Pierre Grand-Dufay, l'IA et "Le monde de Tim"

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(Crédits : DR)
Avec un roman d'anticipation, le président du fonds d'investissement Tertium Management, basé à Marseille, se projette à l'horizon 2050, évoque la place de l'intelligence artificielle dans la vie quotidienne, l'Europe, l'éducation et l'industrie. Et explique pourquoi elle n'est pas une menace mais une opportunité.

Pierre Grand-Dufay n'a jamais fait dans le discours lisse et bien pensant. Entrepreneur et même multi-entrepreneur, co-fondateur et président du fonds d'investissement Tertium basé à Marseille, ex-président de la commission Economie-Emploi au sein de la Région Sud Provence Alpes Côte d'Azur, sa vision de l'économie n'est pas toujours dans les clous de la pensée unique. Et c'est bien ce qui en fait tout son sel.

Concernant l'intelligence artificielle par exemple, cela fait bien longtemps que Pierre Grand-Dufay considère que cette technologie - tour à tour crainte ou encensée - représente pourtant une occasion de regagner des points de compétitivité et de productivité.

Opération projection

Mieux qu'un long discours, il y a le roman. 258 pages exactement durant lesquelles le président de Tertium Management se projette en 2047, dans "Le monde de Tim", un monde où l'IA a pris une grande place dans la vie de tous les jours, avec ses avantages et ses inconvénients...

Et la fiction, c'est une bonne solution pour aborder tous les sujets et faire partager sa vision de l'économie.

L'Europe par exemple - qui dans "Le monde de Tim" est devenue une force composée d'une dizaine de membres et qui a même su séduire à nouveau la Grande-Bretagne - "est l'avenir du monde. Elle doit se retrouver elle-même. Elle doit être une Europe à 10 et pas à 25, avec une armée et une action commune, des Etats qui partagent les valeurs essentielles. Ce n'est qu'à ces conditions qu'elle reprendra la leadership mondial".

Côté éducation, évidemment, tout pousse à la personnalisation. "Les troubles cognitifs doivent être repérés très tôt. Aujourd'hui, l'école ne les détecte pas. Il faut introduire des matières comme la méditation, avoir la possibilité de choisir ses matières au plus tôt, écarter celles qui font souffrir. Se servir de la réalité augmentée pour suivre un cours lorsque les transports sont trop longs et le cartable trop lourd", argumente encore Pierre Grand-Dufay.

Mieux vaut oublier bien sûr tout ce que l'on connaît sur l'emploi. A l'horizon de 30 ans, plus de CDI ou de CDD mais des contrats de mission, des collaborations multiples avec deux ou trois entreprises et en même temps des activités de bénévole ou d'investisseur. Chacun aura une note, un "rating" et sera chassé en fonction de cela. "La génération qui a 25 ans aujourd'hui ne veut plus du contrat de travail". Et Pierre Grand-Dufay d'imaginer que ce scénario peut parfaitement devenir réalité d'ici dix ans.

L'IA, clé de la compétitivité

Mais le plus grand avantage, c'est la robotisation. Car le robot n'est pas l'ennemi de l'emploi insiste Pierre Grand-Dufay. C'est même tout le contraire. "La robotisation poussée à l'extrême est une chance pour l'Europe, c'est ce qui lui permettra de reprendre le leadership. La robotisation va détruire l'emploi dans les pays émergeants. La Chine l'a bien compris en accélérant son plan de robotisation dans les PME. Si les usines européennes sont ultra robotisées, les entreprises se relocaliseront en Europe. Plus le mouvement de robotisation va s'accélérer plus les éléments conjoncturels seront en faveur de l'Europe".

"Le monde de Tim" c'est donc "un message didactique pour traduire les évolutions complexes" des nouvelles technologies. Même le nom du héros est un message caché. "Tim c'est l'inverse de MIT*", explique Pierre Grand-Dufay. Tim, adolescent de 15 ans, qui tout le long du roman plaide pour une présence limitée des nouvelles technologies dans la vie de tous les jours, rappelant constamment que l'ultra-connexion ne doit pas faire oublier "l'amour et la bienveillance envers les autres", Tim est un peu le Jiminy Cricket du monde de demain, un Petit Prince pas si 2.0 que cela. Un messager qui tient à montrer que IA ou pas, les valeurs fondamentales seront toujours un socle immuable, en 2018 comme en 2047.

*MIT : Massachusetts Institute of Technology

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