Faut-il rapprocher le Centre Hospitalier de Monaco et le CHU de Nice ?

 |   |  518  mots
(Crédits : Shutterstock)
Ce n'est pas encore un sujet d'actualité, mais c'est en tout cas le souhait du professeur Philippe Brunner, chef de service en radiologie diagnostique et interventionnelle au Centre Hospitalier Princesse Grace de Monaco. Qui plaide donc pour un rapprochement intelligent à tous points de vue avec le centre hospitalier universitaire azuréen.

Son idée, Philippe Brunner l'a travaille depuis longtemps. C'est du terrain bien sûr que celle-ci a émergé. De la pratique, de ce quotidien partagé avec d'autres confrères, d'un constat aussi, celui qui pousse à une mutualisation réfléchie des moyens et des compétences.

Le sujet surtout se confronte avec l'actualité. Ce 18 septembre, la réforme de l'hôpital, annoncée pour le printemps-été et repoussée donc de quelques mois, sera présentée par le ministre de la santé. Quid d'une réduction possible des facultés ? Et donc quid d'un rapprochement opportuniste qui viserait à créer une faculté élargie entre Nice et Monaco ?

Addition(s)

Cette mise en commun, Philippe Brunner sait parfaitement l'argumenter.

"La plupart des médecins du Centre Hospitalier Princesse Grace vient de la faculté de Nice. La plupart des patients du CHPG vient également de l'agglomération niçoise. Côté logistique et technique, ce rapprochement a aussi du sens", plaide le chef de service de radiologie.

Philippe Brunner

Qui pointe d'autres complémentarités. "Le CHU de Nice est une grosse machine avec des services de pointe dont certains n'existent pas à Monaco. La chirurgie vasculaire, la neurochirurgie, le stroke center, la cancérologie pédiatrique... De son côté Monaco dispose d'atouts que l'on nous envie, comme la chirurgie cardiaque par exemple".

Une R&D renforcée

Et Philippe Brunner de rappeler que la volonté du gouvernement français serait de réduire le nombre de centres hospitaliers universitaires. Dont Nice ? Si l'hypothèse devenait réalité, l'union avec le voisin monégasque prendrait évidemment encore plus son sens. "Un rapprochement transfrontalier modifierait les cartes", appuie Philippe Brunner, appuyant sur les synergies - déjà existantes - mais qui se trouveraient ainsi renforcées. "Le CNRS (basé à Sophia-Antipolis notamment NDLR) mène des projets de recherche avec des partenaires étrangers au travers de PICS, des projets internationaux de coopération économique". Quand en même temps l'Université Côte d'Azur est pour sa part déjà engagée dans des coopérations scientifiques transfrontalières, notamment avec l'Université de Gênes et celle de Turin.

A l'heure où l'e-santé prend sa place, où l'intelligence artificielle fait des promesses, le "futur dans cette Silicon Valley azuréenne sera magnifique et le service rendu exceptionnel" affirme Philippe Brunner.

Possible ?

Si sur le papier, tout semble parfait, quid de la réalisation concrète d'un tel rapprochement ? Outre les décisions politico-étatiques qui devraient intervenir, quel potentiel économique ce mariage permettrait-il ?

Pour l'économiste Michel-Henry Bouchet la convergence d'intérêt est réelle, Monaco possédant un double avantage, celui d'attirer à elle des capitaux financiers et de posséder une capacité pointue en radiologie. L'autre question est de savoir, faut-il aussi une union juridique ? "Il faut que chaque entité conserve son identité juridique", conseille Michel-Henry Bouchet. Cependant, cette union peut évidemment faire la force lors de soumissions aux appels d'offres. Une dénomination commune serait assez logique. Le tout permettrait aussi de renforcer l'attractivité du territoire... Et en économie comme en médecine, cette formule est toujours magique...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :