De l’humanitaire au Musée Regards de Provence, le parcours international d’Adeline Granereau

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(Crédits : DR)
Après avoir parcourue le monde pour ses études et pour venir en aide à la population des pays en voie de développement, Adeline Granerau est revenue vivre dans sa ville natale, Marseille, pour s’investir dans la Fondation et son musée Regards de Provence.

C'est un double anniversaire qu'a fêté Adeline Granerau le week-end du 9 juin : les 20 ans de la fondation Regards de Provence et les 5 ans du musée du même nom. Un évènement qui donne l'occasion à sa directrice de revenir sur les années qui l'ont mené à consacrer son temps à la Provence.

Car avant de diriger le musée qui fait face au Mucem, Adeline Granerau a passé de nombreuses années à l'étranger. D'abord pour ses études, qu'elle réalise à Boston pour étudier le commerce international puis à New York pour valider un master Art et Communication entre 1991 et 1992. Après avoir travaillée deux ans à New York dans une agence d'événementiel et de communication, elle décide de retourner en France pour finalement mieux repartir. "Un ami soutenait une organisation humanitaire qui s'appelle Orbis et le projet m'a beaucoup intéressée". Orbis est une ONG internationale qui parcourt les pays en voie de développement pour dispenser des formations d'ophtalmologie. Une organisation qui dispose aussi de son propre avion, transformé en cabinet d'ophtalmologue. "Je m'occupais de médiatiser la venue de cet avion et notamment son passage au Bourget. J'étais la première Française à participer aux missions d'Orbis et on a créé un poste spécialement pour moi. J'étais coordinatrice des relations publiques sur le terrain ce qui m'a donné l'occasion de partir pendant un an et demi en Chine, en Inde, en Syrie..."

Retour au pays

Après 5 années passées au sein de l'ONG, Adeline Granerau retourne à Marseille et cette fois-ci pour de bon. eJe souhaitais m'investir dans la fondation que mes parents avaient créée". Cette fondation, c'est la Fondation Regards de Provence, créée par Michèle et Pierre Dumon en 1998. La fille des fondateurs s'occupe alors jusqu'en 2013 de la recherche de mécénat, de la communication et du marketing de la fondation qui présentait des expositions d'œuvres d'art au château Borély entre 1998 et 2005 et au Palais des arts entre 2005 et 2012.

Entre temps, vient l'idée à la famille Dumon de posséder son propre lieu d'exposition. "Nous avons toujours souhaité avoir un espace bien situé pour être indépendant, faire ce que nous voulions" explique Adeline Granerau. Et le choix de cet espace vient de Pierre Dumon : l'ancienne station sanitaire maritime. Un choix qui n'était pas forcément évident aux premiers abords." C'était un bâtiment totalement délabré, occupé par les squatteurs et que l'Etat avait décidé de fermer. Mais il y avait la perspective de Marseille Provence 2013 et avec la construction du Mucem en face, il était impossible de laisser le bâtiment dans cet état" raconte-t-elle. "En septembre 2010, nous avons alors rencontré les collectivités locales pour lever des fonds afin de réhabiliter l'immeuble et ainsi créer le musée Regards de Provence".

Emplacement stratégique

Le musée verra le jour le 28 février 2013 et sera dirigé par Adeline Granerau. La cité phocéenne accueille un nouveau musée parmi les nombreux déjà présents. Il a donc fallu se distinguer. D'abord, par les expositions : "Le musée regroupe des œuvres du XIX et XXe siècles qui nous caractérisent en représentant la Provence, Marseille, son Vieux-Port... Mais nous avons aussi la volonté de programmer des artistes contemporains une fois par an". Un modèle économique qui repose aussi sur le prêt d'œuvres, au niveau national, comme à l'international. Et le musée Regards de Provence est également "un espace de rencontre entre des entreprises plus ou moins grandes qui peuvent échanger en louant une salle du musée". C'est "l'occasion de dîner à table au milieu des œuvres, ce que d'autres musées ne proposent pas".

Un ensemble de prestations qui permet au musée d'accueillir entre 60 000 et 70 000 visiteurs chaque année. Un chiffre fortement lié à la proximité avec le Mucem, une position planifiée. "Nous souhaitions au début obtenir quelques voutes sous la Major mais les projets de boutiques risquaient de ne pas correspondre à l'offre que le musée proposait. Mais nous voulions rester dans ce quartier à proximité du Vieux-Port, un lieu hautement touristique". Vient donc le choix de l'ancienne station sanitaire : "Au moment de la construction du musée, nous savions que le Mucem et la Villa Méditerranée allaient être construites. Mais c'est plus une force qu'un désavantage. Cela présente pour nous un intérêt économique et culturel important, formant un ensemble cohérent et structuré". Une proximité qu'Adeline Granerau voit comme "un honneur". L'occasion aussi de collaborer plus étroitement avec le Mucem en organisant des expositions en lien avec ce dernier. Une collaboration qui devrait permettre au musée d'augmenter sa visibilité et donc son nombre de visiteurs.

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