Gaaap, l'incubateur qui veut doper l'innovation alpine

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(Crédits : Unplash/Rawpixel.com)
Installé dans les Hautes-Alpes, ce nouvel outil a évidemment pour mission de booster les entreprises et leurs idées innovantes. Si possible en rapport avec les spécificités de ce département où la smart montagne fait partie des défis à accompagner.

C'est à la fois un incubateur et un espace de coworking et deux adresses en plein cœur des Hautes-Alpes. Ce département, collé aux Alpes de Haute-Provence, est connu pour ses spécificités agro-alimentaires mais aussi pour son industrie des loisirs et de montagne. Un département qui pour le président de la CCI doit faire en sorte que "le développement industriel passe par l'innovation", comme Eric Gorde l'expliquait dans un entretien à La Tribune en décembre dernier.

Double enjeu

Clairement, l'enjeu est à la fois celui du développement économique local et de l'attractivité. C'est exactement ce qu'explique Adèle Lehoux, la manager de GAAP qui révèle que si le projet est devenu réalité c'est après un long processus de construction. Ou plutôt de réflexion, issue de l'analyse terrain : il n'existait pas de structure d'accompagnement et d'hébergement sur le territoire. "Nous étions face à un vide", explique Adèle Lehoux. Et l'objectif désormais c'est de s'ouvrir sur l'extérieur, de "tisser des liens autour de nous". De ne plus vivre en vase clos mais en synergie avec les territoires en proximité.

Sur le terrain, le travail se fait en équilibre et en duo entre la CCI et la Mairie de Gap, chacune accueillant un élément, à la première la pépinière, à la seconde l'espace de coworking. Le coworking qui peut tout à fait agir comme un révélateur, "permettre d'identifier des projets", espère Adèle Lehoux. Gaap a d'ailleurs tout autant une mission complémentaire, qui enrichit l'idée de l'attractivité, celle de participer à faire vivre le centre-ville. "Le département est un territoire rural, étalé. Gaap peut casser une dynamique d'isolement. L'idée est bien de générer du business".

La montagne, ça vous gagne

Une dizaine d'entreprises - toutes avec des idées qui s'appuient sur l'innovation - devrait prendre place au sein de l'incubateur au cours de la première année.

ProHacktive et WakeBoard, deux startups nées dans le département, sont les deux premiers heureux élus. Ils pourraient bientôt être rejoints par une jeune entreprise spécialisée en nutrition. "La thématique montagne est bien sûr privilégiée", précise Adèle Lehoux, "puisque le territoire en vit. Désormais nous offrons un territoire d'expérimentation et cela est absolument nécessaire car si les projets innovants sont déconnectés des besoins locaux, cela ne fonctionnera pas à long terme". Suivant les thématiques qui seront abordées par les jeunes entreprises, un co-accompagnement, avec d'autres incubateurs, pourra être mis en place. "Le but est que le projet se pérennise". Avec Marseille Innovation, basé dans la Cité phocéenne, une coopération est déjà actée. Avec la Caisse d'Epargne CEPAC, c'est sur son offre Néobusiness, spécifiquement développée pour les startups, qu'un partenariat a été conclu.

L'autre idée sous-jacente, c'est de favoriser la fameuse et prometteuse open innovation, et sur le sujet, des PME bien installées auraient déjà fait part de leur intérêt.

Rendue possible grâce à un financement Etat-Région à hauteur de 70 % pour la première année d'exercice, Gaaap vise l'équilibre à 3 ans. Et se veut définitivement être perçu comme un facilitateur. Car sur le territoire, l'innovation ne naît pas au hasard. Que ce soit sur la zone de Gap Tallard, où les activités aéronautiques ont fait fructifier tout un écosystème d'entreprises spécialisées, dans l'agro-alimentaire ou en lien avec le secteur de la montagne, les idées disruptives émergent, par nécessité ou par opportunité. Leur donner un cadre de développement, de croissance c'est assurer en même temps celle du département.

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