Jean-Pierre Savarino : "La CCI Nice Côte d'Azur est dans une logique d'entreprise"

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(Crédits : DR)
De l'effort financier encore demandé par le gouvernement à l'accompagnement des entreprises azuréennes, les défis comme les challenges ne manquent pas, souligne le président de l'institution consulaire. Ou quand transformation rime avec remise en question, adaptation et vision.

Où en est le travail de transformation de la CCI ?

Ce qui est demandé par le gouvernement aux CCI est insupportable (un rabot de 400 M€ a été annoncé par Bruno Le Maire en juillet dernier NDLR). Même si la Chambre de commerce et d'industrie est dynamique, cette somme qui nous est supprimée, va laisser des traces. A terme, la CCI NCA se verra dans l'obligation de revoir à la baisse ses actions. Cette suppression annoncée de ressources c'est la punition aux bons élèves. Il ne faut pas oublier que la TFC (taxe pour frais de chambre) permet de produire de la prestation gratuite envers les TPE/PME. Nous avons l'impression de repasser le bac tous les ans. Le gouvernement confond chiffre d'affaires et marge. Nous sommes dans des aberrations économiques.

Cela est-il susceptible de remettre en cause le bon déroulement de Cap21, votre projet d'entreprise ?

Nous le mènerons à bien. Cap21 est en avance de phase. La CCI devait être dans un axe plus dynamique. Nous avons encore un peu de capacité pour faire notre transformation et limiter l'impact financier le plus possible. Nous avons une grande cohésion du personnel, ce qui est très important. Cela va nécessiter des remises en cause, mais nous allons les accompagner. Nous allons multiplier les ressources externes. Nous sommes dans une logique d'entreprise, une entreprise que nous voulons rendre imperméable à ces agitations extérieures. Le travail collaboratif avec la CCIR me semble important. Je veux que l'effort collectif soit plus fort que l'effort individuel.

Justement, en terme de travail collaboratif, comment se poursuit celui mené avec l'UPE06 ?

Nous avons définit neuf commissions en commun. C'est plus de monde autour de la table, plus de mutualisation. Ces commissions ont produits des résultats, notamment trois baromètres ont été mis en place. Concernant le numérique, nous avons une actions forte d'accompagnement (notamment de la French Tech NDLR), un Livre Blanc va être rédigé. Pour ce qui est de l'industrie, nous avons la volonté d'étendre le programme 4.06 (dédié à l'industrie du futur NDLR) au niveau régional.

Nous avons instauré des rencontres économiques qui se déroulent dans les différents bassins du département, au cours desquelles il y a de vrais échanges, où l'on évoque les sujets qui fâchent comme la mobilité ou l'aménagement.

Le regard sur la CCI a t-il changé ?

Je crois que la démarche volontaire de la Chambre est remarquée ainsi que les actions menées, proche des entreprises. Nous sommes au carrefour de beaucoup d'aspects. Nous travaillons avec les différents services de d'Etat, la Préfecture, avec l'Urssaf, les banques... Ce sont des collaborations étroites.

Où en est l'organisation de l'offre de formation du Campus de l'apprentissage ?

La première pierre sera posée en 2019, pour une rentrée en 2020-2021. C'est Richard Bouard, directeur pédagogique du campus, qui est en charge de créer une marque pédagogique. Nous avons entamé les premières démarches avec Simplon.co. Nous réfléchissons également à une offre qui cible les métiers en tension. Certains métiers nécessitent des compétences nouvelles, peu répandues, que nous allons intégrer.

Une délégation des Emirats Arabes Unis est venue à Nice, un déplacement a été effectué en retour début 2018. Quels sont les éventuels projets évoqués, développés ?

En juillet 2017, nous avons en effet reçu une délégation menée par le ministre de l'économie, Sultan Al Mansouri. Cela nous a permis de mettre en avant certaines filières fortes du territoire comme l'e-santé notamment. Il était important de mener, en retour, une délégation. Le but est de faciliter l'internationalisation des entreprises. C'est aussi une façon de se confronter à des activités sur lesquelles la Chambre de commerce et d'industrie peut se positionner, c'est faire du benchmark. C'est par exemple travailler sur le principe de marque avec Dubaï Tourisme. Les Emirats Arabes Unis font face à des problématiques communes aux nôtres, ce qui nous permet ainsi d'échanger les bonnes pratiques. Nous pourrions mener une nouvelle délégation, avec d'autres entreprises ou avec celles qui ont bien avancé dans leurs projets sur place.

Plus largement, quelle place peut prendre encore la CCI dans le paysage économique, outre les filières sur lesquelles elle intervient déjà, comme le cinéma ?

Industries de l'image et créatives, nautisme, santé... Nous avons un vrai positionnement d'animateur. Mais nous pouvons aussi apporter des éléments sur certains sujets, aller chercher des experts là où ils sont... La taxe sur les frais de chambre finance tout cela. Avec le Village by CA nous accompagnons d'amont en aval. Nous sommes également très impliqué avec la French Tech (puisque la coordinatrice du mouvement au colibri est issue de l'institution consulaire NDLR). La signature d'une convention avec Qwant pour la mise en place d'ateliers de sensibilisation est une brique supplémentaire dans l'accompagnement que nous apportons aux TPE/PME en matière de transition numérique. Nous développons des partenariats pour travailler ensemble et cela dans l'intérêt du territoire et des entreprises

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