Jean-Luc Chauvin, la CCI MP et la méthode "entreprenariale"

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(Crédits : DR)
Dix-huit mois après avoir pris les manettes de la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence, son président se dit "fier" des premiers résultats obtenus. Et revendique avoir recours à la même méthode que celle qui s'applique aux entreprises. Avec des objectifs, des ratios et même la création de business unit. De quoi modifier durablement l'image des CCI ?

Il y a souvent le bilan des 100 jours. Ici c'est celui des 18 mois. Un point d'étape nécessaire estime Jean-Luc Chauvin, désireux de montrer que non, la CCI MP n'a pas chômé et que les engagements de campagne ont été tenus.

Et comme il ne suffit pas de le dire, il faut le démontrer, le président de la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence d'insister sur la concrétisation de l'une des promesses faites, celle d'aller à la rencontre des entreprises, histoire de mieux leur faire comprendre l'amplitude du rôle que peut jouer la CCI. Sur le terrain 32 000 d'entre elles ont été rencontrées et accompagnées dont 19 800 TPE et PME revendique-t-il. Des entreprises "satisfaites, pour lesquelles nous avons résolu des problématiques, les avons amené à l'export..." Ne reste plus qu'à faire de même avec les près de 30 000 autres entreprises qui constituent le tissu local...

Des entreprises contentes aussi du Metropolitain Business Act. Un MBA qui vise à connecter et faire travailler ensemble donneurs d'ordre et sous-traitants du territoire, lesquels s'ignoraient jusqu'alors... "Cela fait du bien à l'économie territoriale" se réjouit Jean-Luc Chauvin. Pas très content en revanche que la majorité des marchés qui concernent le chantier d'Iter, soient remportés par d'autres entreprises que des entreprises du cru. "Il faut se réveiller", exhorte-t-il.

BU orientée financement

Toujours soucieux donc d'être au plus près de ses ouailles, la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence a décidé de devenir tiers de confiance en matière de financement des entreprises. Plus explicitement, une Business Unit dédiée à l'accompagnement sur ce sujet doit voit le jour en septembre prochain, en partenariat avec les professionnels du droit et du chiffre, puisque assez naturellement "nos partenaires, c'est le monde financier".

Sur le sujet des entreprises, l'export et voire même l'import avec l'installation d'entreprises étrangères sur le territoire constitue un autre axe essentiel. "Il nous faut aller chercher les entreprises qui ne sont pas sur le territoire, cela l'aide à changer de dimension". Et si cette démarche d'attractivité n'est pas nouvelle, Jean-Luc Chauvin reconnaît que ce "champ était occupé mais pas visible". Et de révéler que par exemple la mission économique menée à Miami en novembre dernier a porté ses fruits puisque une dizaine d'entreprises sont en contact avec l'agence de développement économique Provence Promotion pour une installation sur le territoire.

Et le foncier ?

Mais si accompagner, attirer les entités étrangères cela fait totalement partie d'une stratégie de conquête, reste le point du foncier. Vouloir pousser au développement des entreprises c'est bien. Faire en sorte qu'elles puissent s'étendre sans (trop) de contraintes, c'est mieux. Sur le sujet, Jean-Luc Chauvin affirme travailler en amont avec les collectivités et dénoncer les PLU dès lors que foncier économique est dévolu à une autre destination.

L'installation de CCI Lab au sein du bâtiment qui abrite l'organisme consulaire comprenant une Innovation Room, démonstrateur des technologies déployées par les entreprises locales doit contribuer à une promotion plus fine des savoir-faire territoriaux. Car l'enjeu "c'est le faire savoir". Autrement dit combler le déficit de communication.

Auto-promo

Dans le même ordre d'idée, la CCI MP a aussi tenu à quantifier son apport à l'économie locale. Comme la chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur avant elle, il a été demandé au cabinet Goodwill Management de mesurer l'impact de la chambre consulaire. Où il ressort que cette dernière contribue à 1,5 % du PIB du territoire. Un résultat qui satisfait Jean-Luc Chauvin mais qui reconnaît cependant que d'autres "CCI sont meilleures que nous". Et que ce sont celles qui gèrent des DSP. Depuis quelques jours c'est vrai aussi pour la CCI MP qui s'est vue attribuée la Délégation de Service Public de la Anse de la Réserve. Une façon d'apporter son grain de sel et sa vision sur le thème de la plaisance. "On ne nous attendait pas", avoue Jean-Luc Chauvin qui explique s'être appuyé sur l'expertise de son homologue du Var. "Nous voulons faire ce qui a été fait au Port du Mourillon. La mer, c'est un axe de développement". Car telle toute bonne méthode entreprenariale donc, la diversification est la meilleure façon de diviser les risques et de s'ouvrir à de nouveaux axes de développement. En viendrait-on à l'équation CCI-entreprises = même combat ?

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