Ryanair mise (aussi) sur Marseille pour décoller en France

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(Crédits : FRANCOIS LENOIR)
La compagnie low-cost vient d’annoncer l’installation d’une nouvelle base de deux avions à Marseille pour l’été 2019, avec 11 nouvelles lignes. Il s’agit de la première étape d’une stratégie d’implantation plus large en France.

"Cette fois, c'est pour de bon", lance Eddie Wilson, directeur des ressources humaines de Ryanair. La compagnie vient en effet d'annoncer son retour à Marseille, avec l'implantation d'une base de deux avions à Marignane pour l'été 2019, ainsi que onze nouvelles lignes dont quatre à destination de l'Europe de l'Est (Bucarest, Budapest, Prague et Varsovie), mais aussi deux vers le Maroc (Ouarzazate et Agadir), deux vers l'Italie (Naples, Bologne), une vers l'Espagne (Alicante), une vers le Royaume-Uni (Manchester) et une vers Bordeaux. Soit un total de 40 destinations depuis Marseille.

Avec un investissement de 200 millions d'euros, Ryanair espère ainsi atteindre un total de 2,4 millions de clients sur le site de Marignane, soit une hausse de 26 % par rapport à aujourd'hui.

Si la compagnie revient à Marseille, ce n'est pas sans lien avec la décision récente (18 septembre) de la Cour de Cassation annulant les condamnations pour travail dissimulé et emploi illicite. Des condamnations remontant à sa première installation à Marignane entre 2006 et 2010 qui a pris fin lors de sa mise en examen. Ryanair peut désormais passer à autre chose, comme l'assure son directeur commercial David O'Brien : "Cette décision nous permet de prévoir et de gérer notre développement en France de manière plus intensive".

Une stratégie qui commence à Marseille - "une ville qui a beaucoup d'avantages et bénéficie d'une localisation exceptionnelle" - mais qui devrait se manifester par de prochaines ouvertures de bases partout en France. La compagnie est en discussion avec plusieurs aéroports parmi lesquels Paris Beauvais, Lyon, Bordeaux ou encore Toulouse. Il s'agit en fait de rattraper le retard de la compagnie au niveau national. "En France, nous sommes à la traine en termes de croissance", constate David O'Brien. Objectif : doubler le trafic et passer de 152 millions de clients annuels aujourd'hui à 200 millions en 2024.

60 embauches et 1 500 emplois indirects

Une perspective rendue possible également par la reconnaissance des syndicats car sur ses bases françaises, le groupe embauchera selon le droit français. 60 emplois sont ainsi annoncés sur le site de Marignane, 125 dans toute la France selon la stratégie établie. "Le paysage a changé depuis notre dernière implantation en 2006" observe Eddie Wilson, "aujourd'hui nous sommes plus à même d'appliquer des contrats locaux".

Mais cette installation aura des répercussions plus larges en matière d'emplois indirects, comme l'explique Philippe Bernand, président du directoire de l'Aéroport Marseille Provence : "Un avion c'est 30 emplois directs, mais aussi des emplois dans l'aéroport et ses commerces, et plus largement sur le territoire. Pour un million de passagers, on crée environ 1500 emplois". Et de se réjouir d'une annonce qui va doublement dans le sens de l'aéroport.

Rattraper le retard

En termes d'offre low cost d'abord : "On a un retard historique en France. Le trafic low-cost est moins développé que dans les autres pays d'Europe, on a peu de vols directs et ils sont coûteux. C'est le territoire qui est perdant". Une nouvelle base dans ce marché est donc bienvenue.

En termes de destinations proposées ensuite : "Je suis ravi que l'on développe de nouvelles lignes vers l'Europe de l'Est, même si nous avons encore d'autres objectifs, comme Sofia". Autres pays en ligne de mire : « La Jordanie, vers laquelle Ryanair pourrait ouvrir une ligne prochainement. Nous avons également un axe de développement vers l'Europe du Nord, la Norvège, le Danemark. On espère y parvenir, avec Ryanair ou d'autres".

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