Christophe Sempels : "L'innovation c'est ce qui relève du complexe"

 |   |  455  mots
(Crédits : DR)
Chercheur, ce docteur en sciences de gestion basé à Sophia-Antipolis a co-rédigé un ouvrage "Tous innovateurs" qui se veut tout aussi pragmatique que ce que le processus d'innovation peut paraître ardu ou insécure. Ou comment aussi ne pas confondre invention et innovation.

L'innovation, ce mot aujourd'hui devenu le synonyme d'une quasi-obligation, d'un but ultime, d'un passage obligé... paraît parfois (souvent ?) un processus complexe. Christophe Semples ne dit pas le contraire. Oui, l'innovation est un processus qui relève du complexe - c'est même là tout son sel - à ne pas confondre toutefois avec compliqué.

Et ce docteur en sciences de gestion, par ailleurs directeur scientifique de la SCIC ImmaTerra, installé à Sophia-Antipolis de définir l'innovation - ce terme tant utilisé - comme "l'introduction du nouveau dans le corps social".

Pour mettre de l'ordre dans tout ce qui se dit et se pense sur le sujet, il fallait bien un ouvrage. Qui prend consciemment le contre-pied de ce qui se dit habituellement.

Ecrit avec Dominique Vian, docteur en sciences de gestion de Telecom Paris Tech et Mélanie Cussi, chercheur au sein du Laboratoire d'innovation et numérique pour l'Education de l'Université Côte d'Azur (UCA), "Tous innovateurs" n'y va pas par quatre chemins et essaie de dépoussiérer toutes les idées reçues en présentant deux méthodes qui se veulent "pratico-pratiques pour commencer à jouer avec cette complexité", présente Christophe Sempels.

Ainsi Focal concerne le cas de figure où un problème ne rencontre pas de solution. Et pour dénicher celle qui convient, il est conseillé de regarder le problème sous un autre angle. Ainsi par exemple, penser que le bien-être de ses salariés passe par une augmentation de salaire, c'est ne pas prendre en compte le vrai hic qui coince et ne percevoir qu'une partie de la problématique. "Il faut s'intéresser à la finalité de la motivation", explique Christophe Sempels. Soit "déplacer" le problème, ce qui "ouvre un nouvel espace de définition et un océan de solutions plus large".

De son côté, Isma a été pensé pour ceux qui ont l'intuition de détenir une innovation, intuition qui demande forcément à être confirmée. "L'innovation est une invention acceptée par un corps social", redit Christophe Sempels. Focal comme Isma s'appuient "sur la théorie de la complexité". Alors que toutes les théories de l'innovation ont l'habitude de s'appuyer sur le causal, c'est-à-dire une cause entraînant un effet.

A l'heure où le mot même d'innovation est plus que galvaudé, "Tous innovateurs" tend à montrer que le génie n'existe pas ou que du moins il a aussi besoin de s'appuyer sur des briques pragmatiques. "L'innovation est un processus", insiste Christophe Sempels. Pas une mode. Sans doute une nécessité dans un monde qui va vite. Mais qui ne mûrit pas sans méthode. Ce qui est rassurant. Et ce qui laisse ouvert le champ des possibles.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :