Vauban21, l'agacement et l'impatience de Jean-Pierre Savarino

 |   |  576  mots
(Crédits : DR)
Le président de la CCI Nice Côte d'Azur n'est pas content mais alors pas content du tout des "dysfonctionnements" relevés depuis que la chambre consulaire et ses partenaires ont obtenu la DSP du Port Vauban d'Antibes. De quoi mettre des bâtons dans les roues d'un projet évidemment stratégique, qui vise à créer le port du 3ème Millénaire.

Lorsque Artémis, le groupement réunissant la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur, la Caisse des Dépôts et la Caisse d'Epargne Côte d'Azur, a obtenu la délégation de service public pour le projet Vauban21, la sphère économique s'est réjouie de la perspective de voir celui qui revendique le titre de premier port européen de plaisance s'engager dans une spirale ascendante. Pour la CCI Nice Côte d'Azur, c'était aussi l'une de ses premières initiatives dans sa stratégie de diversification. C'était donc, pour une large part, une bonne nouvelle. D'autant que le projet, tel qu'il a été annoncé, prévoit un investissement de 135 M€.

Mais ça c'était avant. Car depuis que la CCI NCA a engagé les premières démarches, il semblerait que des "dysfonctionnements" multiples remettent en cause le bon déroulement des opérations envisagées.

C'est ce que souligne particulièrement agacé, le président de la CCI Nice Côte d'Azur, Jean-Pierre Savarino.

"Nous avons constaté des défaillances dans l'organisation et la gestion ainsi qu'un état d'entretien en dessous de ce qui était attendu. Un audit technique - qui n'avait pas pu être réalisé avant (l'attribution de la DSP NDLR) - a relevé des désordres importants. Nous avons donc demandé à la SAEM et à IYCA (International Yacht Club Antibes NDLR), qui géraient respectivement le Port et le Quai des Milliardaires, les éléments nécessaires pour mettre en place les travaux prévus", précise Jean-Pierre Savarino. Surtout, la fin de la délégation de service public assurée par la SAEM, clôturée plus tôt que prévu, a eu pour effet que certains amodiataires ont continué à lui verser leur contribution. Des sommes que la CCI NCA estime à 1,5 M€ qui "ne nous ont pas encore été transférées et qui pourtant nous permettraient de réaliser d'autres travaux que ceux déjà engagés, sans parler des sommes dues au titre de la cessation d'activité de la SAEM et que Vauban21 attend toujours", poursuit le président de la CCI Nice Côte d'Azur.

D'autres anomalies ont également été relevées et concourent à bloquer le bon déroulement des premières phases de travaux, notamment des problèmes de domanialité "mal anticipés", ce qui entraîne d'ores et déjà des manques à gagner pour la société exploitante.

"Nous sommes des entrepreneurs, nous voulons mener les travaux à bien", insiste Jean-Pierre Savarino qui est disposé à demander l'aide du Tribunal de commerce d'Antibes.

"Nous avons un échéancier, la CCI a mis des fonds propres et continue de le faire au-delà de ce qu'elle avait initialement prévu. Ses partenaires financiers la suivent et s'engagent à ses côtés. La rénovation se fera au niveau souhaité. Nous serons à la hauteur du projet, dans tous les cas nous sommes déterminés à assurer notre responsabilité en souhaitant la volonté de la Ville et des anciens concessionnaires". Une augmentation de capital a été actée pour "faire face à nos engagements". Car Vauban dispose d'un potentiel certain que le président de la CCI NCA a mesuré en benchmarkant d'autres ports concurrents sur le même segment de marché, tels Barcelone ou Porto Cervo. "Nous disposons d'un port exceptionnel notamment de par sa géographie". Et Jean-Pierre Savarino de préciser être toujours "là pour dialoguer". Vents contraires y compris.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :