achat. Le pôle a un vrai rôle à jouer dans cette accélération du circuit de l'innovation", explique Magali Jaffard. Mais c'est aussi la synergie avec d'autres pôles de compétitivité que promeut Safe. Solutions Communicantes Sécurisées (SCS), Optitec, Eurobiomed ou le pôle Mer sont donc des partenaires de jeu réguliers.

Troisième bassin industriel après l'Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, Provence Alpes Côte d'Azur veut aussi se montrer ailleurs que sur son territoire. D'où l'ouverture de bureaux en Auvergne-Rhône-Alpes et en région parisienne car "oui, c'est important de se déployer au niveau national", indique Géraud Parjadis.

Projection

Ainsi donc puisque une nouvelle feuille de route des pôles va voir le jour - probablement en 2019 - quel serait le monde idéal pour Safe ? "Contribuer aux programmes clés de sécurisation à venir donc ceux par exemple des JO de 2024. Être le bras armé de ceux qui travaillent sur ces différentes industries et coordonner le travail des différents pôles qui feront la différence", dévoile Géraud Parjadis. "Construire les réseaux avec les clusters et les clients finaux qui servent nos adhérents", rajoute Magali Jaffard. Ou comment démontrer par le concret qu'un pôle de compétitivité peut aussi être un pôle d'attractivité.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :