Quels chantiers pour Cap au Nord Entreprendre ?

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(Crédits : DR)
Créé en 2009, ce réseau d’entreprises des quartiers Nord de Marseille s’attelle aujourd’hui à de nouveaux chantiers. Parmi eux, favoriser la mobilité, développer les relations entre les jeunes et les entreprises et s’impliquer plus encore sur son territoire.

Développer l'attractivité économique des quartiers Nord de Marseille, telle est l'ambition de Cap au Nord Entreprendre. Particularité de la mission : "nous travaillons sur une zone qui contient non seulement des entreprises, mais aussi des habitations, des Zones urbaines sensibles, un taux de pauvreté important", souligne Alexandre Fassi, secrétaire général de Cap au Nord. Par conséquent, "le développement économique doit participer du développement global du territoire, au niveau de l'emploi, de la mobilité, de la sécurité ou encore de la propriété". En d'autres termes, ce qui profite aux habitants profite aux entreprises, et vice-versa.

Pour mener à bien sa mission, le réseau s'appuie sur trois grands axes de travail : générer du lien entre les acteurs et les entreprises du territoire, mener des réflexions censées conduire à des actions concrètes et enfin, être force de proposition vis-à-vis des décideurs économiques et des collectivités locales.

Depuis sa création, Cap au Nord Entreprendre a vu son nombre d'adhérents augmenter de 65 %, atteignant aujourd'hui le nombre de 270. Parmi eux, de grandes entreprises telles que Haribo ou Pernod, des ETI, des PME, des acteurs emblématiques comme l'OM. Mais le réseau s'appuie également sur les opérateurs de la création d'entreprises - à l'instar du Carburateur dont les locaux hébergent l'équipe de Cap au Nord-, les acteurs du milieu artistique, les associations et les structures de l'économie sociale et solidaire. Après neuf années d'existence, l'ambition est de fédérer plus encore, autour de plusieurs chantiers.

Développer la mobilité sur le territoire

Parmi eux, la mobilité. Un enjeu fondamental pour ce territoire souvent mal desservi, à la fois pour les entreprises qui veulent recruter et pour l'accès à l'emploi des habitants.

Pour l'heure, Cap au Nord a déjà lancé une micro-navette estampillée Nord We Go, censée conduire les salariés vers leur entreprise. Pour l'heure, seule Oxatis profite de ce service. En 2017, 5000 transports ont été réalisés grâce à ce système. "Nous sommes en train de mettre cela en place avec EDF", assure Alexandre Fassi.

Mais ce dispositif n'est pas le seul mis en place au nom de la mobilité. "Nous avançons également sur un projet de parking relais à Grand Littoral. On y proposerait des vélos électriques, de l'auto partage avec Totem, des véhicules Citiz, des services de réparation avec Feu vert..."Les efforts de concertation et d'influence devraient également aboutir à la création d'une ligne de bus qui suivrait un itinéraire permettant de viser large. Et d'annoncer : "l'année 2019 sera une année de test".

La jeunesse : "un vrai défi"

Autre chantier majeur de Cap au Nord : la jeunesse. "Parce que c'est l'avenir du territoire, que le territoire regorge d'atouts et parce que notre jeunesse est décriée. Il faut de l'emploi pour les jeunes du territoire, il faut leur donner envie".

Pour cela, le réseau espère créer "les conditions de la rencontre" entre les entreprises et la jeunesse. Des échanges sont ainsi organisés entre les établissements scolaires et le monde économique. "Cette année, nous avons permis la rencontre entre mille collégiens et une cinquantaine de chefs d'entreprises", illustre Alexandre Fassi. Les collèges sont en effet au cœur d'un programme mis en place par le réseau qui essaie par exemple d'améliorer l'offre de stages en classe de troisième. Les lycées, qu'ils soient généraux, professionnels ou technologiques, et les CFA font eux aussi l'objet d'actions de ce type.

Qui plus est, pour marquer cette volonté de casser les barrières entre les jeunes et monde de l'entreprise, le rendez-vous annuel du réseau sera cette année (le 24 mai) consacré à la jeunesse. Seront présents pas moins de 200 acteurs du monde de l'entreprise. Face à eux, des jeunes qui pourront raconter leur parcours dans l'entrepreneuriat comme dans l'engagement citoyen. "C'est une soirée pour dire : "ça c'est la jeunesse", explique le secrétaire général. Un moyen de montrer aux entreprises en quoi cette jeunesse est une ressource pour elles.

EuroMéditerranée 2 : un rôle à jouer

Enfin, pour contribuer à faire briller Marseille et ses quartiers Nord à l'échelle internationale, le réseau aimerait avoir un rôle à jouer dans le projet EuroMéditerranée 2 qui s'étendra sur sa zone d'action. "Nous avons une connaissance fine de ce territoire, de ses entreprises, de ses habitants et de ses associations. Il ne faudrait pas qu'EuroMéditerranée s'en prive". Cap au Nord espère en effet participer à la mise en place de la concertation préalable au projet, désireux que les habitants et les acteurs locaux en soient des acteurs à part entière.

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