Quelle mobilité demain en Provence Alpes Côte d'Azur ?

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(Crédits : Reuters)
La semaine de la mobilité a été le parfait prétexte pour que la Région Sud Provence Alpes Côte d'Azur interroge, via un forum, grands groupes et startups sur les innovations en cours et… à venir.

Comment circulerons-nous dans la ville de demain ? Une problématique qui se pose dès aujourd'hui, tant les villes sont congestionnées. Face à cela, des entreprises, à l'image de CMA GCM, tentent d'améliorer la mobilité de leurs salariés. "A Marseille nous avons  2500 salariés, c'est l'équivalent d'une petite ville dans une zone où l'offre de services publics n'est pas adaptée aux besoins de mes collaborateurs", présente Cécile Achouiantz, l'une des responsables des ressources humaines au siège du groupe à Marseille. Alors, "en partenariat avec des starts-ups, nous avons lancé trois actions" dont un partenariat avec le groupe de covoiturage Klaxit [qui s'installe tout juste à Marseille], l'utilisation de l'application Cpark qui permet d'optimiser le parking des sociétés, permettant à chacun de prendre la place d'un salarié absent par exemple, et enfin une collaboration avec Totem Mobi et son service de voitures électriques en libre-service.

Du libre-service pour répondre à un besoin d'usage et non plus de propriété des véhicules. Une demande en phase avec l'offre d'Uber qui, en plus des voitures, veut proposer de nouveaux moyens de transports. En ligne de mire, le vélo, mais aussi la trottinette électrique. Autre piste étudiée : la mobilité aérienne, avec Uber Air et ses taxis hélicoptères. "Nous investissons 20 millions d'euros en France sur cinq ans pour créer un centre de recherche sur ce sujet" explique Benjamin Martin, directeur des affaires publiques de l'entreprise.

Utiliser la troisième dimension pour bouger en ville, une ambition que partage également le groupe Airbus et son directeur industriel, Laurent Vergely, avec déjà quelques avancées au niveau mondial : "A Sao Paulo, nous proposons un service en 60 minutes pour traverser la ville par les airs".  Un service d'entrée de gamme, dont le coût pour l'utilisateur varie de 8 à 18 dollars par kilomètre. On est encore loin d'un transport accessible à tous, mais Airbus affirme y œuvrer. Il convient par ailleurs de préciser que ce type de solutions s'adresse aux villes de plus de 10 millions d'habitants ; des méga-villes dont le nombre devrait s'élever à 41 en 2030.

Les données pour optimiser la mobilité en ville

Vélos électriques, transports en commun, voitures partagées ... Face à une offre de plus en plus variée, Orange veut apporter une réponse en proposant de regrouper tous les trajets envisageables dans une même application, avec la possibilité de payer directement grâce à l'outil. Et pour aller plus loin encore, le groupe développe Ma ville en poche : "Pourquoi s'arrêter à la mobilité ?" interroge ainsi Sébastien Capelle, directeur marketing de la société, "nous pourrions avoir un outil qui nous informe de tous les services publics dans une zone".

Les données pour mieux vivre la ville mais aussi pour mieux la gérer, c'est là le projet d'IBM. Il s'agirait de regrouper toutes les données liées aux itinéraires empruntés ou encore aux zones accidentogènes afin de mieux guider les décisions politiques et de pouvoir agir sur les comportements des usagers, pour une ville plus fluide.

Une industrie plus verte dans ses déplacements

Mais la mobilité du futur n'est pas l'apanage de la smart-city, l'industrie a elle aussi voix au chapitre et est, selon Christine Cabau-Woehrel, directrice du Grand Port de Marseille, très "volontariste" en matière de développement durable, comme en témoigne l'usage de plus en plus fréquent par les armateurs de gaz naturel liquéfié, composé essentiellement de méthane, ou encore le recours croissant au branchement des navires à quai. "Nous sommes le premier port méditerranée à avoir un armateur branché à quai, avec la Méridionale", rappelle-t-elle. Un chemin qu'a récemment choisi d'emprunter la compagnie de croisière Corsica.

Rendre le transport de marchandises plus vert, c'est aussi ce que permettent des moyens de transports moins fréquents comme les drones ou, plus original encore, les ballons dirigeables." Ils sont très écologiques et peuvent transporter des charges très lourdes", affirme André Soulage, directeur du programme dirigeables du Pôle Safe. Une solution qui vise en premier lieu la sécurité mais aussi les télécommunications, développée notamment par Thales Alenia Space. "Nous avons lancé Stratobus à Cannes et nous installerons l'an prochain les premiers démonstrateurs à Istres. Le ballon devrait être dans le ciel en 2021 et permettre notamment de fournir partout dans le monde du haut débit, sans nouvelles infrastructures au sol".

Changer de paradigme

Des nouveaux modes de transports, variés, propres, optimisés, mais qui laissent planer certaines interrogations, en premier lieu desquelles la protection des données personnelles.

Pour certains, c'est tout un paradigme qu'il faut revoir, et au lieu d'accompagner une mobilité toujours plus importante, ils en souhaitent plutôt la réduction. "Il faut aller au-delà du sujet technologique, lance ainsi Yassis Siddiqui, directeur de la mobilité à thecamp. On a de nombreux outils de déplacement, mais quel est le sens de bouger autant ?" Et d'en appeler à un développement d'une consommation plus locale. Un constat que partage AtmsoSud, une association qui s'intéresse à la qualité de l'air. "Il faut changer nos modes de vivre la ville. Le téléphone change la façon d'envisager la ville. Avec la dématérialisation, on se déplacera peut-être moins". Bouger moins et mieux, tel est peut-être le slogan de la mobilité de demain.

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